Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘assassinat’

Les amants (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Nous séparer, c’est nous qui l’avions décidé,
l’estimant bon et sage;
Alors, pourquoi l’accomplissant,
l’acte fut-il affreux comme un assassinat?
Hélas! nous nous connaissons peu
Car règne en nous un dieu.

(Hölderlin)


Illustration

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Progrès (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2017



    

Progrès

J’habite au premier étage
de la première maison
de la première rue du village.

Le village est une île.
Elle n’a qu’une rue.
La rue n’a qu’une maison.
La maison n’a qu’un étage.
J’en suis l’unique habitant.

Je vis de fruits et de poissons.
D’air marin, de soleil et de pluie.
De pensées et de rêves.
Mes amis sont dispersés à travers le monde entier.

Pour nous écrire,
nous mettons des bouteilles à la mer.
J’ignore le nom de mon île.

De temps en temps,
une bouteille accoste au rivage de l’île.
De cette façon, j’apprends ce qui se passe dans le monde,
les progrès immenses atteints en tous domaines.

Les guerres et les assassinats
sont en nombre croissant.
Chacun est fier de sa guerre,
de sa victoire
et même de sa défaite.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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L’attente (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



L’attente

Des mots pour rien : soleil ou coloquinte.
Des mots jetés dans la prison des autres.
Et la virgule. Et la conjugaison
De l’étincelle à la face du feu.
On est si las d’interroger le cri.

Amour, amour, ô déambulatoire
De lèvre à lèvre en ce vieux corps-à-corps
Du moi tragique à sa propre recherche
Et ne trouvant que le vide en sa tombe.

J’en suis au point où la moindre ténèbre
M’éblouirait, où la moindre lumière
Serait lueur de mon assassinat.
Pourquoi cela ? Le néant nous oblige
Au carnaval, aux bals, aux parodies.

Et l’on attend au détour de la phrase
Cet inconnu qui pourrait nous aimer
Comme un soldat son arme, une prêtresse
Son feu sacré, un tiret, deux mots frères,
Pour inventer la cinquième saison.

(Robert Sabatier)

 

 

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Les fins dernières (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Les fins dernières

Depuis la guerre et depuis la mort tendre,
On voit l’enfant s’enfermer dans ses cris.
Ô les barreaux des prisons musicales !
Je me reprends, j’hésite entre deux roses
Et je me cueille à défaut de choisir.
Assassinat dans la nuit, dans les vagues,
Partout ma mort pour me regarder vivre.
Qu’un mot s’entrouvre et que mon corps y dorme
Contre une lettre accueillante et fatale !

(Robert Sabatier)

Illustration: Mai Thu

 

 

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