Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘assemblé’

Un je ne sais quoi d’imprévu (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018




Un vers est à l’image
D’une longue prison.
L’été dans la campagne :
Au soleil souffre plus
L’âtre abandonné.
Ou alors c’est l’hiver, au loin
Les sommets enneigés :
Tous assemblés autour du feu
Des contes dont on se souvient.
Lors un vers me rend libre.
Voilà pourquoi les dieux
Plus de plaisirs accordent
Que ceux-ci, quand ils nous
Accordent de vouloir
Un je ne sais quoi d’imprévu.

(Fernando Pessoa)

 

 

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Entre les villages (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Entre les villages séparés par le silence,
les chaumes se tendent comme des oiseaux
aux aguets et l’on entend parfois le bruit
que fait une feuille pour rentrer dans la terre.

Il y a tant de litres de clarté jamais bus
jamais vides de leur éclatement facile
que la terre reste blanche comme les routes
dont la poussière cache un peu de soleil.

Le ciel trop haut n’a pas retenu ton regard
la terre n’a pas gardé ton pas sur les chemins
Il reste un peu de buée sur la tête trop claire,
un peu de tendresse mal assemblée dans la main.

Tu as vécu jusqu’au dernier papier de peau
jusqu’à la dernière goutte de regard.
Pas une femme ne se souvient de ta vie
comme la terre se souvient des étoiles.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Quand tu sombres à perdre haleine (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Quand tu sombres à perdre haleine
Quand l’écho te déserte

A force de pas assemblés
De paroles en épis

Soudain vêtu d’étoiles
Tu arpentes tout l’espace

TU VIENS

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

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CAUCHEMAR (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




CAUCHEMAR

Nous étions assemblés près du môle
que battait l’invisible ouragan.
Cette nuit nous semblait conspirer avec nous;
pleine d’or dérobé, elle était comme un coffre
résonnant de conseils.
«Travaillons! », dit ma voix. Mille voix répondirent :
«Où es-tu ? » — « Prés de vous »— « Sois nommé
«Notre chef! »
— Et nos voix, comme un feu dans les branches,
aussitôt — richement — s’accrochèrent,
et nos mains se serraient et comptaient,
fébriles comme un nuage d’oiseaux.

Tout à coup, vacilla, divisant l’air et l’eau
un léger souffle blanc de lumière
qui bientôt — en courant — vint vers nous
et passa sur notre ombre, étendu, déchiré, puis flottant
avec le doux tremblement de l’aube… « Adieu donc! »,
murmura le dernier d’entre nous. Ils partaient!
J’étais seul quand le jour apparut.
Je n’ai vu qu’un visage : la vague.

Ils se sont rassemblés loin de moi
pour parler dans leur langue inconnue,
et j’attends.

(Jean Tardieu)

Illustration: Kupka Frantisek

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Il est doux d’écouter le roseau (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



 

 

Il est doux d’écouter le roseau

Il est doux d’écouter le roseau qui soupire
Avec d’autres roseaux dans un riant vallon:
Un front pensif se courbe à ces accords que tire
Des chênes assemblés le rapide aquilon.

Mais, qu’auprès de la voix de l’arbre solitaire,
Les roseaux, la chênaie exhalent un vain bruit,
Quand sur la triste plaine où descend le mystère,
Elle lamente au vent qui précède la nuit !

(Jean Moréas)

 

 

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