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Poésie

Posts Tagged ‘assez’

Le seau (Taneda Santoka)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



Le seau
Rempli d’eau de pluie
Assez pour aujourd’hui.

(Taneda Santoka)

 

 

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Les jours de pluie (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Les jours de pluie
Il ne pleut pas
Assez

(Abbas Kiarostami)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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ASSEZ (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



ASSEZ

Quand serai calme, enfin, j’écrirai, oui, un vers
Qui vous dira combien je suis seul et j’endure…
Mais voulant déchiffrer les mots, sous les ratures,
Je ne sais presque plus ce que j’ai voulu hier…

Pleurant je me suis dit que plus ne dois pleurer…
Qu’avais-je donc, ma foi ?

Qui sait, sais-je moi-même, en ce temps, quels pensers
M’habitaient dans le bois ?

J’écrirai, oui, un vers, quand serais calme enfin…

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Seuls les hommes (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration: Paul Klee
    
Seuls les hommes
qui ont un sourire d’enfant
ont assez grandi.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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Assez! assez, plus qu’assez (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



La roue en avait assez
De trimballer la charrette
Le poivre en avait assez
D’assaisonner la blanquette
Assez que l’eau chaude avait
De cuire à point les navets,
Le feu d’exciter l’eau chaude,
Le four d’enfler la farine
Et le poète ses odes.
La rose était écoeurée
De caresser les narines.

Un dormant raz de marée
Couvrit toute la machine.
Assez! assez, plus qu’assez
Geignaient mille pots cassés.
Le coeur lui-même était las,
Oh! las de voler si bas.

Tout dormait, dorma, dormut
Dans les vieux pays fourbus.
Et tout dormirait encore,
Tout dormirait à jamais,
Si, tout à coup dans l’aurore
D’un joli mai qui germait,
perlant, fusant à la ronde,

Le chant d’un merle jeunet
N’avait réveillé le monde.

(Norge)


Illustration

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Chant du merle (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


Chant du merle

La roue en avait assez
De trimballer la charrette.
Le poivre en avait assez
D’assaisonner la blanquette.
Assez que l’eau chaude avait
De cuire à point les navets,
Le feu d’exciter l’eau chaude,
Le four d’enfler la farine
Et le poète ses odes.
La rose était écceurée
De caresser les narines.

Un dormant raz de marée
Couvrit toute la machine.
Assez ! assez, plus qu’assez
Geignaient mille pots cassés.
Le coeur lui-même était las,
Oh ! las de voler si bas.

Tout dormait, dorma, dormut
Dans les vieux pays fourbus.
Et tout dormirait encore,
Tout dormirait à jamais,
Si, tout â coup dans l’aurore
D’un joli mai qui germait,
Perlant, fusant i la ronde,
Le chant d’un merle jeunet
N’avait réveillé le monde.

(Norge)

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Ils cassent le monde (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



 

Zdzislaw Beksinski  ax 1976

Ils cassent le monde

Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau

Mais ça m’est égal
Ça m’est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez

Il suffit que j’aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j’aime
Un brin d’herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon de bois

Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
J’aurai toujours un peu d’air
Un petit filet de vie
Dans l’oeil un peu de lumière
Et le vent dans les orties

Et même,
même s’ils me mettent en prison
Il en reste assez pour moi,
il en reste assez
Il suffit que j’aime
Cette pierre corrodée
Ces crochets de fer
où s’attarde un peu de mon sang
Je l’aime je l’aime
La planche usée de mon lit
La paillasse, le châlit
La poussière de soleil
J’aime ce judas qui s’ouvre
Ces hommes qui sont entrés
Qui s’avancent, qui m’emmènent
Retrouver la vie du monde
Retrouver la couleur
J’aime ces deux longs montants

Ce couteau triangulaire
Ces messieurs vêtus de noir
C’est ma fête, je suis fier
Je l’aime, je l’aime
Ce panier rempli de son
Où je vais poser ma tête
Oh je l’aime, je l’aime
Je l’aime pour de bon

Il suffit que j’aime
Un brin d’herbe bleue
Une goutte de rosée
Un amour d’oiseau peureux
Ils cassent le monde
Avec leurs marteaux pesants
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez, mon coeur

(Boris Vian)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Le fer à repasser (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Le fer à repasser

Le fer à repasser

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

j’en ai assez d’aller et venir
sur ma planche sans avenir

j’en ai assez de souffler
toujours le chaud et le mouillé

sur les maillots les pantalons
les corsages et les jupons

les blouses me donnent le blues
quand il faut les presser par douze

et les mouchoirs sont ma terreur
soupire encore le fer-vapeur

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

(Joël Sadeler)

 

 

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À Ninon (Alfred de musset)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Auguste Raynaud
    
À Ninon

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L’amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C’est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m’en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d’avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

Si je vous le disais, qu’une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m’attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie ;
Peut-être diriez-vous que vous n’y croyez pas.

Si je vous le disais, que j’emporte dans l’âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d’azur en deux éclairs de flamme ;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu’une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

mais vous ne saurez rien. – Je viens, sans rien en dire,
m’asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l’entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m’être moins doux.

Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
Le soir, derrière vous, j’écoute au piano
Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
De mille souvenirs en jaloux je m’empare ;
Et là, seul devant Dieu, plein d’une joie avare,
J’ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

J’aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J’aime, et rien ne le dit ; j’aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m’est cher, et chère ma souffrance ;
Et j’ai fait le serment d’aimer sans espérance,
mais non pas sans bonheur ; – je vous vois, c’est assez.

Non, je n’étais pas né pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu’à ma douleur même…
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

(Alfred de musset)

 

 

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Pourquoi donc renoncer à une croyance (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Duy Huynh (10) [1280x768]

Car pourquoi donc renoncer à une croyance,
Simplement parce qu’elle a cessé d’être vraie?
Si vous vous cramponnez à elle assez longtemps,
Sans le moindre doute elle redeviendra vraie.
Ainsi va le monde…

(Robert Frost)

Illustration: Duy Huynh

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