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Union des corps (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2019



Illustration: Christophe Merlot
    
Union des corps

Chaque membre réclame chaque membre.
L’union de l’esprit appelle l’union des corps.
Le corps possédé par le coeur sous la pression du coeur
Languit de s’évanouir dans ton corps.
Les yeux sans cesse attirés par tes yeux,
Les lèvres cherchent à mourir à l’intérieur de tes lèvres.
L’âme assoiffée qui gémit amèrement
Pour te contempler avec chaque membre.
Le coeur dissimulé dans la mare du corps,
Sur son bord éternellement je verse mes larmes.
Remplissant de tous mes membres la soif du coeur
Je plongerai au fond du mystère du corps.
Jour et nuit mon esprit, mon corps pour toujours
Seront absorbés par chacun de tes membres.

***

Bodies meeting

Each limb craves for every limb.
Ûnion of spirit looks for union of bodies.
Body possessed by heart with the weight of heart
Longs to faint into your body.
Eyes endlessly drawn by your eyes,
Lips want to die inside your lips.
Thirsty the soul is bitterly wailing
To contemplate you with every limb.
Heart concealed in the pool of body,
Eternally I keep on weeping on its bank.
Pouring all my limbs in the yearning heart
I shall plunge into the mystery of body.
Day and night, my mind, my body for ever
Will get absorbed in each of your limbs.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
D’entre tous les mortels, c’est à toi que tend mon bonheur,
c’est toi, jour après jour, qui occupes mes rêves.

Chaque fois qu’un souci vient assaillir mon âme,
ton souvenir suffit à ma joie, à ma vie.

Me passer de toi, qui m’es tout ?
Autant, assoiffé, me passer d’eau claire

[…]

Je vois le soleil perçant sous ton voile
et, dans ton corps qui ploie, une branche de saule.

Ah! Si mon désir pouvait m’emporter jusqu’à toi !
Et comment voler, quand on vous a coupé les ailes ?

Mais peu m’importe d’être avec toi ou loin,
peu m’importe le jour, de rencontre ou d’exil :

Il me suffit que mon rêve te voie,
où que tu sois, matin ou soir.

Je te dois cette âme jamais exempte de tristesse,
ce coeur jamais libéré de l’amour.

Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps,
et quand ce ne serait qu’en un souffle du vent !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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REPAS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018




    
REPAS

Dans l’assiette blanche
un peu ébréchée
on mange un morceau de viande saignante
la femme assoiffante
on ne la voit plus.
Sur la route bleue
puis qui devient rouge
de grands chiens passent
comme s’ils avaient
moyen d’exister
durant tous les temps
en portant collier à plaque de cuivre
au nom de leur maître
et sans peur de la nuit.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

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Le rose l’infiniment rose (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

Edson Campos  (3)

le rose l’infiniment rose
fait se résorber l’or dans la nuit et la neige
le rose qu’attise un souffle
une brise à peine perceptible
un frémissement de l’herbe révélant la source

le rose palpite
l’amoureuse l’entoure de ses bras
de ses jambes
savoure ses fruits l’assoiffe
sans fin le caresse l’ouvre le referme
le noie de larmes
d’eau douce
le fait rire sourire
éclater de rire
sourire aux éclats

autour du rose l’amoureuse
déploie sa fourrure indomptable
accueille ses couchants ses aubes
en la bouche aussi bien qu’en l’autre bouche
où s’animent les nids
les petits cris

de sorte que tout le paysage
n’existe que par le rose
et l’amoureuse
et par elle n’est habité que de lui

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Edson Campos

 

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