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Poésie

Posts Tagged ‘assoupie’

Chagrin de la nuit (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Chagrin de la nuit somnolente aux rides assoupies
Lentes sont les fissures de l’aube certaine

L’étoile m’a attelé à son aile ô sourde beauté
Fol oiseau je suis dans la demeure hantée

Eclair je te pardonne mon coeur est de foudre
Fendre la montagne hâlée le silence n’est que tempête

***

The sorrow of a languid night with drowsy wrinkles
Slow in coming are the cracks of the certain dawn

The star has harnessed me to its wing o deaf beauty
Mad bird I am in the haunted abode

Lightning I forgive you my heart is made of a thunderbolt
Splitting the sunburnt mountain the silence is only storm

(Tahar Bekri)

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VERLAINE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Dorina Costras glissando_pictura_inset

VERLAINE

La chanson
que jamais je ne dirai
s’est assoupie sur mes lèvres.
La chanson
que jamais je ne dirai.

Parmi le chèvrefeuille
était un ver luisant
et d’un de ses rayons
la lune perçait l’eau.

Ce fut alors que je rêvai
la chanson
que jamais je ne dirai

chanson pleine de lèvres
et de canaux lointains

chanson de longues heures
dans l’ombre gaspillées

chanson d’étoile vive
sur un jour éternel.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Dorina Costras

 

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Comme les hirondelles (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Comme les hirondelles

Le temps avait passé.
La maison s’était assoupie.

Les filles étaient parties.
Des gendres barbus
étaient venus s’installer à notre table.

Et voici les chambres se recouvrent de linge blanc.
Les langes encombrent les baignoires.
Les placards s’entrouvrent
libérant les cris et les rires
que nous venions de ranger.

Dans la maison vieillissante,
avec le printemps,
les hirondelles sont revenues.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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Inquiétude (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Inquiétude

Si mes mains se blessent à l’écorce
Qui sue la résine
C’est pour cueillir des fruits
Mais serai-je aussi patient que la sève ?

Dans l’air joyeux
Un orage est suspendu
La pluie se fait silence
Effrayé par l’espace
L’oiseau se pose
Sur l’ombre de la branche

Alors que le jour se taillade les veines
Que des étoiles vont neiger sur la nuit
Je ne tiens pas à réveiller les heures assoupies.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Sagesse (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



Illustration: Virginie Trabaud
    
Sagesse

Résonne la pluie obscure.
La campagne assoupie
Incline vers l’hiver
La cime dense des arbres.

Les vitres embrumées,
De leur reflet mouillé,
Réfléchissent les branches grises,
La fumée des foyers, les nuages.

Un sentiment profond
De joies perdues,
Oubliées et enfouies sous
Terre, emplit le soir.

Parfois, lorsque le ciel
S’éclaircit, la lumière
Dorée d’un éden perdu
Baigne la prairie.

Troublant le calme de l’air
De leur plainte rauque
Comme des ombres, les corbeaux
Acérés vont et tournent.

Il est des voix tranquilles
D’hommes dans le lointain
Qui travaillent le sol
Comme le firent leurs pères.

Leurs mains, s’ils les tendent
Trouvent des mains d’amis.
Leur foi est pareille. Ensemble
Ils vivent la même attente.

Là-bas, par delà les pluies,
Où nichent les étoiles,
Le Dieu des cieux cherche
Quelques douces caches grises.

Tout a été créé, comme
Moi-même, de l’ombre :
Cette terre qui m’est étrangère,
Ces corps qui me sont étrangers.

Un songe qu’en moi
Il plaça à jamais,
M’isole. Tel un peuplier
Parmi les chênes robustes.

Qu’il est dur d’être seul
Parmi tous les corps.
Mais l’amour qui l’incarne
Est un crucifix sans corps.

Par cet amours espère,
Éveillé en son sein,
Atteindre la blanche et pure
Communion humaine.

Mais la lumière délaisse la campagne.
Il est tard et le froid vient de naître
La porte est close
Et la lampe allumée.

Sur les sentes sombres
Le vent maintenant se plaint
Comme une âme seule et pugnace.
La nuit sera brève.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Les camions-poubelles (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Parmi les voitures assoupies,
Les camions-poubelles
Avalent des chaises, des os,
Une boîte de maïs,
Des emballages de petits-suisses,
Des côtelettes de petits veaux.

Ils avalent tout,
Mais ils laissent les mauvaises nouvelles
A ceux qui se lèvent trop tôt,
Les camions-poubelles
Frôlant les autos.

(Alain Serres)

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Assoupie (Buson)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

assoupie
le flux du printemps
et sa chevelure défaite

(Buson)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Dans la montagne exaltée (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Dans la montagne exaltée,
assoupie par l’été,
je retrouvais tout de nous,
sauf elle.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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UNE SILHOUETTE DE NAGEUR OBSCURE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



UNE SILHOUETTE DE NAGEUR OBSCURE

À propos d’une peinture préhistorique
sur un rocher du Sahara:
une silhouette de nageur obscure
dans une ancienne rivière qui est jeune pourtant.

Sans armes ni stratégies
sans reposer ni même bondir
mais toujours séparée de son ombre :
elle glisse sur le fond du courant.

Il avait lutté pour se défaire
d’une image verdâtre et assoupie,
pour enfin rejoindre le rivage
et ne faire qu’un avec son ombre.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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DE LA MONTAGNE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



DE LA MONTAGNE

Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l’été.
« Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

« Nous errons dans une maison assoupie
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

J’ai vu un jour les volontés du monde s’en aller.
Elles suivaient le même cours – une seule flotte.
« Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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