Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘assoupissement’

L’amoureux (Al-‘Abbâs ibn al-Ahnaf)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




    
L’amoureux dessine le visage de l’aimée
En tout lieu et lui confie ce qu’il éprouve.
L’amour a une cloche qui réveille l’amoureux,
A chaque assoupissement, elle se met à sonner.

(Al-‘Abbâs ibn al-Ahnaf)

 

Recueil: Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction: Houria Abdelouahed et Adonis
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIMANCHES (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



DIMANCHES

Morne l’après-midi des dimanches, l’hiver,
Dans l’assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !

Il flotte dans le vent on ne sait quelle angoisse !
De très rares passants s’en vont sur les trottoirs :
Prêtres, femmes du peuple en grands capuchons noirs,
Béguines revenant des saluts de paroisse.

Des visages de femme ennuyés sont collés
Aux carreaux, contemplant le vide et le silence,
Et quelques maigres fleurs, dans une somnolence,
Achèvent de mourir sur les châssis voilés.

Et par l’écartement des rideaux des fenêtres,fenêtres
Dans les salons des grands hôtels patriciens
On peut voir, sur des fonds de gobelins anciens,
Dans de vieux cadres d’or, les portraits des ancêtres,

En fraise de dentelle, en pourpoint de velours,
Avec leur blason peint dans un coin de la toile,
Qui regardent au loin s’allumer une étoile
Et la ville dormir dans des silences lourds.

Et tous ces vieux hôtels sont vides et sont ternes;
Le moyen âge mort se réfugie en eux;
C’est ainsi que, le soir, le soleil lumineux
Se réfugie aussi dans les tristes lanternes.

O lanternes, gardant le souvenir du feu
Le souvenir de la lumière disparue,
Si tristes dans le vide et le deuil de la rue
Qu’elles semblent brûler pour le convoi d’un Dieu!

Et voici que soudain les cloches agitées
Ébranlent le Beffroi debout dans son orgueil,
Et leurs sons, lourds d’airain, sur la ville au cercueil
Descendent lentement comme des pelletées !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je rêve d’une pensée qui m’accomplirait (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



Kyosaku  bamboo_slap

Je rêve d’une pensée qui m’accomplirait…
Fleur ou bâton ?
Bâton, sans doute,
pour m’éviter l’assoupissement.

(Pierre-Albert Jourdan)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Assoupissement (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



Assoupissement

Un essaim d’arbres bourdonne
Tout au bout du champ
Sous un ciel qui gesticule
Les herbes chantent
J’écoute le rire de la source
Qui coule avec un bruit de cailloux
Et m’approprie tout l’espace qui m’est offert

Peu à peu je fonds dans la chaleur
Et je ne vois plus rien
Il n’y a plus que mon sang qui vit
Au rythme de mon cœur
Et quelque chose en moi
Qui ne veut pas mourir
Et quand midi mûrit dans le jardin
Je m’assoupis dans l’herbe
A l’ombre du cerisier.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dimanches (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2015



Louis Tytgadt 31 [800x600]

Dimanches

Morne l’après-midi des dimanches, l’hiver,
Dans l’assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !

Il flotte dans le vent on ne sait quelle angoisse !
De très rares passants s’en vont sur les trottoirs :
Prêtres, femmes du peuple en grands capuchons noirs,
Béguines revenant des saluts de paroisse.

Des visages de femme ennuyés sont collés
Aux carreaux, contemplant le vide et le silence,
Et quelques maigres fleurs, dans une somnolence,
Achèvent de mourir sur les châssis voilés.

Et par l’écartement des rideaux des fenêtres,
Dans les salons des grands hôtels patriciens
On peut voir, sur des fonds de gobelins anciens,
Dans de vieux cadres d’or, les portraits des ancêtres,

En fraise de dentelle, en pourpoint de velours,
Avec leur blason peint dans un coin de la toile,
Qui regardent au loin s’allumer une étoile
Et la ville dormir dans des silences lourds.

Et tous ces vieux hôtels sont vides et sont ternes ;
Le moyen âge mort se réfugie en eux ;
C’est ainsi que, le soir, le soleil lumineux
Se réfugie aussi dans les tristes lanternes.

Ô lanternes, gardant le souvenir du feu,
Le souvenir de la lumière disparue,
Si tristes dans le vide et le deuil de la rue
Qu’elles semblent brûler pour le convoi d’un Dieu !

Et voici que soudain les cloches agitées
Ébranlent le Beffroi debout dans son orgueil,
Et leurs sons, lourds d’airain, sur la ville au cercueil
Descendent lentement comme des pelletées !

(Georges Rodenbach)

 Illustration: Louis Tytgadt

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :