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Poésie

Posts Tagged ‘assourdi’

Les forêts de l’aube (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Les forêts de l’aube

Les forêts de l’aube
toujours lentes et calmes
montent vers les montagnes sombres
envahies par le silence
d’un autre monde
d’un autre temps

le chant des coqs dans la distance
raye par instant l’espace
permet au coeur de mesurer
la transparence de l’étendue

le grand ciel de nuages
aveuglé par son éclat
filtre les pépiements d’oiseaux
les assourdit les espace
le coeur de nouveau rencontre
ce qui l’attendait

les couleurs un peu passées
les lignes pures
l’odeur des feuilles endormies
les courants d’ombre et de lumière
qui murmurent
nous sommes je suis là
au rendez-vous

mais le coeur aussi frémit
à cette pensée
cette intention

avoue murmure aussi
je suis nous sommes là
au rendez-vous.

(Jean Mambrino)

 

 

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Mélopée (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Mélopée

Une âme s’affale au fond d’une yole
Bercée au fil des rythmes assourdis ;
Comme un cœur sans défense qu’on désole
L’eau se laisse fendre – et sonne midi.

Bercé au fil des rythmes assourdis
Un chant traîne lent comme une plainte.
L’eau se laisse fendre – et sonne midi,
Les douze notes, une à une, tintent.

Un chant traîne lent comme une plainte
Étouffé au sein des lourdes senteurs.
Les douze notes une à une tintent
Réveillant un long écho dans un cœur.

Étouffé au sein des lourdes senteurs
Le chant effleure les rides de l’onde
Réveillant un long écho dans un cœur
Où se creuse une blessure profonde.

(Birago Diop)


Illustration

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CANZONE : SUR L’ENCENS (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




CANZONE : SUR L’ENCENS

Votre gracieuse aisance,
Ô Dame de mon coeur,
A jeté sur ma pensée un charme sacré.
Comme les flambeaux d’ambre quand d’étranges chevaliers
Avancent légèrement sous le bouclier damassé de la nuit,
S’élèvent de l’acier fuyant venu se refléter,
De même, sur ma pensée cuirassée qui vous accompagne,
Le chemin serait-il noir, tombe le charme sacré.

II
L’encensoir se balance,
Et les charbons ardents doivent
Libérer ce que l’oliban tenait avant serré,
Jusqu’à ce que, sur les fermes de l’est, l’été
Trouble les sens et rêve dans la lumière,
Comme la mémoire, corrigée par l’amour qui naît,
Avec la saveur que seul un nouvel amour connaît,
Par des chemins subtils, se rappelle le passé caché.

III
Les jours d’absence,
Lorsque, à l’écart, j’ai
Médité sur votre immense charme,
J’ai vu, sous le charme d’une musique ailée
Le silence qui vous crée. Ô rare délice!
Sons clairs modulés de la mélodie
Assourdis quand votre présence enveloppait le mépris,
Dans un accord de notes tremblantes qui jamais n’a faibli.

IV
Incandescence,
Qui, des flèches du soleil
A vêtu d’or tours et mâts dominants,
La flamme safran, feu qui ne blesse pas
Cache la perle du Khédive et la puissance du saphir
Des vagues lisses, devant sa porte rassemblée.
Ce manteau de grâce qui, autour de vous, rougeoie,
Cache la chose que vous êtes, ainsi décrite.

V
Toutes les choses méritant louange,
Qui vers le marché du Khédive
Venues de si loin, ont traversé maints périls,
Santal, myrrhe et nard qui désarment
La brusque colère du léopard, tout cela n’est rien
A côté de vos merveilles, Khédive! Protégé seulement

Par son immense grâce qui se reflète en lui,
Mon chant s’envole et implore merci.

VI
Ô Encensoir de la pensée qui brille,
Sois lumineux devant elle à la tombée de la nuit.

VII
Sois fragrant comme le champ nouveau qu’on moissonne,
Ô mon chant qui à « Elle » demande merci.

(Ezra Pound)

 

 

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