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Poésie

Posts Tagged ‘assouvir’

Dormir avec toi (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Dormir avec toi

Ecoute le tonnerre, ce bûcheron, traverser la nuit.
Entends ce délire.
Ah ! Serre-moi dans tes jambes nues.
Inonde-moi de chaleur, de lumière.

L’orage monte des draps froissés.
Je ne suis qu’un homme dans les bras de la nuit

Dormir avec toi

Dans la respiration s’ouvrent des sentiers.
Un train de luxe passe dans la sainfoin

Dormir avec toi

Je dors avec toi.
Je dors toujours en toi, plus profondément en toi.

Je t’enlace, tu me pénètres des dents, des bras.
Tu as le râle des palombes.
Les yeux fermés, je vois ouverts tes yeux.
Y dérivent les rivières

Dormir avec toi

Ne me laisse jamais seul.
Un cheval tourne dans ma tête

Dormir avec toi pour assouvir la vie.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Emilia Castañeda

 

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LE DÉSIR (Iwan Gilkin)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



 Illustration: Alix

    

LE DÉSIR

Mes regards las, sans voir l’or en fleur des jasmins,
Rêvent de cheveux d’or dont la tendresse étonne,
Et, dédaignant des lys la blancheur monotone,
Pleurent la liliale ardeur des jeunes mains.

Ô toi qui dois venir, viens ! mon cœur te réclame,
Mes yeux, tristes d’amour, attendent tes chers yeux.
Car la terre est si vide, et si vides les cieux !
Et rien n’offre un baiser aux lèvres de mon âme.

Toi que j’aimerai, toi qui me tortureras,
Sans assouvir jamais tes douloureux caprices,
Viens, je t’offre à genoux les mortels sacrifices
Où mon sang résigné coulera dans tes bras.

(Iwan Gilkin)

 

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La double beauté (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



La double beauté

Ton regard est borné, ton rêve est sans limite ;
Tu ne vois que l’azur éployé sur ton front,
Et dans le cercle étroit que trace l’horizon,
Ton âme prisonnière incessamment s’agite.

L’inconnu, l’inconnu mystérieux t’invite !
Jamais les cieux aimés pourtant n’assouviront
Cette soif infinie et ce désir profond
D’une beauté nouvelle, imprévue et subite !

Étendre librement ses ailes, s’envoler
Par la terre diverse et, là-bas, s’en aller
Vers l’autre aspect du monde et son changeant visage !

Voir ce qu’on n’a pas vu, puis, revenir un soir,
Et, sous le même ciel, tranquillement s’asseoir,
L’œil et l’esprit charmés d’un double paysage !

(Albert Lozeau)

Illustration

 

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SOLILOQUE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016




SOLILOQUE

1

Longtemps je t’ai cherchée en moi,
Jamais je ne te trouvais,
Puis ce qu’est vivre et le monde
M’ont été en toi révélés.

Ce jour-là je fus heureux,
Mais la jubilation du coeur
Frémissant m’avertissait
Qu’elle jamais ne m’assouvit.

Ce ne fut qu’égarement bref,
Déjà tes doigts de sommeil,
Comble de compassion,
Me caressent les yeux.

Attentive, tu m’as donné
Alors cet immense calme
Envahissant après l’amour
Qui en a connu la fureur.

2

Le soleil refulgure en toi
Avec l’aube resurgie.

Pareille gaieté de la mer
Me ramènera-t-elle à croire?

C’est le leurre aujourd’hui de chair
Qui va dévastant mon coeur
Usé par le délire.

Toute visée le trompe,
Le miracle ne revient plus
Que factice, aveuglant.

3

L’amour que j’ai pour toi,
Amour, fait des miracles,
Et quand tu crois m’avoir fui,
Je te surprends, mon amour, qui te leurres,
La pureté revenue
M’illuminer les yeux.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Bec Winnel

 

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Après les déluges (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Après les déluges qui tonnent
sur l’étang lisse un peu de pluie
juste assez pour que l’eau frissonne
me dit une amante endormie
dont la chair doucement résonne
des fureurs en elle assouvies.

(Robert Mallet)

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Les femmes (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2016



Les femmes ne sont pas vraiment sensibles
à la beauté invraisemblable de leur sexe.

Les femmes ne séduisent pas non plus les hommes
pour mettre la main sur leur pouvoir, ni pour l’exercer en sous-main,
ni pour les domestiquer, ni pour prendre leur argent,
ni pour acquérir ce qu’elles convoitent.

Les femmes ne veulent même pas des enfants des hommes qu’elles étreignent
afin de les reproduire, ni pour se reproduire elles-mêmes,
ni dans le dessein d’assouvir leurs vengeances en lançant leurs petites à la conquête du monde.

Les femmes n’attendent même pas des hommes des maisons
où s’ennuyer auprès d’eux et d’y vieillir.

Les femmes ont besoin des hommes
afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable.

(Pascal Quignard)

Illustration: Salvador Dali

 

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Je renais à Toi chaque matin (Cù Huy Cân)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015


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Je renais à toi chaque matin
Et je regarde, émerveillé, la vie avec ton regard.
Je marche sur les bords de ta mer profonde
Et je rentre au plus profond de moi-même
En suivant ton sillage. Nos deux destinées jumelles
Auront été deux vagues mêlées
Sur la grande Mer.
Nous écroulerons-nous en touchant les rivages ?
Je m’adosse aux bords de ton soir
Pour t’aimer dans tes racines
Pour avoir ta rose et tes épines.
Je renais à toi chaque matin.
Tu es mon aube et mon aurore,
Mon horizon fuyant et ma fixe horloge
Qui sonne gravement les heures de mon destin.
Saveur du jour, saveur de la nuit.
Tu es, mon amour, saveur de sève et de fruit
Que je hume et qui assouvit ma gourmandise.

(Cù Huy Cân)

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Désir inespéré (Catulle)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2015


désir

Qui parvient à assouvir le désir inespéré,
éprouve la plus grande joie de l’âme.
Ainsi toi aussi tu m’apportes une joie plus précieuse que l’or
quand tu reviens à moi qui te désire,
et je te désire sans espérer, et toi tu reviens à moi.
Ô jour plus splendide que tout autre!
Qui est plus heureux que moi, qui pourra dire
qu’il y a quelque chose de plus désirable dans ma vie?

(Catulle)

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