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Poésie

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Parfois tu regardes une pierre (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Parfois tu regardes une pierre
— est-ce bien cela ? toucher
du regard une opaque surface
qui n’est rien que silence.

Le suave printemps peut
te réjouir ou t’affliger
à cause des fleurs nouvelles
ou des animaux distraits.

La pierre, elle, est toujours là :
semblable à elle-même,
si bien assurée dans son être,

Sa forme, sa densité, son poids,
si précise et si proche,
non changeante.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le cygne (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le cygne

Cette peine de traverser, lourdement
et comme lié, ce qui n’est pas encore fait
ressemble à la démarche inachevée du cygne.

Et la mort, cette fuite du sol sur lequel
chaque jour on s’appuie est comme
l’instant où il se laisse anxieusement glisser

et les eaux qui l’accueillent avec douceur
heureuses et humbles, onde par onde

s’effacent sous lui; pendant que
infiniment silencieux et sûr
toujours plus royal, plus assuré
et plus indifférent, il daigne s’avancer.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Dans quel monde parallèle (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Dans quel monde parallèle au mien
vit-il
le petit chat
qui encore mal assuré sur ses pattes
hume le vent au milieu de la pelouse

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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LA MONTÉE DU MONT-CARMEL (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
LA MONTÉE DU MONT-CARMEL

I

Pendant une nuit obscure,
enflammée d’un amour inquiet,
ô l’heureuse fortune!
je suis sortie sans être aperçue,
lorsque ma maison était tranquille.

II

Étant assurée et déguisée,
je suis sortie par un degré secret,
ô l’heureuse fortune !
et étant bien cachée dans les ténèbres,
lorsque ma maison était tranquille.

III

Pendant cette heureuse nuit,
je suis sortie en ce lieu secret,
où personne ne me voyait,
et où je ne voyais rien,
sans autre guide
et sans autre lumière
que celle qui luisait dans mon cœur.

IV

Elle me conduisait plus sûrement
que la lumière du midi,
au lieu où celui
qui me connaît très bien m’attendait,
et où personne ne paraissait.

V

O nuit oui m’as conduite!
ô nuit plus aimable que l’aurore!
ô nuit qui as uni le bien-aimé avec la bien-aimée,
en transformant l’amante en son Bien-Aimé !

VI

Il dort tranquille dans mon sein
qui est plein de fleurs,
et que je garde tout entier pour lui seul :
je le chéris et le rafraîchis
avec un éventail de cèdre.

VII

Lorsque le vent de l’aurore
faisait voler ses cheveux,
il m’a frappé le cou
avec sa main douce et paisible,
et il a suspendu tous mes sens.

VIII

En me délaissant et en m’oubliant moi-même,
j’ai penché mon visage sur mon bien-aimé.
Toutes choses étant perdues pour moi.
je me suis quittée et abandonnée moi-même,
en me délivrant de tout soin,
entre les lis blancs.

***

I

En una noche oscura,
Con ansiosos amores inflamada,
0 dichosa ventura!
Salí sin ser notada,
Estando ya mi casa sosegada.

II

A oscura, y segura
Por la secreta escala disfrazada,
O dichosa ventura!
A oscura y enzelada,
Estando ya mi casa sosegada.

III

En la noche dichosa,
En secreto que nadie me vela,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz ni guia,
Sino la que en el coraron ardía.

IV

Aquesta me guiava
Mas certo que la luz de medio día,
Adonde me esperava
Quien yo bien me sabía,
En parte, donde nadie parecía.

V

O noche que guiaste,
O noche amable mas que el albora
O noche que juntaste
Amado con amada,
Amada en el amado transformada !

VI

En mi pecho florido,
Que entero para él solo se guardava,
Allí quedó dormido;
Y yo le regalava,
Y el ventalle de cedros ayre dava.

VII

El ayre del amena
Cuando ya sus cabellos esparcía,
Con su mano serena
En mi cuello hería,
Y todos mis sentidos suspendía.

VIII

Quedóme y olvidóme,
El rostro recliné sobre el amado :
Cesó todo y dexéme,
Uexando mi cuidado.
Entre las azuzenas olvidado.

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix05.htm

 

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Tu as ce visage lisse (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



tu as ce visage lisse
ces gestes calmes
ce regard assuré
et tu vas d’un pas
tranquille

tu es la geôle
et le geôlier
d’un paria
que tu ne veux pas connaître
que tu refuses de nourrir
dont tu subis la faim la loi
que tu voudrais assassiner

j’entends ses cris
dans tes yeux

(Charles Juliet)

Illustration: René Magritte

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Va, fleur, avance (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Va, fleur,
Avance.

Tout veux s’ouvrir
Et même nous, ces hommes
Plus effrayés que toi,

Moins assurés que toi
De donner leur mesure.

Allons de pair,
Dépensons-nous.

(Guillevic)

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Ne cause de peine à personne (Omar Kayyâm)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2016



Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ;
Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de la paix éternelle,
Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau.

(Omar Kayyâm)

Illustration: Dmitriy Brodeckiy

 

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Que m’importent lieu, durée (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Que m’importent lieu, durée,
si je demeure assurée
de garder toujours l’instant.
Seconde ou siècles, autant
le vent sur sa route emporte.
Lieu, durée, ah, que m’importe,
tout défile au même train.
Je ne saisirai qu’un grain
Du sable des destinées,

Pour le cueillir, je suis née.

(Liliane Wouters)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Petit poulain (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2015




Petit poulain

Petit poulain
Est né ce matin :
Aux premières gouttes de rosée,
Sur le monde il a posé
Un regard étonné.

Longues jambes graciles,
Encore malhabiles,
Grands yeux sombres et veloutés…
Déjà, chancelant,
Et encore tout tremblant,
Il a risqué ses premiers pas,
Et pris son premier repas
Entre les jambes de Maman…
Il est déjà bien assuré,
Bientôt, il va gambader
Et découvrir, avec ses frères
L’étendue des grands prés,
Les merveilles de la terre…

Miracle de beauté,
Sous le soleil de l’été,
Petit poulain va s’élancer !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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L’homme, l’homme fier (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2015



 

ange triste_930

L’homme, l’homme fier …
Drapé dans sa petite autorité passagère,
Et le plus ignorant de ce dont il est le plus assuré,
Son essence transparente comme le cristal,
comme un singe en colère
Joue de si invraisemblables tours devant le Très-Haut
Qu’il fait pleurer les anges.

***

But man, proud man,
Drest in a little brief authority,
Most ignorant of what he is most assured,
His glassy essence, like an angry ape,
Plays such fantastic tricks before high heaven
As make the angels weep.

(William Shakespeare)

 

 

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