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Posts Tagged ‘atrocité’

Femmes aux frontières (Elvire Maurouard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Harding Meyer 1964 - Brazilian Portrait painter -   (2)

Femmes aux frontières

Le soir qui les grandit tombe sur leur destin
Héroïnes sans noms d’obscures épopées
Elles vont frêles leurs enfants enveloppés
Scandant leur marche aux coups de tirs lointains

De temps en temps parmi la violence intense
Jaillit d’un gosier jeune un chant sonore et clair
Dont vibre longuement l’atrocité de l’air
Et le refrain en choeur des poitrines s’élance

Elles rentrent ainsi sous les cieux assoupis
Et toutes par degrés sont bientôt confondues
Au vague demi-jour des pâles étendues
Sous leur double fardeau de misère alanguie

(Elvire Maurouard)

Illustration: Harding Meyer

 

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La vie et la mort, la souffrance et la joie (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Etty Hillesum
    
La vie et la mort, la souffrance et la joie,
les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison,
les atrocités sans nombre,
tout est en moi et forme un ensemble puissant
et je l’accepte comme une totalité invisible
et je commence à comprendre de mieux en mieux pour mon propre usage
sans pouvoir encore expliquer la logique de cette totalité.
Je voudrais vivre longtemps pour être un jour en mesure de l’expliquer aux autres.
Mais si cela ne m’est pas donné eh bien, un autre le fera à ma place,
un autre reprendra le fil de ma vie là où il se sera rompu

(Etty Hillesum)

 

 

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Holocauste (Barbara Sonek)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Holocauste

Nous jouions, nous riions,
nous étions aimés.
On nous a arrachés aux bras de nos
parents et jetés dans les flammes.
Nous n’étions que des enfants.
Nous avions un avenir. Nous allions devenir
avocats, rabbins, épouses, enseignantes, mères.
Nous avions des rêves, puis nous n’eûmes plus d’espoir.
On nous a emmenés au plus profond de la nuit
comme du bétail dans des wagons, qui ne pouvait respirer,
étouffant, pleurant, affamé, mourant.
Séparé du monde pour ne plus exister.
Entendez nos supplications venues de nos cendres. Cette
atrocité ne peut plus arriver au genre humain.
Souvenez-vous de nous car nous avons été
des enfants à qui furent volés
les rêves et la vie.

***

Holocaust

We played, we laughed
we were loved.
We were ripped from the arms of our
parents and thrown into the fire.
We were nothing more than children.
We had a future. We were going to be
lawyers, rabbis, wives, teachers, mothers.
We had dreams, then we had no hope.
We were taken away in the dead of night
like cattle in cars, no air to breathe smothering,
crying, starving, dying.
Separated from the world to be no more.
From the ashes, hear our plea. This
atrocity to mankind can not happen again.
Remember us, for we were
the children whose dreams and lives
were stolen away.

(Barbara Sonek)

 

 

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L’instant qui fuit (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2015



L’instant qui fuit est loin de tout,
plus loin que les nuages là-bas,
plus loin que le passé dissous, que l’avenir
à l’avance effacé, réduit à rien,
comme le ciel confondu
avec l’espace, où diminuent
les chants d’oiseaux, par-dessus
l’atrocité du monde.
Le soir tombe, si las, sur les coeurs
cruels, vaincus par leur malignité.
Pourtant demeure encore un froissement
d’ailes, au bout du firmament,
sur les confins d’un autre ciel,
où un souffle inconnu murmure l’on ne sait
quel accompagnement de paix.

(Jean Mambrino)

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