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Poésie

Posts Tagged ‘attablé’

Passer (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



passer

on trouve encore
dans le café de l’avenue
le bois et le cuivre
dont s’exalte un travail du moi
puis l’écart entre un homme
attablé derrière la vitre
et son regard
creusé par on ne sait quoi
fait oublier la durée belle

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Y a des punaises dans le rôti de porc (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018




    
Y a des punaises dans le rôti de porc

1
Lorsqu’attablés avec des camarades
Autour d’un moribond vous rêvez d’avenir
En versant les vins en cascades
Dites-vous pour vous endormir
Que ça va mal et que demain
Vous irez mendier votre pain.
Oui, de Paris à Malakoff
Et de Sydney jusqu’à Melun
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

Refrain
Ah! ça va mal! Ah! ça va mal!
Le beefsteack est en cheval
Et mêm’ plus fort que le roq’fort
Y’a des punais’s dans l’ rôti d’ porc!
Y’a des pu pu! Y’a des nénesses
Y’a des punais’s dans l’ rôti d’ porc

2
Enfants, prenez garde à votre cervelle,
Ne la surmenez pas, ça la fatiguerait
Trop manger use la vaisselle
Trop penser abîm’ le portrait.
Les chauv’s n’ont jamais mal aux ch’veux,
Les culs-d’-jatte envient les boiteux,
Les cabots envient les sous-off’,
Tout le monde est bien malheureux
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

3
L’heureux auteur de cette chansonnette
L’a faite avec l’espoir de gagner de l’argent
Pour ach’ter une clarinette
Car il n’est pas très exigeant
Manger c’est bon, ça c’est certain,
Mais il faut manger à sa faim
Et chacune de ces trois strophes
Et ces vers tombant un à un
Ce ne sont que tourments, chagrins et catastrophes!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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A SOI-MÊME ENNEMI (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
A SOI-MÊME ENNEMI

Rien n’est encore perdu endors-toi ma nuit
dans les lentes brassées d’un ciel qui se déploie
rien n’est encore perdu endors-toi mon jour
pour le grain qui fut perdu pour la source qui mourut
pour le vent nouveau des rues pour un dieu nu
rien n’est encore perdu endors-toi mon amour
tant qu’il y aura des morts si clairs à ensevelir
des chiens perdus un coeur d’enfant qui ne veut pas mentir
des vivants attablés à la Nuit qui fut seule
et des jardins venus sur les ruines d’un empire

rien n’est encore perdu puisque je t’aime.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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Parfois (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



Parfois d’un vol les oiseaux choisissent mon jardin
Et je les guette
Et j’aveugle ma tête
Mes cerises leur plaisent

Dans mes mains des cartes à jouer ont été mises
Et je vois que je suis attablé

(Pierre Morhange)

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