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Poésie

Posts Tagged ‘attardé’

CHANSON (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



CHANSON

Tes pas se perdent. Le silence
Est doux après ton aigre voix.
O volupté de ton absence!

J’aime bien mieux que tes tristesses
Le souvenir que tu me laisses
Quand je ne suis plus près de toi.

C’est un peu de vent sous la porte…
Sur la route, un pas attardé…
Ah! comme je t’aimerais morte!

Tu fais fuir avec ton sourire
Ce que mon rêve t’a prêté,

Avec ton sourire fardé
Et les mots qu’il ne faut pas dire!

(François Mauriac)

Illustration: Elizaveta Porodina

 

 

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Veillée d’Avril (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Veillée d’Avril

Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort.
Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves,
Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves
Je tords mon cceur pour qu’il s’égoutte en rimes d’or

Et voilà qu’à songer, me revient un accord,
Un air bête d’antan, et,sans bruit tu te lèves
O menuet, toujours plus gai, des heures brèves
Où j’étais simple et pur, et doux, croyant encor.

Et j’ai posé ma plume. Et je fouille ma vie
D’innocence et d’amour pour jamais défleurie,
Et je reste longtemps, sur ma page accoudé,

Perdu dans le pourquoi des choses de la terre,
Écoutant vaguement dans la nuit solitaire
Le roulement impur d’un vieux fiacre attardé.

(Jules Laforgue)

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Juste un peu de lumière (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Remy Disch
    
Juste un peu de lumière,
Cette bonne nouvelle colportée,
de branche en branche,
Par l’aile des oiseaux,

Ce trois fois rien qui nous console,
Ce frémissement de pauvreté et de joie,

Ce passant attardé qui nous hèle,
Ce vide en nous qui appelle,
Ce souffle au bout de nos pas,

Et cette Source qui nous relève
Tant que nous avons soif,
Que nous nous laissons traverser par elle,

Tant que nous espérons.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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C’était hier (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



C’était hier,
un lac dont le fond
affleure les plus hautes eaux.
Sorte d’enfance étonnée,
ressentie derrière la nuque
telle une main attardée.
Gagner ce lieu
grelottant,
s’en approcher
comme j’approche de l’île.

(Michel Dugué)

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Voile impatiente (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Andreas Franke
    
Voile impatiente

La voile est lente et lourde, attardée en ce port.
Elle qui sut braver les plus fortes tempêtes,
Et qui connaît leurs cris et leurs plaintes secrètes,
Pour elle, le repos est pareil à la mort…

La voile est lente et lourde, attardée en ce port…

O le charmant péril du magnifique orage,
De son retentissant tonnerre, de l’éclair
Qui déchire la nuit en un rayon trop clair…
Défiant la folie ou l’effort du courage…

O vieux marins, veillez ! … Le temps est à l’orage !

Mais la voile s’agite, au, fond morne du port…
Elle appelle le vent des plus grandes tempêtes,
Car les mâts sont hissés… Toutes ses soeurs sont prêtes…
Nulle ne craint le vent qui menace la mort…

Mais la voile pourrit dans la vase du port…

(Renée Vivien)

 

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A un ami qui m’est cher (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
A un ami qui m’est cher

Lorsque je vous ai vu pour la première fois,
Je n’ai vu qu’un passant, qu’une ombre parisienne,
Dont la voix répondait par hasard à ma voix,
Dont la main effleurait par hasard la mienne.

J’étais comme un rêveur attardé sur la grève,
Qui voit venir vers lui les vagues de la mer,
Et qui les voit s’enfuir, en poursuivant son rêve,
Qui les voit retomber dans le néant d’hier.

Je ne voyais qu’un flot de l’océan humain,
A peine s’attardait ma pensée fuyante, —
Rien qu’un adieu banal, un serrement de main,
Et je vous ai quitté, vous passant, moi passante.

Quand vos vers ont chanté tendrement à mon âme,
Je n’ai vu qu’un poète, un esprit mélodieux,
Qui chantait en tissant le fil d’or de la trame
Faite d’illusions et de rêves radieux.

J’écoutais en rêvant les chants de votre coeur,
J’écoutais en rêvant l’harmonie secrète
Toute pleine d’amour, de joie ou de douleur
Que soupirait tout bas votre âme de poète.

J’étais comme un passant qui dans la nuit écoute
Un chant de rossignol, harmonieux et touchant,
Et qui, tout attendri, reprend après sa route
Emportant avec lui la mémoire d’un chant.

Enfin quand votre coeur au mien s’est révélé,
Quand j’ai vu sa grandeur, son intime noblesse,
Ami, le moindre doute alors s’en est allé,
Je pouvais me confier sans crainte à sa tendresse.

Alors j’ai vu l’ami, — cet ami de mes songes,
Cet ami tendre et doux, dont j’avais tant besoin,
Hélas ! Et maintenant les heures se prolongent
En nuits, en jours, en mois, et vous êtes si loin !

Mais vous êtes toujours présent à ma pensée,
Mais vous êtes toujours présent à mon esprit…
Ami, votre tendresse, ainsi que la rosée,
Pénètre dans mon coeur, et ranime et guérit…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Livrez vos mains aux miennes (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2017



 


Livrez vos mains aux miennes,
Ecoutez la rumeur :
Nos âmes attardées
Viennent de leurs frontières.

Voici qu’elles se touchent.
C’est l’ombre et la lumière
Qui se croient immobiles
Et tremblent de changer.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

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Livrez vos mains aux miennes (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



Livrez vos mains aux miennes,
Ecoutez la rumeur:
Nos âmes attardées
Viennent de leurs frontières.

Voici qu’elles se touchent.
C’est l’ombre et la lumière
Qui se croient immobiles
Et tremblent de changer.

(Jules Supervielle)

Illustration: Pascal Renoux

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Soleil couchant (José-maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-maria de Heredia)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le souvenir (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



 

Le souvenir

M’étant par bonheur attardé,
En flânant dans les avenues,
À votre fenêtre accoudée
Je vous ai bien surprise nue,
Mais mon coeur était accordé.

Mais mon coeur était accordé
A des voix de très loin venues.
Le noir de l’ombre avait fardé
Les grands yeux blancs de la statue
Du carrefour où j’ai rôdé.

Venant d’Arcueil ou de Passy
Un vent frais soufflait dans la rue:
Je suis passé, c’était ici
Et je vous ai surprise nue
Tachant de blanc la molle nuit.

Feuille morte des temps passés,
Fantôme une nuit apparue,
Beaux drapeaux au matin hissés,
Qu’êtes-vous belle devenue,
Dans Paris la ville pressée ?

Pressée de vivre et de flamber,
Impassible et bien vite émue,
De tant de nuits vite tombées,
Telle celle où vous étiez nue
A votre fenêtre accoudée.

(Robert Desnos)

Illustration: Edward Hopper

 

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