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Posts Tagged ‘attendre’

Coin de rue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021


 


 

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Coin de rue

J’ me souviens d´un coin de rue
Aujourd´hui disparu
Mon enfance jouait par là
Je me souviens de cela
Il y avait une palissade
Un taillis d´embuscades
Les voyous de mon quartier
V’naient s´y batailler

A présent, il y a un café,
Un comptoir flambant qui fait d’ l´effet
Une fleuriste qui vend ses fleurs aux amants
Et même aux enterrements

Je revois mon coin de rue
Aujourd´hui disparu
Je me souviens d´un triste soir
Où le cœur sans espoir
Je pleurais en attendant
Un amour de quinze ans
Un amour qui fut perdu
Juste à ce coin de rue

Et depuis, j´ai beaucoup voyagé
Trop souvent en pays étrangers
Mondes neufs, constructions ou démolitions
Vous m’ donnez des visions

Je crois voir mon coin de rue
Et soudain apparus
Je retrouve ma palissade
Mes copains, mes glissades
Mon muguet d’deux sous d’printemps
Mes quinze ans… mes vingt ans
Tout c’ qui fut et qui n´est plus
Tout mon vieux coin de rue.

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

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Revoir Paris (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021


 


 

Revoir Paris

Revoir Paris
Un petit séjour d´un mois
Revoir Paris
Et me retrouver chez moi
Seul sous la pluie
Parmi la foule des grands boulevards
Quelle joie inouïe
D´aller ainsi au hasard
Prendre un taxi

Qui va le long de la Seine
Et me revoici
Au fond du Bois de Vincennes
Roulant joyeux
Vers ma maison de banlieue
Où ma mère m´attend
Les larmes aux yeux
Le cœur content

Mon Dieu que tout le monde est gentil
Mon Dieu quel sourire à la vie
Mon Dieu merci
Mon Dieu merci d´être ici

Ce n´est pas un rêve
C´est l´île d´amour que je vois
Le jour se lève
Et sèche les pleurs des bois
Dans la petite gare
Un sémaphore appelle ces gens
Tous ces braves gens
De la Varenne et de Nogent

Bonjour la vie
Bonjour mon vieux soleil
Bonjour ma mie
Bonjour l´automne vermeil
Je suis un enfant
Rien qu´un enfant tu sais
Je suis un petit Français
Rien qu´un enfant
Tout simplement

Paris

(Charles Trenet)

 

 

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Le Temps (Martial Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le Temps

On dit que le temps arrange tout, il suffit de l’attendre.
Mais qu’il est donc lent, le temps de l’attente.
L’attente de l’ami, qu’on a pas vu depuis longtemps.
L’attente des secours, quand survient l’accident.
L’attente de la guérison, quand s’éternise la souffrance.
L’attente du soleil, quand tarde le printemps.
L’attente de la compassion, quand dure l’indifférence.
L’attente du pardon, pour une lointaine offense.

Pourtant, il suffit qu’on l’oublie, le temps.
Quand arrive l’ami qu’on attendait depuis longtemps.
Que se réveillent les souvenirs d’antan.
Et qu’on déroule les histoires du bon vieux temps.
Il en profite pour nous échapper et galoper, le temps.
Et quand vient le temps d’aller voir où en est le temps,
On s’aperçoit qu’il a filé comme le vent, le temps.
Et qu’on ne peut le rattraper, le temps.

On a parfois envie de l’emprisonner dans les bons moments.
Mais lent ou rapide, on ne peut l’arrêter de passer, le temps.
Puis quand vient le temps de disposer de notre temps,
On voudrait arrêter, histoire de regarder passer le temps.
Mais on se lasse vite à ne faire que regarder passer le temps.
Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste que peu de temps,
De l’accompagner jusqu’au bout de son temps.
On répondra à l’enfant qui nous demande un peu de temps,
Que pour lui, on a tout notre temps.
En espérant que, quand il ne nous restera que peu de temps,
Quelqu’un aura pour nous, un peu de temps.

(Martial Nouveau)

 

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DUBLIN BLUES (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

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DUBLIN BLUES

LE temps me saisit de sa main courante
par un bout de rue où nul ne m’attend
sauf dans le saloon aux portes battantes
la barmaid qui sert les morts sur un rang

J’avais trop rêvé d’une fée aux miettes
qui donc l’appelait mirette d’oiseaux
pour ne pas finir par perdre la tête
en virant au noir d’encre du ruisseau

La nuit qu’écrasaient les chevaux de frise
fait un abattoir de mon carrousel
et mon Opéra se change en cerise
au fond d’un bocal du dernier bordel

(Paul Gilson)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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St-Cyr (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



On dit fidèle comme un chien
Ma table est beaucoup plus fidèle
Elle m’attend toujours à la même place
Pourtant elle a quatre pieds elle aussi

(Pierre Albert-Birot)

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Fille sauvage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021





Fille sauvage

Sous l’écorce du matin
Sous les feuilles
Dans ta robe de coton
Transparente comme un ruisseau
Je te cherche
Pour voir le soleil briller dans tes yeux
Qui font chanter les couleurs
Tes hanches font danser l’horizon
Et la mer vient se réfugier dans tes bras

Le soleil se crucifie sur la colline
Et le déclin du jour frôle ton visage
Alors que la lumière chuchote
Reflétée par la vitre
Tes cheveux se baignent dans le miroir
Et tu presses tes lèvres
Sur celles de la nuit
Avant de les poser
Sur les miennes
Qui attendaient.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: André Patte

 

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C’est une musique qui circulait au-dedans de nous (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021




    
C’est une musique qui circulait au-dedans de nous
et qui attendait que les paroles prononcées la délivrent.
Aussitôt nous en mesurons la justesse et la vérité,
que la beauté poétique conduit au jour.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Bienvenu sur la crête (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021


 

Revenu sur la crête, le château n’y était plus.
Mais tu étais là, toi. Tu es donc là,
debout dans les pierres.
Le réseau de rubis brille à travers la blancheur.
La houle figée ne s’épandra pas.
Durs regards qui dévorez l’ombre et le jour.

Ecoute la végétation de la rivière,
que lisse chaque flot calme
dans la patience vie du fond,
la bergamote et les grands marronniers.

Si je ne t’attends plus, n’aie pas peur de ton visage.

(André Frénaud)

 

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La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Vent d’est de printemps (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Vent d’est de printemps
Si je savais que tu m’attends
M’en irais de suite

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

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