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Poésie

Posts Tagged ‘attendre’

La clairière (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




Illustration: Alexandra Cecconi
    
La clairière,
Elle s’ouvre à chaque pas
Même si tu ne la vois pas.
Elle appartient au chant du fleuve.
Elle niche avec ses oiseaux
Dans le feu des journées.
Elle n’a pas d’autres rides
Que celles du vent remontant vers la Source.

Elle pactise avec le silence,
Avec le souffle,
Avec le rien.

Elle n’attend ni ne guette aucune proie.
Elle laisse aller l’ici
Dans le chant de sa présence.
Elle n’est sûre que de la joie verticale
Et du secret qui la concerne.
Elle est partout décentrée d’elle-même
Et du désir d’en dire trop.

Elle n’a pas son pareil
Pour éveiller les morts.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres
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Ma morte vivante (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Ma morte vivante

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

(Paul Eluard)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Bas sous les arbres (Franck Laurent)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2019




Bas sous les arbres
le bruit de l’eau
n’attend personne

(Franck Laurent)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Je n’en peux plus d’attendre (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019




    
Costel, le violoniste du cirque :
« Je n’en peux plus d’attendre Maria,
quand même, je ne suis pas un animal. »

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le soir quotidien descend (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Le soir quotidien descend
Dans les vitres qu’il décompose;
On y voit s’évanouissant
Comme un encens sur une rose.
C’est un funèbre et bref conflit
Dans les vitres, lasses d’attendre.
Enfin le destin s’accomplit,
Pauvres vitres pleines de cendre…
Et le soir qui manigançait
Dans la demeure enfin pénètre.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Où se termine l’arc-en-ciel ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Ne cesser d’attendre fait-il
plus souffrir que jamais n’attendre ?

Où se termine l’arc-en-ciel ?
Dans ton âme ou à l’horizon ?

Et si une étoile invisible
était le ciel des suicidés ?

Où sont les vignobles de fer
d’où le météore s’abat ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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ATTENTE AU PRINTEMPS (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



estampe

ATTENTE AU PRINTEMPS

Mon pays ravagé par la guerre
Il ne me reste plus que monts et fleuves

Le printemps arrive
La ville enfouie dans de folles herbes
Affligé, je laisse tomber mes larmes sur les fleurs
Et mes sanglots dispersent les oiseaux pris de peur

Les feux au front brûlent trois mois entiers
J’attends des nouvelles de ma famille
Qui me sont plus chères que l’or
Je gratte ma tête
Je caresse le peu de cheveux grisonnants qu’il me reste
Les épingles n’arrivent plus à les retenir

(Du Fu)

 

 

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Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

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LETTRE DE NOEL (Marie-Thérèse Brousse)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



LETTRE DE NOEL

J’habite au jardin de bois vert
l’allée détrempée.
Je vais, je fais avec le temps de longs devoirs dérisoires.
J’apprends ma leçon de Noël.

Chaque soir, la nuit se couche
à mes pieds, comme un chien noir
me gardant des rêves.
Le matin suspend aux fenêtres
leur collier de vitres bleues;
Sur la rue Décembre est là
avec son soleil de verre
Et la grande roue des toits.

Je ne sais plus jouer avec le temps.
Parfois, trompant la nuit, émerge
Un pays planté d’arbres blancs.
Alors je cache dans l’herbe houleuse mon faux visage de fatigue
qui attend.

(Marie-Thérèse Brousse)

Illustration

 

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