Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘attendre’

Les réponses ne viennent pas toujours quand elles le devraient (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2020




    
les réponses ne viennent pas toujours quand elles le devraient,
et il arrive même souvent que la seule réponse possible
soit de rester simplement à les attendre.

(José Saramago)

 

Recueil: L’aveuglement
Traduction: Geneviève Leibrich
Editions: Seuil

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le même vain halo (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Le même vain halo de la robe
Rouge dans la fumée des brumes de jadis,
Le même désarroi, si parmi les arbres mouillés de pluie
Décembre me ramène à ce tournant.
Tu ne viens pas. La peine, elle, ne tarde pas
Le long des murs, une voix
M’appelle, ou ta couleur qui brille
Sous la pluie fine.
(La marchande de fleurs
Crie ses églantines.)
Tu ne viens pas.
La peine, elle, ne tarde pas
Et rend plus doux le bonheur qui t’attend.
(Dans le crépitement de l’eau dans la gouttière,
Une voix bien-aimée…)

(Leonardo Sinisgalli)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le sein ému, le front à demi soulevé (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Luis Falero Reclining_Nude

Le sein ému, le front à demi soulevé,
Inquiète, elle attend celui qu’elle a rêvé.
Et le vent monotone endort les noirs feuillages;
La mer en gémissant berce les coquillages;
La montagne muette, au loin, de toutes parts,
Des coteaux aux vallons,brille de feux épars;
Et la source elle-même, au travers de la mousse,
S’agite et fuit avec une chanson plus douce.

Mais le jeune Immortel, le céleste Inconnu,
L’Amant mystérieux et cher n’est pas venu !
Il faut partir, hélas ! et regagner la plaine.
Thestylis sur son front pose l’amphore pleine,
S’éloigne, hésite encore, et sent couler ses pleurs;
De la joue et du col s’effacent les couleurs;
Son corps charmant, Éros, frissonne de tes fièvres !
Mais bientôt, l’oeil brillant, un fier sourire aux lèvres,
Elle songe tout bas, reprenant son chemin :
— Je l’aime et je suis belle! Il m’entendra demain !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Falero 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Prison de la santé (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

prison

Prison de la santé

Le long des murs mangeant la ville
patientes et prisonnières des parapluies noirs
les femmes attendent
la guérison de leurs hommes

(Françoise Campo-Timal)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Simplement (Zohra Karim)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020


 


 

Berthe Morisot   le bol de lait  [1280x768]

Simplement

Regarde! le bonheur est là,
Juste là, à côté de toi.
Attends, ne bouge pas!
Tiens? il s’est glissé dans ton sourire,
Maintenant il a coulé dans le bain,
Il va se blottir dans le jardin.
Tu sais pourquoi il est là?
Pour rien, et c’est la meilleure raison qui soit.

(Zohra Karim)

Illustration: Berthe Morisot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je guette un bruit (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Je guette un bruit
qui me sauve
d’attendre

La signature
d’un être

(Robert Guiette)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

« Enfin te voilà, je t’attendais » (Alain Eludut)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Gregg Chadwick - (17)

« Enfin te voilà, je t’attendais »

Au petit matin les murs se lézardent
– rien de ce qui tremble ne m’indiffère
Je sens les vibrations les secousses
j’attends la marque du divin
quelque chose comme « Enfin te voilà, je t’attendais ».

(Alain Eludut)

Illustration: Gregg Chadwick

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUAND L’HIVER (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Alexeї Kondratievitch Savrassov
    
QUAND L’HIVER

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

Un vieux cheval au loin tire un traîneau grinçant
Sous la neige un chemin dont je suis le passant.

Dans le dernier recoin de ciel illuminé
Un bouquet de lueurs tristement s’est fané.

Voici qu’un blanc désert s’étend à l’horizon
Au loin je vois semés quelques toits de maisons;

Là-bas un hameau dort, enfoui sous la neige,
La maison juive où les sentiers vont en cortège.

Simple maison, pourtant les fenêtres sont larges,
Moi l’aîné des enfants je revois mon village ;

Voilà mon cercle étroit, petit monde tranquille
Une fois par quinzaine on se rend à la ville

Et l’on rêve en silence à de plus vastes plaines,
Pistes, routes là-bas, enneigées et lointaines.

Les pleurs cachés au fond des coeurs comme des gemmes
Ou des grains attendant vainement qu’on les sème.

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ENFANTS MORTS (Melech Ravitch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020



Illustration: Vincent Van Gogh
    
ENFANTS MORTS
(extrait)

La mort c’est la dépouille un soir d’automne
D’un enfant de sept jours
Dans sa caisse clouée, longue de dix-huit pouces,
Portée dévotement par sa grand-mère
À travers champs jusqu’au paisible cimetière
Où la pluie fait tinter sur les tombes
Son cantique du coeur.
D’un enfant de sept jours la mort est la dépouille
Poussée dans la terre humide et glacée ;
L’aïeule rentre à la maison, et l’on attendait son retour
Avec le pain noir odorant, le bol brûlant de chicorée :
Telle est la mort.

(Melech Ravitch)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LETTRE DE NOEL (Marie-Thérèse Brousse)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



LETTRE DE NOEL

J’habite au jardin de bois vert
l’allée détrempée.
Je vais, je fais avec le temps de longs devoirs dérisoires.
J’apprends ma leçon de Noël.

Chaque soir, la nuit se couche
à mes pieds, comme un chien noir
me gardant des rêves.
Le matin suspend aux fenêtres
leur collier de vitres bleues;
Sur la rue Décembre est là
avec son soleil de verre
Et la grande roue des toits.

Je ne sais plus jouer avec le temps.
Parfois, trompant la nuit, émerge
Un pays planté d’arbres blancs.
Alors je cache dans l’herbe houleuse mon faux visage de fatigue
qui attend.

(Marie-Thérèse Brousse)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :