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Posts Tagged ‘attendre’

L’eau m’attendait à la fontaine (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
L’eau m’attendait à la fontaine.

J’allais vers elle,
Son innocence,

A travers les grands arbres
De la forêt sans fin.

L’eau me connaissait.

J’étais chez moi
Au long de ce sentier.

Le vent dans les arbres
Faisait comme un chant.

Le silence était à moi.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
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Attendez que ma Joie revienne (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 
    
Attendez que ma Joie revienne

Attendez que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
Avant de me dire je t’aime,
Avant que je puisse vous le dire,
Attendez que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire.

Laissez-moi,
Le chagrin m’emporte et je vogue sur mon délire,
Laissez-moi,
Ouvrez cette porte,
Laissez-moi,
Je vais revenir.

J’attendrai que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
J’attendrai que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire
Que le vent ai séché ma peine
Et la nuit calmé mon délire.

Si tu veux que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire,
Vers ce pays où meurt la peine
Je t’en prie,
Laisse-moi partir
Il faut de mes amours anciennes
Que périsse le souvenir,
Pour que, libérée de ma chaîne,
Vers toi je puisse revenir…

Alors, je t’en fais la promesse
Ensemble nous irons cueillir
Au jardin, rue de la tendresse,
La fleur d’amour qui va s’ouvrir.

Mais c’est trop tôt pour dire je t’aime,
Trop tôt pour te l’entendre dire,
La voix que j’entends c’est la sienne
Ils sont vivants mes souvenirs…

Pardonne-moi,
C’est lui que j’aime
Le passé ne veut pas mourir.

(Barbara)

 

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La Dame Brune (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Barbara
    
La Dame Brune

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Si jamais elle l’entend un jour, elle saura
Que c’est une chanson d’amour pour elle et moi.

Je suis la longue dame brune que tu attends.
Je suis la longue dame brune et je t’entends.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
Ta guitare, orgue de fortune, guide mes pas.

Pierrot m’avait prêté sa plume ce matin-là.
A ma guitare de fortune j’ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.

Pierrot t’avait prêté sa plume cette nuit-là.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t’ai pris pour un poète en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.

J’ai habillé la dame brune dans mes pensées
D’un morceau de voile de brume et de rosée.
J’ai fait son lit contre ma peau pour qu’elle soit bien,
Bien à l’abri et bien au chaud contre mes mains.

Habillée de voile de brume et de rosée
Je suis la longue dame brune de ta pensée.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
A travers les monts et les dunes, j’entends ta voix.

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Je sais qu’elle l’entendra un jour, qui sait demain,
Pour que cette chanson d’amour finisse bien.

Bonjour, je suis la dame brune, j’ai tant marché.
Bonjour, je suis la dame brune, je t’ai trouvé.
Fais-moi place au creux de ton lit, je serai bien,
Bien au chaud et bien à l’abri contre tes reins

(Barbara)

 

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La Solitude (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
La Solitude

Je l’ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m’a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l’emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le cœur à la traîne,
Elle nous fait le cœur à pleurer,
Elle nous fait des mains blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T’as la mine du désespoir,
Tu n’es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l’ennui.
Je n’ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j’y suis !

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m’en payer, des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l’heure blême
Et jusqu’à mon souffle dernier,
Je veux encore dire « je t’aime »
Et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « Ouvre-moi ta porte.
Je t’avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t’ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c’est fini, maintenant. »

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s’est pendue à mon cou,
Elle s’est enroulée à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m’attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude…

(Barbara)

 

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Les Passantes (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Jacques Dormont
    
Les Passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

(Georges Brassens)

 

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LE ROCHER DES ANGES (Tanikawa Shuntarô)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Paul KleePaul Klee rocher_des_anges

LE ROCHER DES ANGES

Sur la tombe d’un homme dans leurs habits de pierre les anges
qui ne connaissent pas le rire
qui ne connaissent pas les pleurs

un jour soudain s’envolent
vers les cieux lointains de leur pays natal
à la manière des oiseaux de passage

Ne sachant pas ce qu’est le mensonge
les anges ignorent ce qu’est la vérité

Et l’homme abandonné à son sort
s’enflamme de jalousie pour les étoiles

Son cœur se dilate
son corps se rapetisse
et en attendant de se fondre à la terre

il fait l’amour avec le soleil

(Tanikawa Shuntarô)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Paul Klee

 

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Un chien (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018






Illustration: ArbreaPhotos
   
Un chien

Un chien mourait doucement
son regard ne parlait rien d’autre
que d’une chose infinie incompréhensible
comme une mélancolie
on le soigna pour les reins et pour le foie
et pour les poumons et pour l’intestin
et pour les pieds et pour la tête
et on opéra même le regard

On sut trop tard qu’il attendait son maître.

(Jean L’Anselme)

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J’attends (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018


J’attends.
Peut-être ne puis-je plus attendre.
Peut-être que savoir ne plus attendre
est la perfection même.
Je conserve ma passivité,
je veux la conserver dans l’acte même d’écrire.
Je veux être apte à le recevoir,
dans un état d’esprit de patience, de modestie, de subtilité,
de tendresse aussi…

(António Ramos Rosa)

Illustration: Benoit Colsenet

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VIVRE D’ATTENDRE (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



 

enfant Varsovie

VIVRE D’ATTENDRE

vivre d’attendre
attendre de vivre
mais le ciel est en nous
puisque nous le respirons
l’enfant ne passe toujours pas
en moi
c’est lui qui voit
par moi
c’est moi qui marche par lui
les bras levés dans la tête
le vélo vole à travers champs
maintenant les bombes
explosent ailleurs
les autres tombent quelque part en moi
c’est pourquoi j’ai mal
mais c’est ainsi qu’on se parle
entre inconnus si proches
nous nous racontons nos guerres
les souvenirs ont la main
sur le ventre pour s’endormir

(Henri Meschonnic)

 

 

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RÊVE D’ARTISTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



RÊVE D’ARTISTE

Parfois j’ai le désir d’une soeur bonne et tendre,
D’une soeur angélique au sourire discret :
Soeur qui m’enseignera doucement le secret
De prier comme il faut, d’espérer et d’attendre.

J’ai ce désir très pur d’une soeur éternelle,
D’une soeur d’amitié dans le règne de l’Art,
Qui me saura veillant à ma lampe très tard
Et qui me couvrira des cieux de sa prunelle;

Qui me prendra les mains quelquefois dans les
siennes
Et me chuchotera d’immaculés conseils,
Avec le charme ailé des voix musiciennes;

Et pour qui je ferai, si j’aborde à la gloire,
Fleurir tout un jardin de lys et de soleils
Dans l’azur d’un poème offert à sa mémoire.

(Emile Nelligan)


Illustration: Patrick Marques

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