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Poésie

Posts Tagged ‘attendu’

AMIS D’AMOUR (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
AMIS D’AMOUR

Restons amis, veux-tu? Rien qu’amis. L’attitude
En vaudra mieux, crois-moi, que de trouver un jour
Le premier abandon qui fait la solitude,
Nos sentiments fanés, d’anciens rêves d’amour !

Je suis émerveillé d’un rêve, que j’ignore…
Je crois en toi, mais davantage en l’amitié.
Restons ainsi, pour être un peu pareils encore :
N’est-ce pas suffisant, le bonheur à moitié ?

Amis, n’est-ce pas beau? Le soir ardent qui frôle
M’émeut profondément, ô mystère caché !
J’ai posé doucement ma tête à ton épaule :
Ton visage n’en est plus doux ni plus fâché…

Et c’est un geste las dont l’amour est complice ;
Tout bas, nous nous disons : un geste indifférent !
Cela parait une eau qui se sille et se lisse,
Quand le désir, parfois, apporte son courant.

Puis nous disons des mots quelconques… Nonchalance
D’un langage d’amour, dans les soirs éperdus.
Et nous nous comprenons avec des yeux d’absence,
Et ces mots — semble-t-il — étaient ceux attendus.

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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AMITIÉ (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



AMITIÉ

C’est l’heure attendue
sur la table tombe
interminablement
la chevelure de la lampe
La nuit rend la fenêtre immense
Il n’y a personne
la présence sans nom m’entoure

(Octavio Paz)

 

 

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TSIGANE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018


 


 

TSIGANE

Dans la course effarée et sans but de ma vie
Dédaigneux des chemins déjà frayés, trop longs,
J’ai franchi d’âpres monts, d’insidieux vallons.
Ma trace avant longtemps n’y sera pas suivie.

Sur le haut des sommets que nul prudent n’envie,
Les fins clochers, les lacs, frais miroirs, les champs blonds
Me parlent des pays trop tôt quittés. Allons,
Vite ! vite ! en avant. L’inconnu m’y convie.

Devant moi, le brouillard recouvre les bois noirs.
La musique entendue en de limpides soirs
Résonne dans ma tête au rythme de l’allure.

Le matin, je m’éveille aux grelots du départ,
En route ! Un vent nouveau baigne ma chevelure,
Et je vais, fier de n’être attendu nulle part.

(Charles Cros)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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MONTS ET MERVEILLES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

MONTS ET MERVEILLES

Soleil dont le plateau fait pencher la balance
Le vent dans les barreaux
Le premier pas de danse
Et la neige qui fond
Les liens qui se défont
La pensée qui descend lentement du plafond
Le sourire attendu qui lézarde la face

Seigneur il fait si beau
Comment rester en place
Je vais te réclamant sur les toits bohémiens
Pour t’appeler les mots ne viennent pas très bien
Niais de mes yeux tu vois j’apprivoise les anges
Les arbres et mes bras font un curieux mélange
Toujours plus près de toi
Conseillé par les fleurs
Ta main pressant la pomme acide de mon coeur

Je t’attends
Tu n’attends jamais laissé un homme attendre
Pour t’aimer
Tu diras comment il faut s’y prendre
J’ai tant besoin d’amour
Mon Dieu, tu ne peux pas me rayer de ton cours

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Il advient au poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage
où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement.
Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré le poète s’organise,
abat sa vigueur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête,
c’était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie.
Quand il rasait le sol,
c’était le vent dans les buissons et les hautes herbes,
mais ce n’était pas la pluie.

Quand il bruissait et chuintait à hauteur d’homme,
c’était le vent dans les champs de maïs.
Il possédait si bien les sonorités de la pluie
que l’on se faisait abuser sans cesse,
cependant, on l’écoutait avec un plaisir certain,
comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène.
Et ce n’était toujours pas la pluie.

Mais lorsque la terre répondait à l’unisson
d’un rugissement profond, luxuriant et croissant,
lorsque le monde entier chantait autour de moi
dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi,
alors c’était bien la pluie.

C’était comme de retrouver la mer
après en avoir été longtemps privé,
comme l’étreinte d’un amant.

(Karen Blixen)

 

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Un corbeau sur la neige (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Un corbeau sur la neige
C’est bon d’être attendu
à la maison.

(Jean-Hugues Malineau)

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Dans cette rue où tout s’écoule Sans accroc (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
Dans cette rue où tout s’écoule
Sans accroc, tout marche sans faille,
Il arrive pourtant qu’en plein jour
Se produise un effondrement :
Une vieille dame qu’on aide à se
Relever, à s’asseoir sur un banc.

« Oh, non non, ce n’est rien ;
Mais pas à l’hôpital ! »
Reposez-vous un peu
Ici, en attendant… »
« Oh, j’ai bien tout le temps,
Personne ne m’attend… »
Ioi, ce jour, entre terre et ciel,
Une vérité est dite : «J’ai bien
Tout le temps, personne ne m’attend. »

Oh, nous les passants trop pressés,
Sommes-nous sûrs d’être attendus?
Sûrs d’avoir encore tout le temps?

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Aux confins du dire (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
Aux confins du dire
La cigale sème les cendres
sur le sol craquelé
Toute rosée étant bue
Le pétale au geste épuré
traverse l’espace
À l’instant attendu
Au creux de l’inouï
Aux confins du dire

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Tambours de fumées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017




    
Tambours de fumées, foudre de soupirs.
On avale toujours la boule aux mille pointes de souffrances.

Quand cela finira t-il?

L’ondée tant attendue, l’ondée d’infini,
qui apaisera l’âme, on n’oserait en parler,
il y a des zones si on en parlait, on serait insulté,
attaqué de toutes parts par les désespérées.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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