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Poésie

Posts Tagged ‘attendu’

Il advient au poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage
où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement.
Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré le poète s’organise,
abat sa vigueur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête,
c’était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie.
Quand il rasait le sol,
c’était le vent dans les buissons et les hautes herbes,
mais ce n’était pas la pluie.

Quand il bruissait et chuintait à hauteur d’homme,
c’était le vent dans les champs de maïs.
Il possédait si bien les sonorités de la pluie
que l’on se faisait abuser sans cesse,
cependant, on l’écoutait avec un plaisir certain,
comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène.
Et ce n’était toujours pas la pluie.

Mais lorsque la terre répondait à l’unisson
d’un rugissement profond, luxuriant et croissant,
lorsque le monde entier chantait autour de moi
dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi,
alors c’était bien la pluie.

C’était comme de retrouver la mer
après en avoir été longtemps privé,
comme l’étreinte d’un amant.

(Karen Blixen)

 

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Un corbeau sur la neige (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Un corbeau sur la neige
C’est bon d’être attendu
à la maison.

(Jean-Hugues Malineau)

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Dans cette rue où tout s’écoule Sans accroc (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
Dans cette rue où tout s’écoule
Sans accroc, tout marche sans faille,
Il arrive pourtant qu’en plein jour
Se produise un effondrement :
Une vieille dame qu’on aide à se
Relever, à s’asseoir sur un banc.

« Oh, non non, ce n’est rien ;
Mais pas à l’hôpital ! »
Reposez-vous un peu
Ici, en attendant… »
« Oh, j’ai bien tout le temps,
Personne ne m’attend… »
Ioi, ce jour, entre terre et ciel,
Une vérité est dite : «J’ai bien
Tout le temps, personne ne m’attend. »

Oh, nous les passants trop pressés,
Sommes-nous sûrs d’être attendus?
Sûrs d’avoir encore tout le temps?

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Aux confins du dire (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
Aux confins du dire
La cigale sème les cendres
sur le sol craquelé
Toute rosée étant bue
Le pétale au geste épuré
traverse l’espace
À l’instant attendu
Au creux de l’inouï
Aux confins du dire

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Tambours de fumées (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017




    
Tambours de fumées, foudre de soupirs.
On avale toujours la boule aux mille pointes de souffrances.

Quand cela finira t-il?

L’ondée tant attendue, l’ondée d’infini,
qui apaisera l’âme, on n’oserait en parler,
il y a des zones si on en parlait, on serait insulté,
attaqué de toutes parts par les désespérées.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Peut-être ne suis-je de ce monde ? (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Peut-être ne suis-je
de ce monde ? Mon esprit
en suspens se perd
depuis que l’homme attendu
grand-peine d’oubli m’inflige.

(Ono no Komachi)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Arthur Hacker

 

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Les baisers sont plus attendus (E. E. Cummings)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



 

Les baisers
sont plus attendus
que la sagesse.

(E. E. Cummings)

 

 

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Une jeune beauté (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



femme-visage-penombre-photo

Une jeune beauté par lui seul affermie,
Quand la troupe aux cent yeux est enfin endormie.
De son lit qui pleurait l’absent trop attendu
Fuit, se glisse, et d’un pied muet et suspendu,
Au jeune impatient va, d’aise palpitante,
Ouvrir enfin la porte amie et confidente ;
Et sa main, devant elle, interroge sans bruit
Et sa route peureuse et les murs et la nuit

(André Chénier)

 

 

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LA CONNAISSANCE DES TEMPS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

Aron Wiesenfeld Girl_with_Bike

LA CONNAISSANCE DES TEMPS

Dans cette rue à l’aube
la pauvreté avoue
l’émouvante pâleur
de sa gorge enfantine.

L’entourent ces ruines
de fraîcheur que le jour
hésite à niveler ;
la décorent ces fleurs

que les ruisseaux entraînent
vers la mer. O ma vie,
épargne-moi la honte
d’aimer si lâchement.

*

Le dimanche torride
pèse d’un poids si blanc
sur le présent de l’homme
qu’on en pourrait douter.

Douter que cette foule
ait des raisons de vivre ;
douter que les passantes
cherchent les matelots ;

douter que les romances
aient pour chemin le feu ;
douter qu’il soit midi
pour d’autres que le temps.

*

Un homme que déchirent
le froid, le vent, la pluie ;
que recousent la peur,
la colère, la faim ;

que sa faiblesse étale,
que sa marche replie ;
un passant contredit
par tout ce qu’il approuve ;

un nom sans domicile,
nulle part attendu,
au milieu de la rue
ramasse le destin.

*

N’était-ce ton visage,
souvenir, main qu’au front
le coeur fidèle cloue,
j’aurais peur de ce jour.

En te nommant j’affronte
les brûlantes colonnes
qu’impitoyablement
plante l’été
barbare.

Je t’aime. Je libère
des voix qui ne croyaient
plus à leur étendue :
Christine, ô Jéricho !

[…]

(Axel Toursky)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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