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Poésie

Posts Tagged ‘attention’

Hommes, femmes (Martine Laffon)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2023



Illustration: Pascal Dugourd

Illustration: Marie Boutroy
    
Hommes, femmes,
gens de la vie,
gens de raison,
mon amour s’est enfui,
avec mon coeur
qu’il avait pris.
Ah, sans faire attention,
j’avais ouvert ma maison,
j’avais ouvert…
L’amour y est entré,
il est passé,
bien trop pressé
pour apprendre à m’aimer.
Hommes, femmes,
gens de la vie,
gens de raison,
fermez bien
vos maisons.

(Martine Laffon)

 

Recueil: Le Dit d’Amour
Traduction:
Editions: Alternatives

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QUI SOMMES-NOUS ? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023




    
QUI SOMMES-NOUS ?

Qui est au corps
De son corps
De son âme
De son être
Qui est au logis
Dans l’intime de l’Être ?
Et veille sur la demeure ?
Qui ?

Qui
Dans la demeure du coeur
Ou de l’âme
A conscience du secret de nos vies ?

Qui
Prête attention à moi ?
Qui s’enferme au logis ?
Qui observe les fonds ?

Qui
Dans l’intensité première
Au centre de nous-mêmes
Prête attention à Lui ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Regarder cette divinité sylvestre (Belinda Cannone)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2022



Illustration: Belinda Cannone
    
Regarder cette divinité sylvestre
(façon de lui rendre hommage)
est manière de prière matinale :

devant mon lare,
toute pensée étrangère me quitte,
je glisse en mon for intérieur.
À la fois identique à lui-même
et nouveau par quelque élément changeant,
il m’invite à un exercice quotidien de vigilance.

Attention, concentration, émerveillement :
n’est-ce pas la source de toute poésie ?

(Belinda Cannone)

 

Recueil: Un chêne
Traduction:
Editions: Le vistemboir

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C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant (Belinda Cannone)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2022



Illustration: Belinda Cannone
    
C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant
que monte le sentiment de la beauté du monde et du privilège d’y vivre.

J’ai nommé ailleurs sur-présence
cette façon que nous avons parfois d’être entièrement présent au moment vécu.

Mais la notion de sur-présence s’applique aussi aux objets de notre attention,
parfois banals ou familiers et acquérant soudain sous notre regard devenu voyant
une lumière extraordinaire qui les met en gloire
— ou plutôt qui révèle leur beauté secrète, cachée aux regardeurs pressés.

(Belinda Cannone)

 

Recueil: Un chêne
Traduction:
Editions: Le vistemboir

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A LIRE MATIN ET SOIR (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2022



Illustration: Jean-Michel Follon
    
A LIRE MATIN ET SOIR

Celui que j’aime
M’a dit
Qu’il a besoin de moi.

C’est pourquoi
Je fais attention à moi
Je regarde où je mets le pied
J’ai peur de quelques gouttes d’eau
Craignant que l’une ne m’assomme.

(Bertolt Brecht)

 

Recueil: Manuel pour les habitants des villes Poèmes
Traduction:
Editions: L’Arche

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L’amant (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration: Pablo Picasso 
    
L’amant, une fois atteint le degré requis d’attention,
rayonne par lui-même et en lui-même.

C’est le croyant qui fait exister Dieu,
mais ce dieu n’est pas pour autant
une idée ou un fantasme.

Il est la fleur du rien,
la rose aux pétales d’air,
le souffle à marée haute.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Personne ne sait grand-chose (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Les morts ne savent pas qu’ils sont morts,
pas plus que les vivants ne savent qu’ils sont vivants.
Personne ne sait grand-chose.
Des yeux brûlent dans le noir.
Ils essaient d’attirer notre attention.

(Christian Bobin)

 

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Nous sommes trois (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Nous sommes trois : un chat blanc dans les lointains du parc,
rôdant avec un regard en dessous, un écureuil sur une branche basse du tilleul,
interrompant sa toilette matinale pour surveiller le chat qui vient de se figer,
et moi qui regarde les deux autres.
Entre nous trois, un fil invisible est tendu.
Personne ne bouge.
Puis tout se dénoue : le chat s’éloigne d’un pas fatigué,
l’écureuil se frotte les oreilles
et je commence à écrire sur cette communauté d’attention que nous avons formée, hors du temps.

(Christian Bobin)

 

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La bête (Lili Frikh)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022



Illustration: Frida Kahlo
    
La bête

Elle fait attention la bête.
Elle se retient.
Elle ne donne aucun signe.
Elle ne laisse aucune trace la bête.
Elle ne tremble pas.
Elle ne saigne pas.
Elle ne hurle pas.
Elle est belle.
Elle est blessée.
Nature blessée.
Mystère blessé.
Elle ne peut plus rester au milieu en pâture en terrasse…
Elle s’en va…
Elle n’a pas peur.
Elle n’a pas le choix.
Elle n’est plus ni saine ni sauve.
Elle est abîmée.
C’est ça qui s’éloigne…
Abîmée…
Elle ne veut plus laisser son silence au sol.
C’est ça qui l’emporte dans la forêt.
Elle veut parler.
Elle a besoin la bête.
Elle veut.
C’est elle la bête qui veut…
C’est elle la belle qui crève…
C’est elle les deux…
Elle de risquer…
Elle de parler
Les hommes ne parlent pas.

(Lili Frikh)

Carnet sans bord 2017

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’ours Martin et le Diable (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
L’ours Martin et le Diable

« Diable ! Diable ! »
avait dit Martin
en se mettant à table
un beau matin.

Il avait dit ça
sans faire attention
machinalement.

Le Diable apparut
voulut le mordre
faillit le manju
le manju tout cru.

Martin éperdu
s’encourut, s’en fut.

Il prend garde depuis
à ce qu’il dit.

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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