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Seul à seule chacun se donner le spectacle (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Seul à seule chacun se donner le spectacle
De soi-même et de l’autre et le donner à l’autre
Très attentivement très scrupuleusement
Tant qu’à la fin c’est vrai tout ce grave opéra :

le t’ai vraiment donné le jour
A force de couver tes seins dans mes paumes

Je t’ai vraiment prostituée
Tu m’as vraiment jeté aux bêtes

Je suis vraiment la tombe où l’on t’enterre vive
Je me nourris vraiment de tes liqueurs

Vraiment je plane et je t’emporte
Suspendue à mon ventre comme une torpille
Vraiment nous explosons ensemble
Quand je m’écrase sur les cimes.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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L’Opéra des girafes (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



L’Opéra des girafes

Comme les girafes sont muettes,
la chanson reste enfermée dans leur tête.
C’est en regardant très attentivement les girafes dans les yeux
qu’on peut voir si elles chantent faux ou si elles chantent vrai.

(Jacques Prévert)


Illustration

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Bourreaux ou frères (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Près de vos armes, hommes inflexibles,
Près de vos aigles dressés à déchirer les poumons
Des porteurs de flammes, voici mon ombre entre les montagnes inclinées
Attentivement vers la ville prise dans les menottes du pain.
Sachez que si vous me fouillez jusqu’aux entrailles
Ainsi qu’on le ferait d’un violon, afin d’y trouver le chant,
Ou d’un miroir, pour en arracher les images,
Jamais vous ne toucherez la vision qui demeure en moi:

Parmi le matin qui s’ouvre une artère
Avec la brume tombée au fond des éprouvettes,
Avec l’âme qui, dans la chair comme une camisole de force,
Se tord, s’écorche et voudrait se délivrer.

Et vous qui mordez la neige et vous mordez entre vous,
Comme des chiens au traîneau montant vers quel orage,
Bourreaux ou frères, me voilà – je marche parmi vous,
Et je ne sais ce que vous enfoncez dans mon épaule: poignard ou aile.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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HEMORRAGIE, ASCENSION (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



HEMORRAGIE, ASCENSION

Près de vos armes, hommes inflexibles
Près de vos aigles dressés à déchirer les poumons
Des porteurs de flammes, voici mon ombre entre les montagnes inclinées
Attentivement vers la ville prise dans les menottes du pain.

Sachez que si vous me fouillez jusqu’aux entrailles
Ainsi qu’on ferait d’un violon, afin d’y trouver le chant,
Ou d’un miroir pour en arracher les images
Jamais vous ne toucherez la vision qui demeure en moi.
Parmi le matin qui s’ouvre une artère
Avec la brume tombée au fond des éprouvettes,
Avec l’âme qui, dans la chair comme dans une camisole de force,
Se tord, s’écorche et voudrait se délivrer.

Et vous qui mordez la neige et vous mordez entre vous
Comme des chiens au traîneau montant vers quel orage,
Bourreaux ou frères, me voilà je marche parmi vous
Et je ne sais ce que vous enfoncez dans mon épaule : poignard ou aile.

(Ilarie Voronca)


Illustration: Jean Delville

 

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Les vivants apparaissent et disparaissent (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015




Les vivants apparaissent et disparaissent autour de moi
comme les colombes qui sortent des mains vides du magicien.
J’ai beau regarder attentivement ces mains,
je ne trouve aucune explication.

(Christian Bobin)

Illustration

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UNE IMAGE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



UNE IMAGE

Au cœur du coeur
de la rose des univers
enroulés sur eux-mêmes
un coeur (si détaché
qu’il ressemble au sommeil
ou à l’absence) semble battre
le rassemblement des mondes
d’un battement si faible
qu’il est attentivement égal
au silence.

Absorbé par un violent
amour
ou détachement.

(Jean Mambrino)


Illustration

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