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Posts Tagged ‘attirance’

Renoncer à cette servitude (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Renoncer à cette servitude
qu’est l’attirance féminine.

(Albert Camus)

Illustration: Jean-Auguste-Dominique Ingres

 

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AUTRES CORPS (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration
    
AUTRES CORPS

Amour que m’as-tu fait
étrange étrange objet
l’excès d’amour où tu m’as mise
s’étend à présent hors de toi

s’étend presque partout
se crispe en autres points
de presque rien
échos ou vents

aussi : sur autres corps

Ici : étonnement souffrance
— et rire :
autre que toi!
qu’est-ce que cela ?
comment se fait-il ?
je ne comprends pas  »

et pourtant si :
visage et corps
te ressemblant pour commencer
– forme d’ensemble et couleur d’oeil
perception de proximité
attirance étonnée

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Au passant d’un soir (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Erik Johansson 2c_orig [1280x768]

Au passant d’un soir

Dites, quel est le pas
Des mille pas qui vont et passent
Sur les grand’routes de l’espace,
Dites, quel est le pas
Qui doucement, un soir, devant ma porte basse
S’arrêtera ?

Elle est humble, ma porte,
Et pauvre, ma maison.
Mais ces choses n’importent.

Je regarde rentrer chez moi tout l’horizon
A chaque heure du jour, en ouvrant ma fenêtre ;
Et la lumière et l’ombre et le vent des saisons
Sont la joie et la force et l’élan de mon être.

Si je n’ai plus en moi cette angoisse de Dieu
Qui fit mourir les saints et les martyrs dans Rome,
Mon coeur, qui n’a changé que de liens et de voeux,
Eprouve en lui l’amour et l’angoisse de l’homme.

Dites, quel est le pas
Des mille pas qui vont et passent
Sur les grand’routes de l’espace,
Dites, quel est le pas
Qui doucement, un soir, devant ma porte basse
S’arrêtera ?

Je saisirai les mains, dans mes deux mains tendues,
A cet homme qui s’en viendra
Du bout du monde, avec son pas ;
Et devant l’ombre et ses cent flammes suspendues
Là-haut, au firmament,

Nous nous tairons longtemps
Laissant agir le bienveillant silence
Pour apaiser l’émoi et la double cadence
De nos deux coeurs battants.

Il n’importe d’où qu’il me vienne
S’il est quelqu’un qui aime et croit
Et qu’il élève et qu’il soutienne
La même ardeur qui monte en moi.

Alors combien tous deux nous serons émus d’être
Ardents et fraternels, l’un pour l’autre, soudain,
Et combien nos deux coeurs seront fiers d’être humains
Et clairs et confiants sans encor se connaître !

On se dira sa vie avec le désir fou
D’être sincère et d’être vrai jusqu’au fond de son âme,
De confondre en un flux : erreurs, pardons et blâmes,
Et de pleurer ensemble en ployant les genoux.

Oh ! Belle et brusque joie ! Oh ! Rare et âpre ivresse !
Oh ! Partage de force et d’audace et d’émoi,
Oh ! Regards descendus jusques au fond de soi
Qui remontez chargés d’une immense tendresse,
Vous unirez si bien notre double ferveur
D’hommes qui, tout à coup, sont exaltés d’eux-mêmes
Que vous soulèverez jusques au plan suprême
Leur amour pathétique et leur total bonheur !

Et maintenant
Que nous voici à la fenêtre
Devant le firmament,
Ayant appris à nous connaître
Et nous aimant,
Nous regardons, dites, avec quelle attirance,
L’univers qui nous parle à travers son silence.

Nous l’entendons aussi se confesser à nous
Avec ses astres et ses forêts et ses montagnes
Et sa brise qui va et vient par les campagnes
Frôler en même temps et la rose et le houx.

Nous écoutons jaser la source à travers l’herbe
Et les souples rameaux chanter autour des fleurs ;
Nous comprenons leur hymne et surprenons leur verbe
Et notre amour s’emplit de nouvelles ardeurs.

Nous nous changeons l’un l’autre, à nous sentir ensemble
Vivre et brûler d’un feu intensément humain,
Et dans notre être où l’avenir espère et tremble,
Nous ébauchons le coeur de l’homme de demain.

Dites, quel est le pas
Des mille pas qui vont et passent
Sur les grand’routes de l’espace,
Dites, quel est le pas
Qui doucement, un soir, devant ma porte
S’arrêtera ?

(Emile Verhaeren)

Illustration: Erik Johansson

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L’ESPÉRANCE MORTE (Edmond Pilon)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



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L’ESPÉRANCE MORTE

Sur le bord du bassin trois Reines se penchent :
Trois Reines, la Bleue et la Rouge et la Blanche :
Sur le bord du bassin de verte espérance
Trois Reines se penchent vers l’attirance
De leurs beaux visages mirés dans l’eau,
Trois Reines se penchent sur le bateau…

Trois Reines se penchent, et la première
Laisse tomber ses bagues dans le courant.

Ses bagues, ses roses, ses bagues d’argent,
Laisse tomber ses bijoux dans la rivière…
Trois Reines se penchent, la Reine Bleue
S’approche et se penche et se courbe un peu…

Trois Reines se penchent, et la seconde,
La Rouge, et puis celle aux deux mains si blondes…
Trois Reines se penchent, la Reine Rouge
Regarde l’Etoile dans l’eau qui bouge,
Laisse choir des lys, et sa sœur aux yeux bleus
Laisse choir l’éclat de ses beaux cheveux :

Au bord du bassin, trois Reines se penchent,
Trois Reines : la Rouge, et la Bleue, et la Blanche,
Trois Reines se penchent vers l’Espérance…
Mais l’Espérance est morte, et l’eau la balance,
Et les trois Reines voient sur son front qui dort
Passer les poissons roses dans les joncs d’or…

(Edmond Pilon)

 

 

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Grand Maître des absences (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



Nul ne sait, combien ce qu’il refuse,
l’Invisible, nous domine, quand
notre vie à l’invisible ruse
cède, invisiblement.

Lentement, au gré des attirances
notre centre se déplace pour
que le coeur s’y rende à son tour
lui, enfin Grand Maître des absences.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Cyn McCurry

 

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Attirance compulsive (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Attirance compulsive pour les bibliothèques.
Lectures intensives.
Je ne retiens jamais les titres.
Je ne pourrai jamais tout lire.
Si un livre était fait pour moi, que je ne l’ouvrais jamais ;
Si je passais à côté pour toujours ?

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Voici la forme féminine (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018




Voici la forme féminine,
Elle exhale de la tête aux pieds un rayonnement divin,
Elle attire d’une ardente, d’une indéniable attirance,
Son haleine m’aspire comme si je n’étais qu’une vapeur sans poids,
tout s’efface excepté moi et elle,
Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide,
et ce qu’on attendait du ciel ou redoutait de l’enfer,
tout cela maintenant, s’est consumé,
Des filaments fous, d’irrésistibles jaillissements sortent d’elle
la réponse de même irrésistible,
Chevelure, poitrine, hanches, souplesse des jambes,
mains nonchalantes qui retombent en s’égarant,
les miennes s’égarant trop,
Reflux mordu par le flux et flux mordu par le reflux,
chair d’amour qui se gonfle et délicieusement a mal,
Jets d’amour sans limites, limpides et chauds, énormes,
tremblante gelée d’amour, blanche éclosion, suc en délire,
Nuit du nouveau marié travaillant sûrement et doucement
dans l’aube étale,
Ondulant dans le jour qui consent et cède,
Perdu dans la fente du jour dont l’étreint l’odorante chair.

(Walt Whitman)

Illustration: Théodore Chassériau

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L’IMMINENCE (Benoît Casas)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Françoise Martin-Marie
    
L’IMMINENCE de
cette application muette
à se laisser
attirer par l’attirance

(Benoît Casas)

 

Recueil: Diagonale
Traduction:
Editions: Nous

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’attirance entre les êtres repose sur le rayonnement (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2016



L’attirance entre les êtres
repose sur le rayonnement.

Si l’on est dans des dispositions négatives,
du fait des sentiments de culpabilité, d’angoisse, d’infériorité,
on n’attire personne,
parce que l’on n’a pas de rayonnement.

Tout repose ainsi sur deux pôles,
qui doivent s’accorder.

(Etty Hillesum)

 

 

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