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Poésie

Posts Tagged ‘attiré’

La faculté poétique (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



La faculté poétique, qui, ne résidant pas dans une capacité de l’esprit,
mais qualifiant une certaine relation de cet esprit avec le Réel…
suppose à chaque instant tout le Réel autour de lui
comme un cadre d’action excessivement élargi
et à travers lequel il sera, du dehors comme du dedans,
attiré ou poussé vers la vérité.

(Joë Bousquet)

Illustration: Christian Schloe

 

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CRÉATION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
CRÉATION

Le corps veut le monde,
des sillons le traversent,

des chemins défoncés
le parcourent.

Attiré, l’oeil
s’essaie à voir
le ciel ouvert.
Des vols de nuages
montrent l’espace.

Ils amplifient les sens,
ils assaillent le corps
pour qu’il accueille ce qui est perceptible

La rencontre.

***

SCHÖPFUNG

Der Leib will die Welt,
durch ihn sind Furchen,

aufgerissene Wege
gehen ihn.

Angelockt, zu sehen,
versucht das Auge
den geöffneten Himmel.
Wolkenflüge
zeigen den Raum.

Sie vermehren die Sinne,
sie überstürzen den Leib,
Sichtbarkeit anzunehmen

Die Begegnung.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Le silence se loge dans les blessures (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 

Le silence se loge dans les blessures
qui séparent les mots

dehors
le soleil fait chanter ses mendiants
d’herbe folle

dedans tu seras un port
et moi un voyageur qui débarque
attiré par la lumière cachée

sous les draps

(Luis Mizón)

Illustration: Fritz Zuber-Buhler

 

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J’aime sous les voûtes les silences argentés (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



J’aime sous les voûtes les silences argentés
Des Te Deum, le mouvement des requiem,
A Saint-Isaac (chacun lui doit reconnaissance)
Le rite émouvant de l’office des morts.

Et la démarche mesurée du prêtre,
La lente élévation du Saint Suaire,
Et dans la nasse ancienne l’obscurité de Génésareth —
L’obscurité du Grand Carême.

La fumée biblique sur les autels fervents,
L’exclamation mélancolique du prêtre,
L’humble en gloire — chasubles effarouchées
Et neige pure sur les épaules.

Cathédrales éternelles de Sophie et de Pierre,
Granges du bien universel,
Réservoirs d’air et de lumière,
Silos du Nouveau Testament.

Non ce n’est pas vers vous qu’au temps des lourds désastres
Est attiré l’esprit. Ici, sur les larges degrés sinistres
Du malheur rampe la trace du loup.
Jusqu’à la fin des temps nous lui serons fidèles.

Vu que l’esclave est libre ayant vaincu sa peur
Et que nous fut à profusion gardé
Dans les greniers ombreux et les coffres profonds
Le grain de la foi profonde et parfaite.

(Ossip Mandelstam)

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Attiré par la robe rouge (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
Attiré par la robe rouge d’une inconnue
mon regard porte au fond d’une boutique obscure
qui vend aiguilles, passementeries,
fourbis désuets de mercière.

Je voudrais à mon tour
pénétrer dans cette ombre, parler à la passante
de bolducs, de gros-grains.
ensuite ? Salon de thé pour toutes deux, madeleines,
menues confidences.

Mais des autobus couinent, la rue
dresse un barrage contre la dame de mes voeux.

J’ai perdu peut-être
une rencontre doucement surannée, une amie ?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Les anges (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



« Les anges – disait-il encore –
sont tantôt en haut, tantôt en bas;
attirés autant par les gouffres
que par les sommets.

(Edmond Jabès)

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Le gant de crin (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



Le gant de crin

Je ne suis pas, au surplus, à la recherche d’une forme quelconque.
Je n’en connais pas qu’il me plairait de revêtir.
Si j’en connaissais une toute prête,
je n’aurais même pas le courage de tenter le moindre effort pour l’atteindre.

Le poète doit chercher, partout et en lui-même, la vraie substance poétique,
et c’est cette substance qui lui impose la seule forme qui lui soit nécessaire.
Mais, ce qui m’absorbe plus que tout autre détail du problème,
c’est cette identité de la destinée poétique et de la destinée humaine.

Cette marche incertaine et précaire sur le vide, aspiré par en haut, attiré par en bas,
avec l’effroi à peine contenu d’une chute sans nom
et l’espoir toujours mal chevillé d’une fin ou d’un éternel commencement
dans l’éblouissement sans tourbillon de la lumière.

(Pierre Reverdy)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

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J’écris pour voir ce qui reste à l’extérieur (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



heather-dohollau

J’écris pour voir ce qui reste à l’extérieur,
qui vient s’appuyer contre la vitre du texte.
Le presque oublié, attiré par un mot, une couleur, l’air.
D’un lieu d’où je me suis retournée pour regarder ailleurs.
L’arrière-plan éternel, éternellement au-devant de moi

(Heather Dohollau)

 

 

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Toutes mes heure (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2015



Toutes mes heures me semblent
le trou qu’une étoile attirée
vers mon néant, par ma ferveur,
brûle en mon âme.

Ah,fine toile de ma vie,
trouée comme une pauvre étoffe,
dont chaque trou noir et magique
laisse voir une vivante étoile !

***

Cada hora mía me parece
el agujero que una estrella
atraída a mi nada, con mi afán,
quema en mi alma.

Y¡ay, cendal de mi vida,
agujereado como un paño pobre,
con una estrella viva viéndose
por cada májico agujero oscuro!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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MER DU NORD (Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2015




MER DU NORD

La chaîne de vos regards se décroche du quai.
Entre les cargos rouges et gris
Qui croisent les drapeaux
De brumes blanches des voiliers,

Mon esprit voyage,
Sur leurs panaches d’écumes,
Je deviens plumes d’oiseaux
Attirées dans leur sillage.

(Dominique Joye)

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