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Posts Tagged ‘attitude’

ECCE HOMO (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020




    

ECCE HOMO

Tout ce qu’on voit est le jeu des reflets
De la grande, incertaine vérité,
Voilée, dévoilée, celle qu’on arrache
A l’infiniment fugace infini.

Mais chacun prend l’attitude qu’il peut,
Volant, couché, se dressant, accoudé
Sur le rocher, orgueilleux ou petit,
Pour contempler ou l’azur ou l’abîme.

Au loin les éperviers tournent et guettent
Et dans l’eau veillent les requins agiles,
Pendant qu’impassible un soleil éclaire
Le monde tordu par tant de tempêtes.

Mais tu es l’homme Et, là-haut, tu dois rompre,
Parmi les loups, un rameau d’olivier
Chargé de fleurs qui appellent la paix.
A toi de décider ce que tu fais.

(Mihai Beniuc)

 

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Dure Limite (Téléphone)(Jean-louis Aubert)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 

 
    
Dure Limite

Est-ce l’envie?
Ou est-ce ton corps?
Est-ce notre vie
Qui fait que ça dure encore?

Est-ce ton bonheur?
Où est-ce mon honneur
qui me tient prisonnier
ou qui me fait geôlier?

Est-ce l’habitude,
Toujours la même attitude,
le vide de chaque jour,
Ou le manque d’amour?

Est-ce l’amour,

Étrange amour ?
Est-ce la douceur
de tes caresses mon cœur?

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Mur, tessons de bouteilles
Grilles et chiens qui veillent
Chacun sur ses gardes, qui monte la garde
Les frontières, échecs d’hier
Les autres terres, tous nos cimetières

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Dure limite, mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr {2x}

Et le mur de Berlin n’a pas,
n’a pas de fin
Non le mur de Berlin,
t’en as un, j’en ai un
Il coupe la terre en deux,
comme une grosse pomme
Il coupe ta tête en deux,
comme la première pomme un peu
Il coupe ta tête en deux
et te fait femme ou homme,
si tu veux
Puis il serpente entre deux terres
et te fait faire toutes les guerres,
toutes les guerres

Une dure limite, un mur d’amour
Une dure limite
Moeurs d’amour, mœurs d’amour
Une dure, dure, dure limite {3x}
Dure limite

(Téléphone)(Jean-louis Aubert)

 

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Chant pour des ans à venir (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Chant pour des ans à venir

C’était en revenant de la maison des rêves (je sais que tu ne m’aimes pas).
Tous les enfants étaient partis et l’herbe était devenue noire et plus un oiseau ne chantait.
J’avais erré longtemps, tous les livres s’étaient refermés pour moi
et je n’avais rien retenu de toutes leurs amours.

J’étais seul.

Tous les sentiers que je suivais
menaient vers la même eau calme et sombre, sous des lunes.
Je tournais en rond dans un sablier têtu et triste,
je repassais vingt fois devant man enfance au soleil et des fiançailles fanées.
Rien.
Plus une porte.

J’ensanglantais mes doigts à des murs invisibles.
Des journées vertes et douces défilaient, lointaines, silencieuses.
Je voyais se lever des tours et des palais, des ombres de futaies et des festins heureux.
Des visages perdus depuis toujours me souriaient gravement.
Une brume ténue voilait des gestes et des attitudes.
I1 y avait comme des puits, luisants et pleins de menace,
où je ne distinguais rien, m’y penchant.

Sous mes yeux, de grands pans de mon passé s’écroulaient, tranquilles et chastes.
Ma vie était dans une cendre mélancolique et froide que pas un souffle ne pouvait chasser.
J’allais, j’allais longtemps encore dans des plaines muettes.
Et plus tard, quand la nue fut percée, je ne vis plus qu’un grand fantôme,
ivre comme de vin, qui titubait sous le ciel bas
et qui jetait au vent des lambeaux de son linceul
jaune et sale.

(Robert Momeux)


Illustration: Odilon Redon

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Où aller ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.

***

O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.

Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug

sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.

Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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La beauté (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Albert-Ernest Carrier

 

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Pour combattre ma tendance au silence (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: https://wordart.com/
    
Pour combattre ma tendance au silence (comme on dit « tendance au suicide »),
il n’y avait que des mots, rien que des mots pour m’en sortir.

Les mots m’ont appris à reconnaître les choses, les arbres, les fleurs,
les styles d’architecture, les individus, les attitudes et même les rêves.
Ainsi, les mots m’ont-ils appris à dessiner.

Ce sont mes seuls maîtres, ils me tiennent éveillé, comme des vigiles.
J’ aimerais pouvoir m’en défaire. Mais ce n’est pas possible.

Ils existent sans moi, impavides et dominateurs.
Ce sont les souverains du silence.

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

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AMIS D’AMOUR (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
AMIS D’AMOUR

Restons amis, veux-tu? Rien qu’amis. L’attitude
En vaudra mieux, crois-moi, que de trouver un jour
Le premier abandon qui fait la solitude,
Nos sentiments fanés, d’anciens rêves d’amour !

Je suis émerveillé d’un rêve, que j’ignore…
Je crois en toi, mais davantage en l’amitié.
Restons ainsi, pour être un peu pareils encore :
N’est-ce pas suffisant, le bonheur à moitié ?

Amis, n’est-ce pas beau? Le soir ardent qui frôle
M’émeut profondément, ô mystère caché !
J’ai posé doucement ma tête à ton épaule :
Ton visage n’en est plus doux ni plus fâché…

Et c’est un geste las dont l’amour est complice ;
Tout bas, nous nous disons : un geste indifférent !
Cela parait une eau qui se sille et se lisse,
Quand le désir, parfois, apporte son courant.

Puis nous disons des mots quelconques… Nonchalance
D’un langage d’amour, dans les soirs éperdus.
Et nous nous comprenons avec des yeux d’absence,
Et ces mots — semble-t-il — étaient ceux attendus.

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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Huitième élégie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
De tous ses yeux la créature voit l’Ouvert.
Seuls nos yeux sont comme retournés et posés autour d’elle
tels des pièges pour encercler sa libre issue.

Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons
que par les yeux de l’animal.
Car dès l’enfance on nous retourne
et nous contraint à voir l’envers,
les apparences, non l’ouvert,
qui dans la vue de l’animal est si profond.
Libre de mort.

Nous qui ne voyons qu’elle, alors que l’animal
libre est toujours au-delà de sa fin:
il va vers Dieu; et quand il marche,
c’est dans l’éternité, comme coule une source.

Mais nous autres, jamais nous n’avons un seul jour
le pur espace devant nous, où les fleurs s’ouvrent
à l’infini. Toujours le monde, jamais le
Nulle part sans le Non, la pureté
insurveillée que l’on respire,
que l’on sait infinie et jamais ne désire.

Il arrive qu’enfant l’on s’y perde en silence,
on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort
mais au-delà, avec le grand regard de l’animal,
peut-être. Les amants, n’était l’autre qui masque
la vue, en sont tout proches et s’étonnent…

Il se fait comme par mégarde, pour chacun,
une ouverture derrière l’autre…
Mais l’autre, on ne peut le franchir, et il redevient monde.
Toujours tournés vers le créé nous ne voyons
en lui que le reflet de cette liberté
par nous-même assombri.
A moins qu’un animal, muet, levant les yeux,
calmement nous transperce.

Ce qu’on nomme destin, c’est cela: être en face,
rien d’autre que cela, et à jamais en face.

S’il y avait chez l’animal plein d’assurance
qui vient à nous dans l’autre sens une conscience
analogue à la nôtre –, il nous ferait alors
rebrousser chemin et le suivre. Mais son être
est pour lui infini, sans frein, sans un regard
sur son état, pur, aussi pur que sa vision.
Car là où nous voyons l’avenir, il voit tout
et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.

Et pourtant dans l’animal chaud et vigilant
sont le poids, le souci d’une immense tristesse.
Car en lui comme en nous reste gravé sans cesse
ce qui souvent nous écrase, – le souvenir,
comme si une fois déjà ce vers quoi nous tendons avait été plus proche,
plus fidèle et son abord d’une infinie douceur.

Ici tout est distance, qui là-bas était souffle.
Après cette première patrie, l’autre lui semble équivoque et venteuse.
Oh! bienheureuse la petite créature
qui toujours reste dans le sein dont elle est née;
bonheur du moucheron qui au-dedans de lui,
même à ses noces, saute encore: car le sein
est tout. Et vois l’oiseau, dans sa demi-sécurité:
d’origine il sait presque l’une et l’autre chose,
comme s’il était l’âme d’un Etrusque
issue d’un mort qui fut reçu dans un espace,
mais avec le gisant en guise de couvercle.

Et comme il est troublé, celui qui, né d’un sein,
doit se mettre à voler!

Comme effrayé de soi,
il sillonne le ciel ainsi que la fêlure à travers une tasse,
ou la chauve-souris qui de sa trace raie le soir en porcelaine.

Et nous: spectateurs, en tous temps, en tous lieux,
tournés vers tout cela, jamais vers le large!
Débordés. Nous mettons le l’ordre. Tout s’écroule.
Nous remettons de l’ordre et nous-mêmes croulons.

Qui nous a bien retournés que de la sorte
nous soyons, quoi que nous fassions, dans l’attitude du départ?
Tel celui qui, s’en allant, fait halte sur le dernier coteau
d’où sa vallée entière s’offre une fois encor, se retourne et s’attarde,
tels nous vivons en prenant congé sans cesse.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Élégies de Duino
Traduction: François-René Daillie
Editions: La Différence

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MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES

Les aigles des chaises curules
Dans ce royaume bordé des bois
Volaient parfois au crépuscule
Puis reprenaient leur quant-à-soi,
Leurs hiératiques attitudes
Dans les hautes salles d’études.

Les brebis des chambres des reines
Paissant sur champ de fleurdelys,
Broutant l’ombre et la solitude,
A bruit menu comme une pluie,
Soudain gagnaient d’un bond le ciel,
Brebis silence constellées.

Les feux du Bélier, du Centaure
L’étoile qui monte à regret,
Seule, au front noir d’une forêt,
Les divagations des astres,
Tournent sans bruit sur nos cadastres,
Sur nos collines désolées.

Mais le sort que tu m’as jeté,
Secret comme le coeur des roses,
Ouvre d’autres métamorphoses,
Mais le sort que tu m’as jeté
Il me semble une apothéose
Et flambe en moi comme un été.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES PROMENEUSES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Paul Delvaux

 

LES PROMENEUSES

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
— Balcons de fleurs, rampes de flammes —
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.

Le travail de la ville et s’épuise et s’endort :
Une atmosphère éclatante et chimique
Étend au loin ses effluves sur l’or
Myriadaire d’un grand décor panoramique.

Comme des clous, le gaz fixe ses diamants
Autour de coupoles illuminées ;
Des colonnes passionnées
Tordent de la douleur au firmament.
Sur les places, des buissons de flambeaux
Versent du soufre ou du mercure ;
Tel coin de monument qui se mire dans l’eau
Semble un torse qui bouge en une armure.

La ville est colossale et luit comme une mer
De phares merveilleux et d’ondes électriques,
Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre’,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Ce sont de très lentes marcheuses solennelles
Qui se croisent, sous les minuits inquiétants,
Et se savent, — depuis quels temps ? —
Douloureuses et mutuelles.

En pleurs encor d’un trop grand deuil,
Tels yeux obstinés et hagards
Dans un nouveau destin ont rivé leurs regards,
Comme des clous dans un cercueil.

Telle bouche vers telle autre s’en est allée,
Comme deux fleurs se rencontrent sur l’eau.
Tel front semble un bandeau
Sur une pensée aveuglée.

Telle attitude est pareille toujours ;
Dans tel cerveau rien ne tressaille.
Quoique le coeur, où le vice travaille,
Batte âprement ses tocsins sourds.

J’en sais dont les robes funèbres
Voilent de pâles souliers d’or
Où son rêve d’État strict et géométrique
Tranquillisait l’aboi plaintif des lâchetés.

Il se sentait la force étroite et qui déprime,
Tantôt sournois, tantôt cruel et contempteur,
Et quand il se dressait de toute sa hauteur
Il n’arrivait jamais qu’à la hauteur d’un crime.

Planté devant la vie, il l’obstrua, depuis
Qu’il s’imposa sauveur des rois et de lui-même
Et qu’il utilisa la peur et l’affre blême
En des complots fictifs qu’il étranglait, la nuit.

Si bien qu’il apparaît sur la place publique
Féroce et rancunier, autoritaire et fort,
Et défendant encor, d’un geste hyperbolique,
Son piédestal massif comme son coffre-fort.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Delvaux

 

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