Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘auditeur’

La poésie crie plus de réalité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: René Magritte
    
La poésie crie plus de réalité,
ajoute du réel au réel,
elle est réalité.

Et le poème, qui apparaît ainsi comme une organisation
ou une structure ouverte, intentionnellement incomplète,
puisqu’elle devra se compléter chez le lecteur ou l’auditeur,
s’impose parfaitement à nous comme une présence.
Et c’est le poème comme présence qui va au-delà des affirmations et des explications,
pour configurer cette efficace plus que logique et non discursive qu’est la poésie.

Partant, le poème rompt encore la solitude de l’homme, lui sert de compagnie essentielle
et l’aide à transcender le jeu ténébreux des questions et des réponses.

Voilà pourquoi la poésie est le plus grand réalisme possible,
même si les naïfs, les ignorants et les arrogants la considèrent comme une abstraction,
une évasion ou une velléité subsidiaire de la toute-puissance politique ou idéologique.
Oui, la poésie est le plus grand réalisme possible.

Elle franchit même l’obstacle du nom des choses,
pour les nommer d’une autre façon,
loin du leurre et de l’arbitraire de l’étiquette.
Elle dé-nomme, comme l’ont souligné Roger Munier

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ils ne croient pas que la vie les aime (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Illustration: Josephine Wall
    
«Ils ne croient pas que la vie les aime,
qu’elle est capable de se répandre entière :
il suffirait pourtant que le regard qu’ils posent soudain sur elle
soit réellement ému, et appelle. »

«Quel effort serait-ce pour eux de desserrer enfin les lèvres
et de prononcer : « bien aimée » ?
Dites-moi. »

[…]

«Tout variera, simplement, d’un auditeur à l’autre. »

« Un qui commencera par ne pas comprendre,
car il sera frappé de plein fouet, trop directement,
pourra quelques instants plus tard se mettre à entendre. »

«Alors, immédiatement, je serai sur sa bouche. »

« Et j’ouvrirai mon ciel entier. »

« À la circulation d’amour. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui es-tu et d’où viens-tu ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

    
Qui es-tu et d’où viens-tu ?

Où réside l’Esprit suprême et comment peut-il
se mêler à tous les jeux de la Création ?

Le feu est dans le bois; mais qui le réveille soudain ?
Le bois devient cendre et où va la force du feu ?

Le vrai Maître nous enseigne que l’Esprit n’a ni limite ni infinité.
Kabîr dit : « Brahma adapte sa parole à l’intelligence de ses auditeurs. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MERVEILLES DU CERCLE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2015




MERVEILLES DU CERCLE

Quand l’orateur parle
des merveilles du cercle
on en voit s’augmenter
l’envergure du temps
les auditeurs s’animent
une femme au nom usurpé
cherche à comprendre
avec de grands yeux noirs
des rides profondes au front.
Pour chacun bientôt les couleurs changent.

(Jean Follain)

Illustration: Fabrice Vacherot

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :