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Posts Tagged ‘aujourd’hui’

Il n’y a pas de passé (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




Il n’y a pas de passé.
Il n’y a qu’aujourd’hui et, dans aujourd’hui,
serrés et brûlants comme à l’intérieur d’une clochette de muguet,
tous les morts que nous avons aimés.

(Christian Bobin)

 

 

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Je me demande (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2021




    
Je me demande

Voici mon visage aujourd’hui, rien à faire.
Des cernes marqués, des cheveux mal coiffés,
des lèvres gonflées. C’est tout.
Je me demande, car je peux le faire,
à quoi ressemblera aujourd’hui ton visage ;
pendant que ton cœur bat à rebours,
depuis quatre ans déjà,
sous terre.

***

Me pregunto

Definitivamente este es mi rostro de hoy.
Ojeras marcadas, pelo desparejo;
los labios hinchados. Nada más.
Me pregunto, porque puedo hacerlo,
cómo será tu rostro de hoy;
mientras tu corazón late al revés,
hace ya cuatro años
bajo la tierra.

(Fabián Casas)

 

Recueil: Le Voyage du saumon
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Julia Azaretto
Editions:

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La stratégie de l’extase (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Nathalie Mounier
    
La stratégie de l’extase

Esprit, fais-toi mer pour franchir la mer, nature pour surmonter la nature,
Mortel et agonisant pour devancer la mort et l’agonie.
Embrasse le monde afin de traverser le monde, d’absorber en toi tout l’espace et son temps !
Ton cœur fait monde, esprit, sans rien en retenir,
Par la grâce du saut léger te voilà sauvé de toi-même.
Mais le don ne s’achève qu’en te livrant à ce monde triste avec joie,
En t’y abandonnant dès aujourd’hui au risque de ta perte totale.
Au cœur de l’orage il y aura peut être un instant de rencontre:
Un seul éclair suffit, avant la dispersion mortelle dans la nuit.

(Claude Vigée)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Les temps vécus… (Gérard Berréby)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



    

Les temps vécus…

les temps vécus n’étaient pas ceux d’aujourd’hui
après avoir distillé
la discorde à tous les étages
nous voilà bardés
d’incertitudes majeures
apeurés et perdus
le bruit de l’impuissance
les gens meurent et d’autres parlent
trop beaucoup trop
il n’y a plus de place dans les cimetières
l’espace se rétrécit
le temps se dilate
les heures se confondent
et les jours s’éloignent
la maladie d’un monde malade
peur angoisse terreur
suintent sous le masque tragique
des apparences

(Gérard Berréby)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Silence des mots
Traduction:
Editions: Allia

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Le mouchoir (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration: Simone Massi
    
Le mouchoir

Ce sont ses mains
qui l’ont lavé
repassé

plié

ses mains
qui l’ont déposé
sur la pile

dans l’armoire

ses mains
qui ont refermé les portes
de l’armoire

et que l’on a refermées
sur elles-mêmes

et sur nous

Ses mains
grattaient à la porte des robes
des chemises

et du linge de maison

même quand le linge
et la maison avaient disparu

de ses mains

Ses mains glissaient
à vide

sur le drap

où son corps tournait
à vide

dans les draps

ses mains
que j’ai prises dans mes mains

le jour où ses yeux se sont ouverts
une dernière fois

au jour qui se ferma

à cinq heures de l’après-midi
ce jour-là

Ce sont les mains de ma mère qui ont lavé
repassé
plié

hier

le mouchoir
que je déplie
aujourd’hui

avec mes mains.

(Yvon Le Men)

 

Recueil: Les mains de ma mère
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Aujourd’hui (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Aujourd’hui,
elle peut aller sans elle.
Elle sait tout faire,
de toute chute,
des ailes secrètes.

(Bernard Montini)

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Le virus à maman (Pierre Perret)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2021




    
Le virus à maman

Avez-vous passé le virus à maman?
Voilà, voilà, comment on s’y prend
La toute première fois on n’pense pas à mal
Aujourd’hui l’virus ça semble banal
On va à l’EHPAD faire des embrassades
À sa pauv’ maman que le dentier fout le camp
En plus d’être cardiaque elle s’paye un cancer
Heureusement pour elle qu’elle a un Alzheimer
Virus passé, pour commencer
T’as des tuyaux plein les trous d’nez
S’il prolifère, là c’est plus moche
T’as plus qu’à faire sonner les cloches
Pour passer l’année sans choper le virus
Voilà, voilà, il faut de l’astuce
Avant qu’il n’attaque faut changer ton masque
Puis te faire tester toutes les cavités
Fais bien le contraire de c’qu’y disent de faire
Car on sait maintenant qu’ils se gourent tout l’temps
Après l’confinement, si y’a moins d’macchabés
Après l’couvre-feu y’a trois fois plus d’bébés
Leur confinement, leur couvre-feu
C’est blanc-bonnet mais pas blanc-bleu
La faute aux jeunes, la faute aux vieux
Faut un coupable, c’est jamais eux
Chez l’grand vizir et ses marquis
T’as l’remonte-pente mais pas les skis
Chez l’jupiter quoiqu’il goupille
On a l’bordel mais pas les filles
À l’Elysée la famille Tuche
Ils nous ont pris pour des nunuches
Vérantanplan et l’Salomon
Ils nous ont pris pour des couillons

(Pierre Perret)

 

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Jadis, la Seine était verte et pure (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    
À mes jeunes camarades, aux équipiers du Club nautique de Chatou

Jadis, la Seine était verte et pure à Saint-Ouen,
Et, dans cette banlieue aujourd’hui sale et rêche,
J’ai canoté, j’ai même essayé de la pêche.
Le lieu semblait alors champêtre. Que c’est loin !

On dînait là. Le beurre, au cabaret du coin,
Était rance, et le vin fait de bois de campêche.
Mais les charmants retours, sur l’eau, dans la nuit fraîche,
Quand, sur les prés fauchés, flottait l’odeur du foin !

Oh ! quels vieux souvenirs et comme le temps marche !
Pourtant je vois encor le couchant, sous une arche,
Refléter ses rubis dans les flots miroitants.

Amis, embarquez-moi sur vos bateaux à voiles,
Par un beau soir, à l’heure où naissent les étoiles,
Afin que je revive un peu de mes vingt ans.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Mon père, quelle tristesse ! (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



    

Mon père, quelle tristesse !
Aujourd’hui encore lassé de lire le journal,
je me suis amusé avec les fourmis du jardin.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Dans l’attente de quelque manne (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



Illustration: Eve Carton
    
Dans l’attente de quelque manne qui me parviendrait.
Tour à tour debout et allongé,
j’ai vécu aujourd’hui.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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