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Poésie

Posts Tagged ‘auréole’

VALSES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




    
VALSES

Un prénom cendre d’un souvenir
lumière qui s’éteint et s’éteindra
nuage qui se dissipe déjà et pour toujours
Presque rien qu’un regret mort-né
auréole qui n’existait même pas
que dans les mains que l’on offrait
dans la douceur de l’automne
C’est l’hiver qu’on aimait
comme une valse lente d’autrefois
« Lorsque tout est fini »
ou bien ou bien ou bien
une autre valse chez un antiquaire
« Quand l’amour meurt »
Enfant on ne pouvait pas comprendre
ces refrains qu’on ne peut tout de même pas oublier
et qui demeurent comme une couronne d’épines
couronne de souvenirs oubliés

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Le bleu regard (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020



 

Anne-Marie Zilberman (25)

lorsque le corps vidé

d’avoir pleuré le jour
d’avoir pleuré la joie

(gerbe d’angoisse)

de chaume auréolé
on croise

le bleu regard qui fait jouir

(Martine Broda)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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C’était un soir de féeries (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (93)

C’était un soir de féeries,
De vapeurs enrubannées,
De mauve tendre aux prairies,
En la plus belle de tes années,

Et tu disais — écho de mon âme profonde, —
Sous l’auréole qui te sacre blonde
Et dans le froissement rythmique de soies :
« Tout est triste de joies ;
Quel deuil emplit le monde ?
Tout s’attriste de joies ».

Et je t’ai répondu, ce soir de féeries
Et de vapeurs enrubannées :
« C’est qu’en le lourd arôme estival des prairies,
Seconde à seconde,
S’effeuille la plus belle de tes années ;
Un deuil d’amour est sur le monde
De toutes les heures sonnées ».

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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N’est-il une chose au monde, Chère, à la face du ciel (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Harumi Asada 02 [1280x768]

N’est-il une chose au monde,
Chère, à la face du ciel
— Un rire, un rêve, une ronde,
Un rayon d’aurore ou de miel —

N’est-il une chose sacrée,
— Un livre, une larme, une lèvre,
Une grève, une gorge nacrée,
Un cri de fierté ou de fièvre —

N’est-il une chose haute,
Subtile et pudique et suprême
— Une gloire, qu’importe ! une faute,
Auréole ou diadème —

Qui soit comme une âme en notre âme,
Comme un geste guetté que l’on suive,
Et qui réclame, et qui proclame,
Et qui vaille qu’on vive ?…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Harumi Asada

 

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Tristesse pourquoi pas (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



Tristesse pourquoi pas
mais non
tristesse vitre sale crachant sa vilenie
sur tous les paysages
non tristesse
dent pourrie interdisant tout sourire
non tristesse tache de gras sur
la soie naturelle de cette mer
de cet air
Tristesse ah pourquoi pas
avance sur
moi mais joue de la harpe
couvre-moi de deuil
sans courber mes épaules
sois une auréole
de lumière noire sur ma tête

***

Tristeza ah porque nâo

Tristeza ah porque nâo
mas nâo
tristeza vidro sujo a cuspir sua vileza
sobre todas as paisagens
nâo tristeza
dente podre a proibir qualquer sorriso
nâo tristeza nôdoa de gordura sobre
a seda natural deste mar
deste ar
Tristeza ah porque nâo
avança sobre
mim mas toca harpa
cobre-me de luto
sem vergar meus ombras
sê uma auréola
de negra luz sobre a minha cabeça

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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N’est-il une chose au monde, Chère, à la face du ciel (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Nicholas Roerich . Song of Shambhala

« N’est-il une chose au monde,
Chère, à la face du ciel
– un rire, un rêve, une ronde,
Un rayon d’aurore ou de miel

N’est-il une chose sacrée
– un livre, une larme, une lèvre,
Une grève, une gorge nacrée,
Un cri de fierté ou de fièvre

N’est-il une chose haute,
Subtile et pudique et suprême
– Une gloire, qu’importe! une faute,
Auréole ou diadème

Qui soit comme une âme en notre âme,
Comme un geste guetté que l’on suive,
Et qui réclame, et qui proclame,
Et qui vaille qu’on vive?… »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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D’UNE DUNE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
D’UNE DUNE

Les dunes
les auréoles à leur sommet
l’azur tout rond
les vaguelettes du ciel
le sable
les cris transpercés de fuites
l’harmonie
le commencement d’un monde
d’une première note
d’un espace premier
les débris de coquillages
le frétillement d’eau
l’envol
l’apesanteur intime
l’oubli
les dunes

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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LE TOUCHER (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019




    
LE TOUCHER

Tu ne m’as pas touchée encore

l’amour passe par les yeux
et descend dans le coeur
l’amour de loin nous exerce
et nous perfectionne

mais qui

pourrait me toucher à présent
sinon toi ?

je circule dans l’air
dans ce bois sacré
couloir de givre

dans cette auréole

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le bonheur (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



    

Le bonheur que vous me voulez, qu’en ferai-je?
M’asseoir à côté de tous vos saints assis
Dans vos jardins plus lumineux que la neige?
C’est bien de l’honneur mais, ô Père, merci!

Ah vous aurez beau ce soir me tenir prête
Une auréole, ô vous qui n’avez permis
Jamais qu’en tremblant j’aille cacher ma tête
Pour y dormir dans l’ombre de mon ami.

Vous aurez beau maintenant me faire entendre
A l’oreille les sept voix du Saint-Esprit,
Quel Verbe, si Dieu soit-il, pourra me rendre
Le mot d’amour que personne ne m’a dit ?

(Marie Noël)

 

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Unité (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Unité

Par-dessus l’horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l’éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j’ai des rayons aussi !» lui disait-elle.

(Victor Hugo)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

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