Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘auréole’

Unité (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Unité

Par-dessus l’horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l’éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j’ai des rayons aussi !» lui disait-elle.

(Victor Hugo)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

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Épisode (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Épisode

Un soir favorisé de colombes sublimes,
La pucelle doucement se peigne au soleil.
Aux nénuphars de l’onde elle donne un orteil
Ultime, et pour tiédir ses froides mains errantes
Parfois trempe au couchant leurs roses transparentes.
Tantôt, si d’une ondée innocente, sa peau
Frissonne, c’est le dire absurde d’un pipeau,
Flûte dont le coupable aux dents de pierrerie
Tire un futile vent d’ombre et de rêverie
Par l’occulte baiser qu’il risque sous les fleurs.

Mais presque indifférente aux feintes de ces pleurs,
Ni se se divinisant par aucune parole
De rose, elle démêle une lourde auréole ;
Et tirant de sa nuque un plaisir qui la tord,
Ses poings délicieux pressent la touffe d’or
Dont la lumière coule entre ses doigts limpides !
… Une feuille meurt sur ses épaules humides,
Une goutte tombe de la flûte sur l’eau,
Et le pied pur s’épeure comme un bel oiseau
Ivre d’ombre…

(Paul Valéry)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

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Telle que Viviane (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Telle que Viviane

LE blond zodiaque détruit
Ses énigmatiques algèbres,
Et les cygnes noirs de la nuit
Glissent sur un lac de ténèbres.

Tu me tends, d’un geste onduleux,
Tes mains où le lotus se fane.
A travers les feuillages bleus
Tu Souris, comme Viviane.

Je retrouve les chers poisons
Sous la langueur de ta parole,
Et les anciennes trahisons
Te nimbent, comme une auréole.

L’éclair des astres vient dorer
Le gris pervers de ta prunelle.
Ah ! comment ne point t’adorer
D’être perfide et d’être belle ?

(Renée Vivien)

Illustration: Gaston Bussière

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C’est l’instant qui est éternel (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Jeanie Tomanek summoningthestorm

C’est l’instant qui est éternel

C’est l’instant qui est éternel : il n’a de fin
qu’hors de lui ; et en lui explosent
et les signes et les songes, de ce qui n’est pas
le temps dont l’auréole déjà s’atténue.

Le vent qui s’est fait impétueux
fond et le feu et la cendre, il tisse
dans son contre-instant le plus sec
son repos désormais impossible.

Je suis là, lui hurles-tu, je suis là
les nids sont pleins de déplumés
qui guettent leurs ailes à l’éclair
des tempêtes. C’est ce qui reste de moi

de ces instants fatals d’une fête
renfermé dans ses immortels numéros.
Le pied déjà, ne foule plus les traces
de sa dernière mue.

Tout est sommeil, jusqu’au bonheur
Dans cette métamorphose des formes
dans leur ultime réalité — qui sait ?

(Piero Bigongiari)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Tu es mon auréole absente (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Tu es mon auréole absente

Mon armure enflammée, si je me désaltère
À ce fleuve d’absence il irrigue ma terre
D’angoisse — où je me vois comme un dragon sans feu
Sans arme, sans éclat,
mais reposant ses yeux.

(Olivier Larronde)

Illustration: William Blake

 

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Sur le ciel des marguerites (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration
    
Sur le ciel
des marguerites je marche.

J’imagine ce soir
que je suis un saint.
On a posé la lune
entre mes mains
et moi je l’ai remise
dans l’espace.
Et le Seigneur m’a fait don
de la rose et de l’auréole.

Et maintenant
je vais dans ce champ
pour délivrer les filles
des méchants galants
et donner des pièces d’or
à tous les garçons.

Sur le ciel
des marguerites je marche.

(Federico Garcia Lorca)

 

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LA DAME A LA LICORNE (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



LA DAME A LA LICORNE

Au clair de lune de son visage, la bête et l’épousée entrouvrent
des brocards de larmes et d’un autre sel.
Prisonnière des fleurs sans paupières,
les soies lui ouvrent l’azur et l’offrent au triple croissant.
Son repère est de fleurs ennemies, son ciel de terre élue et possédée d’oiseaux.
Les échos tiennent assemblée et l’arbre de science a des frères.
Stature de glacier ! Les joyaux torrentiels ont ses mains pour source
et sa forme humaine lui donne leur tombeau.
Au centre, je me change en écriture pour son auréole, à mon seul désir.

(Olivier Larronde)

 

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FLEUR D’ENFANCE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018




    
FLEUR D’ENFANCE

L’haleine d’une fleur sauvage,
En passant tout près de mon coeur,
Vient de m’emporter au rivage,
Où naguère aussi j’étais fleur :
Comme au fond d’un prisme où tout change,
Où tout se relève à mes yeux,
Je vois un enfant aux yeux d’ange :
C’était mon petit amoureux !

Parfum de sa neuvième année,
Je respire encor ton pouvoir ;
Fleur à mon enfance donnée,
Je t’aime ! comme son miroir.
Nos jours ont séparé leur trame,
Mais tu me rappelles ses yeux ;
J’y regardais flotter mon âme :
C’était mon petit amoureux !

De blonds cheveux en auréole,
Un regard tout voilé d’azur,
Une brève et tendre parole,
Voilà son portrait jeune et pur :
Au seuil de ma pauvre chaumière
Quand il se sauvait de ses jeux,
Que ma petite âme était fière ;
C’était mon petit amoureux !

Cette ombre qui joue à ma rive
Et se rapproche au moindre bruit,
Me suit, comme un filet d’eau vive,
À travers mon sentier détruit :
Chaste, elle me laisse autour d’elle
Enlacer un chant douloureux ;
Hélas ! ma seule ombre fidèle,
C’est vous ! mon petit amoureux !

Femme ! à qui ses lèvres timides
Ont dit ce qu’il semblait penser,
Au temps où nos lèvres humides
Se rencontraient sans se presser ;
Vous ! qui fûtes son doux Messie,
L’avez-vous rendu bien heureux ?
Du coeur je vous en remercie :
C’était mon petit amoureux !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Final (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 


    
Final

De même quand la vie laissée derrière
revient légère, à peine dans le pas
fugace de l’air, du nuage, du verre
qui au soleil irise son vide courbe,

de même, grissaille au lever du jour
ou ombre d’un oiseau sur le plafond,
et moins qu’image, que souvenir, survol
du baiser sur la bouche déjà oubliée,

j’assiste à ta naissance de l’absence,
auréole des jeux d’eau où tu t’amuses
avec l’enfance souple des reflets,

et à nouveau se hisse dans ce désert
ta dure essence qui me livre, amour,
à la vaine espérance du miroir.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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J’ai rêvé de toi (Jean-Claude Brinette)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Ton image est restée gravée dans ma mémoire
J’ai voulu t’échapper, te sortir de ma vie
Mais partout où je vais je ne pense qu’à toi
Et pourtant tu ignores combien je suis épris…

Ta démarche si légère hypnotise mon regard.
Tes longs cheveux qui flottent soulevés par le vent
Et dansent sur tes épaules accentuant le charme
D’une auréole dorée venue d’un autre temps…

J’aime ton sourire qui éclaire ton visage
Et le son de ta voix qui fait vibrer mon cœur,
Comme le chant d’une sirène. Il faut que je reste sage
De peur que je succombe devant tant de splendeurs

Ton regard si profond a pénétré mon âme
Tes yeux pleins de lumière ont changé toute ma vie
J’aime ton beau décolleté qui rempli mes fantasmes
Tes dents blanches éclatantes qui illuminent mes nuits

Un jour tu es venue dans mon jardin secret
Sous une pluie de roses, par des chemins fleuris,
Tu m’as donné ta main et un baiser discret…
Mais je m’suis réveillé et tu étais partie…

Peut-être bien qu’un jour tu liras ce poème,
Il n’est jamais trop tard pour dire ses sentiments
Je voulais tout simplement te dire: je t’aime
Comme te l’aurait dit un jour le beau Prince Charmant.

(Jean-Claude Brinette)

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