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Posts Tagged ‘aurore’

Nostre Aurore vermeille (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Leon-Francois Comerre  lune  rl

Nostre Aurore vermeille

Nostre Aurore vermeille
Sommeille,
Qu’on se taise à l’entour,
Et qu’on ne la resveille
Que pour donner le jour.

Vostre beauté divine,
Assassine
Nos coeurs par ses beaux yeux,
C’est la belle Lucine,
Le chef-d’oeuvre des Cieux.

En vous, belle Julie,
S’allie
La Grâce et la bonté,
Et la Vertu remplie
D’attraits et de beauté.

Vous estes accomplie,
Julie,
Plus belle que le jour,
Et chacun vous publie
L’ornement de la Cour.

La beauté d’Angélique
Est unique,
Et ses yeux nos vainqueurs,
Ont un secret magique
Pour gagner tous les coeurs.

(Vincent Voiture)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

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Dans le silencieux automne (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration
    
Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
C’était déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
Mes cousines, jadis;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
Mettaient l’aurore en fête.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈME MATINAL (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration de l’auteur
    
POÈME MATINAL

Semblables au panache de fumée
qui en apparence s’élève du néant
ainsi apparaissent sur la page blanche
les premiers mots.
un nouveau poème
gouttes de rosée scintillantes
sur les pétales de l’aurore.

***

MORGENGEDICHT

So wie manchmal eine Rauchwolke
aufsteigt anscheinend aus dem Nichts
erscheinen auf dem weißen Blatt
die ersten Worte,
ein neues Gedicht:
Tautropfen, die glitzern
auf den Blütenblättern des Tagesanbruchs.

***

晨 诗

就像有时一缕烟

显然不知从何处冒出来一样,
出现在这张白纸上的,
第一句话,
一首新诗:

露珠在黎明的
花瓣上闪闪发光。

原 作:比利时 乔曼·卓根布鲁特

***

POEMA MATINAL

Como a veces un penacho de humo
aparentemente surge de la nada
aparecen sobre la hoja blanca
las primeras palabras
un nuevo poema
gotas de rocío que brillan
sobre los pétalos del amanecer.

***

OCHTENDLIJK GEDICHT

Zoals soms een rookpluim
ogenschijnlijk opstijgt uit het niets
verschijnen op het witte blad
de eerste woorden
een nieuw gedicht:
dauwdruppels die glinsteren
op de bloembladeren van de dageraad.

***

MORNING POEM

Sometimes, like a plume of smoke
rises somehow from nowhere,
appears suddenly on the white sheet
the first words,
a new poem:
dewdrops glittering
on the petals of dawn.

***

POESIA DEL MATTINO

Come a volte un pennacchio di fumo
sembra salire all’apparenza dal nulla,
così appaiono sul foglio bianco,
le prime parole,
di una nuova poesia:
gocce di rugiada che luccicano
sui petali dell’alba.

***

POEMA MATINAL

Como um penacho de fumaça às vezes
surge aparentemente do nada
aparecem sobre a folha branca
as primeiras palavras
um novo poema:

gotas de orvalho que brilham
sobre as pétalas do amanhecer.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 590
Traduction: Français Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois William Zhou / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo DegraziaEditions: POINTS

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Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



 

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore,
L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu’à l’éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L’air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l’Empire des flots ne l’eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l’onde et n’osa revenir.

(Vincent Voiture)

Illustration: Wilfred Gabriel de Glehn

 

 

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Dieu de la lumière (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Jean-Jacques Henner _305

Dieu de la lumière,
Entends ma prière,
Frappe ma paupière
Comme le rocher !
Que le jour se fasse,
Car mon âme est lasse,
Seigneur, de chercher !
Astre que j’adore,
Ce jour que j’implore
N’est point dans l’aurore,
N’est pas dans les cieux !
Vérité suprême !
Jour mystérieux !
De l’heure où l’on t’aime,
Il est en nous-même,
Il est dans nos yeux !

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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L’ALOUETTE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



L’ALOUETTE

Extrême braise du ciel et première ardeur du jour,
Elle reste sertie dans l’aurore et chante la terre agitée,
Carillon maître de son haleine et libre de sa route.

Fascinante, on la tue en l’émerveillant.

(René Char)

Illustration

 

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Écho (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2019




    
Écho

Pieds nus passant les sables de la lune
Aurore, amour enjoué, tu peuples
D’un écho l’univers exilé, et tu laisses
Dans la chair des journées, sillage
Pour toujours, une plaie voilée.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au vitrail (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Aux cierges, au vitrail,
D’un autel en corail,
Une jeune Madone
Tend, d’un air ébaudi,
Un beau coeur de rubis
Qui se meurt et rayonne!

Un gros coeur tout en sang,
Un bon coeur ruisselant,
Qui, du soir à l’aurore,
Et de l’aurore au soir,
Se meurt, de ne pouvoir
Saigner, ah! saigner plus encore!

(Jules Laforgue)

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Chanson de l’attente (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Chanson de l’attente

Chaque arbre attend un oiseau
Chaque fontaine une soif
Chaque bouche espère une eau
L’angoisse appelle une angoisse.

Chaque cave attend son vin
Chaque aurore son soleil
Chaque main cherche une main
Chaque parole une oreille.

Moi qui attendais si peu
Moi qui n’espérais plus rien
Tu m’as donné mes seuls biens:
Ta faim ta soif et ton feu.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Tamara Lunginovic

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LA VIE HUMAINE (Jules-Lefèvre Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Duy Huynh -   (45)
LA VIE HUMAINE

Notre vie est semblable à l’étoile qui file,
Au nuage d’albâtre où l’azur se faufile,
Au chant du passereau sur les buissons verdis,
Au vol de l’aigle errant autour du paradis ;
Aux grains d’argent tombés du voile de l’aurore,
Au flambeau vacillant dans les ombres qu’il dore,
Au papillon rôdeur qui le prend pour le jour,
Aux brises d’orient, dont le volage amour
Soulève des ruisseaux l’humide rêverie,
Aux sillons dont il brode en courant la prairie
A cet arc sept fois teint d’une splendeur d’emprunt
A l’insecte de feu qui luit sous un ciel brun
Au son de l’Angelus que la cloche soupire,
A l’encens d’une fleur que le printemps respire
Aux récits des amants, le soir, sous les bouleaux

Tout cela, c’est la vie ; et ces riants tableaux
N’en sont tous cependant qu’une affligeante image.
L’étoile qui s’envole a le sort du nuage ;
Le passereau s’enfuit, l’aigle ne revient pas ;
Les larmes du matin se sèchent sous nos pas ;
Le papillon se brûle à des flambeaux qui meurent
Jamais les plis du vent sur les prés ne demeurent
L’arc-en-ciel se déflore au soleil qui le peint,
La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s’éteint,
L’encens s’évanouit ; l’histoire commencée
S’arrête : rien n’écoute… et la vie est passée !

(Jules-Lefèvre Deumier)

Illustration: Duy Huynh

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