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Posts Tagged ‘aurore’

Mon travail est d’aimer (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017


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Le ciel ne m’aime pas d’un amour ordinaire
les amants s’aiment moins que ne m’aime l’aurore.
Je dis la vérité puisque je ne mens pas,
puisque la vérité m’empêche de mentir.
Je vais où la beauté me commande d’aller,
je fais exactement ce que l’azur décide,
puisque j’ai mis mes pas dans les pas de l’azur.
Mon travail est d’aimer tout ce qui est aimable:
la jacinthe sculptée dans le bleu de l’azur,
la neige qui jamais ne s’est méfiée de moi,
la neige qui changeait ma tristesse en beauté,
et le pur entretien de la neige et de l’âme.
Je t’aimerais autant que j’aime la beauté
si tu pouvais m’aimer comme m’aime l’aurore.

(Lydie Dattas)

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À LA MUSE (Stephen Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



À LA MUSE

1
« Parfois je rêve »
De me confondre au charme de tes yeux
Pour étancher ma soif à la même fontaine
Parfois, je rêve
D’une autre rive
De la caresse d’un baiser suprême
À la croisée des âmes
Parfois, je rêve
Le coeur en partance vers n’importe quel monde
Où je pourrais t’aimer en lettres d’or
Où je pourrais m’abandonner tel un enfant
Sous l’ambre des goémons
Avec tout l’amour des vagues insoumises.

J’attends l’aurore à tes lèvres vermeilles.

2
« Si tu avais bu dans mon verre… »
Tu aurais trouvé les pleurs salés de mes sonnets sans nom
Toutes les odes inspirées par des souffles d’amour
Tout le désespoir d’un clown aux clarines de l’automne
Tout le requiem inachevé de mes douleurs muettes
Et puis sous l’écume des jours
Ce fleuve de tendresse où je me noie sans fin
A fendre l’âme,
À contre coeur de mes désirs
Car je ne suis rien pas même un songe
Mais tout simplement une solitude qui ne demande qu’à mourir
En silence, au bord de ma mémoire
Ô Muse, peut-être ta main…

(Stephen Blanchard)

 

 

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Ô Saint homme ! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

    

Ô Saint homme ! S’unir simplement à Lui,
voilà ce qu’il y a de meilleur.

Depuis le jour où j’ai rencontré mon Dieu,
les jeux de notre amour n’ont jamais cessé !

Je ne ferme pas mes yeux;
je ne bouche pas mes oreilles;
je ne mortifie pas mon corps.
Je regarde avec mes yeux grands ouverts ;
je souris et partout je contemple Sa beauté.

Je murmure Son nom et tout ce que je vois me parle de Lui.
Tous mes actes sont un culte que je rends à mon Dieu.
L’aurore et le crépuscule me sont semblables.
Les contradictions n’existent plus pour moi.
Partout où je vais je n’agis qu’en Lui.
Tout ce que j’accomplis est Son Service.
Quand je me couche, c’est à Ses pieds que je me prosterne.
Il est le seul adorable à mes yeux;
je n’en connais pas d’autres.

Ma langue ne prononce plus de paroles impures;
jour et nuit elle chante Ses louanges.
Debout ou assis, je ne puis l’oublier,
car le rythme de Sa chanson bat à mes oreilles.

Kabîr dit : «Mon coeur est embrasé d’une joie frénétique
et je découvre tous les mystères cachés dans mon âme.
— Je suis immergé dans une immense félicité
qui surpasse toute joie et toute douleur. »

(Kabîr)

 

 

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Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

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JOUR DE NUAGES (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



 

JOUR DE NUAGES

Mes yeux, mes deux amours,
ont chu dans la fontaine.
J’ai perdu pour toujours
l’étoile des aurores.

Les zéphyrs tournoyants
vont ravir à mon front
l’oisillon innocent,
sans plainte, de mes cris.

Sans yeux, déjà muet, froid,
qui s’assoira au bord
de mon coeur vagabond?

Quelle oiselle légère,
sans but, carabinière,
viendra briser mon coeur?

(Rafael Alberti)

Illustration: Frantisek Drtikol

 

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Pour le vent, l’aurore et la liberté (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2017


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S’il faut rendre compte
Des beautés du monde,
On n’oubliera pas
Les moulins à vent

Que le vent détraque
Et qui nous oublient

Pour le vent, l’aurore et la liberté.

(Guillevic)

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Au petit matin (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Au petit matin
pointe le clocher,
estompe et fusain,
chante l’angelus,
s’ébroue le ruisseau…
Une pluie de plumes
tombe d’un nid d’oiseau.

Pastel, sanguine,
enluminure,
peinture en trois
fils de pinceau…

Ouverture d’ailes et d’yeux.
Lumière en macramé
tendue sur le feuillage.
Patchwork sur les genoux
des vallons et des prés.
Paysage en voyage…

Nuées
Nuances
Dégradés

Minuit
noir et blanc
du damier…

aurores chinoises
au bord du nid…
Minuit,
oiseau nocturne :
pluie de plumes
trempées dans
le bleu de la lune.

(Christiane Barrillon)

Illustration: Vera LP Cauwenberghs

 

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Tu chantes le couchant (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

Tu chantes le couchant
aurore seconde qui se couvre de rêves

(Adonis)

Illustration: Guy Baron

 

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L’aurore printanière (Mong Hao-Jan)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



 

L’aurore printanière

Le sommeil de printemps ignore volontiers l’aurore,
Çà et là, on entend partout le chant des oiseaux.
La nuit, au bruit du vent et de la pluie,
Combien de fleurs sont tombées sans qu’on le sache!

(Mong Hao-Jan)

 

 

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Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie?
Pourquoi me dérober si tôt la chair fleurie ?
Non, ne mets pas encor tes seins au cachot noir
De ton corsage; garde un peu ce long peignoir
Qui moule ton beau corps tout nu sous la dentelle,
Et dont la manche large a comme un frisson d’aile.
Nous irons au jardin boire un coup de printemps,
Mouiller dans les gazons ta traîne aux plis flottants,
Voir les fruits que je mords elles fleurs que tu cueilles,
Nous rafraîchir les yeux dans les yeux vert des feuilles,

Et respirer l’aurore ainsi que deux oiseaux.
Viens, tes frisons de soie, en dépit des réseaux,
S’envoleront au souffle amoureux de la brise;
Tu verras au travers, dans l’aube qui s’irise,
Blonds et fins, les crêpons d’un nuage vermeil.
Et tes cheveux seront avec ceux du soleil.

(Jean Richepin)

 

 

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