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Poésie

Posts Tagged ‘aurore’

La fulgurante nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


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Nus nous sommes
Pourtant par nous
passent les métamorphoses
Gemmes de grenade
Rubis de paon
Agates et améthystes
de dix mille aurores…
Car nous étions seuls
à avoir dévisage
La fulgurante nuit

A l’instant où la lumière fut

(François Cheng)

Illustration

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Etonnement devant le Jour (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Frederick Carl Frieseke
    
Etonnement devant le Jour

Mes yeux sont éblouis du jour que je revois !
L’ayant cru défier pour la dernière fois.

Mes yeux sont étonnés de revoir cette aurore,
Ainsi, moi qui souffris autant, je vis encore !

Je vis encor, je souffre et peux encor souffrir…
Sans exhaler mon coeur dans un dernier soupir !

Mais comment puis-je ainsi voir la lumière en face,
Moi dont le coeur est lourd et dont l’âme est si lasse ?

O mon destin mauvais… Je suis devant l’amour
Un adversaire nu… Voici venir le jour !…

Moi donc l’être est plus las que le dernier automne
Qui se meurt sur Ies lacs, je vis… Et je m’étonne !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Vertige (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
Vertige

Après de vains efforts pour atteindre la cime,
Je me vois suspendue au-dessus de l’abîme,
Et me verrai bientôt engloutir par l’abîme…

Je le sens aujourd’hui, c’est en vain que mes mains
S’agrippent dans l’horreur des efforts surhumains…
Malgré moi, malgré moi, se desserrent mes mains…

Et cependant là-haut, très claire, sous l’aurore,
La lune resplendit, glorieuse, et se dore,
O consécration de la nouvelle aurore !

Je croyais bien pouvoir la surprendre aujourd’hui
La cime sur laquelle un beau soleil a lui.
Quand l’atteindrai-je enfin ? Qu’elle est belle aujourd’hui !

Pour l’atteindre, chacun oserait le vertige…
Elle est bleue et pareille à la fleur sur sa tige !
Je l’atteindrai !… Voici que survient le vertige…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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L’Iris noir (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




Illustration: Georgia O’Keeffe
    
L’Iris noir

DANS tes pétales de ténèbres
S’attristent les songes funèbres
Et les pressentiments du soir,
Long iris noir.

La Nuit aux mains prodigues verse
Des lueurs de lune perverse
Sur ton calice d’encensoir,
Long iris noir.

Tu fleuris à l’ombre rougie
D’une mélancolique orgie
Que l’aurore vient décevoir,
Long iris noir.

Tu meurs parmi les lassitudes
Abandonnant aux solitudes
Leurs frêles mains de désespoir,
Long iris noir.

(Paule Riversdale)

 

 

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Si tu ne veux pas que je t’aime (Léon Deschamps)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration: Marie Herail Ponchot
    
Si tu ne veux pas que je t’aime,
Taris l’azur de tes grands yeux ;
Ferme ta bouche à l’anathème
Dont nos baisers forment le thème.

Et dont la source est dans les cieux!
Si tu ne veux que je t’adore.
Tais tes accents mélodieux;
Cache ta lèvre et son aurore,

Nid de baisers où je dévore
Ta salive, un nectar des dieux !

(Léon Deschamps)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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LE BAISER (P. Brunesœur)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration: Oleg Zhivetin
    
LE BAISER

I
Un baiser…, c’est bien peu de chose !
A peine un frôlement de rose,
Un souffle venant effleurer.
Pourtant quand ta bouche, en caresse.
Mit sur mes lèvres cette ivresse,
Mon cœur se prit à t’adorer.

II
Ce baiser, cependant si mièvre.
Brûle mon âme d’une fièvre
Que toi seule peux apaiser.
Ah ! prends en pitié mon martyre,
Rends-moi le bien auquel j’aspire :
De ta bouche un second baiser.

III
Fais-le doux, ô ma bien-aimée,
Que ton haleine parfumée
Me fasse vivre, refleurir.
Que ce soit ma dernière aurore,
Si je puis m’enivrer encore
De ton baiser, jusqu’à mourir.

(P. Brunesœur)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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A l’amoureux sous sa fenêtre (Lucien Delormel)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration: Heinrich von Angeli
    
A l’amoureux sous sa fenêtre,
Ninon dit : Songez au départ,
Bientôt l’aurore va paraître.
Il faut nous quitter sans retard.
— Non, pas avant, ma Juliette,
Répond l’amant sentimental,
Que ta lèvre ne me répète
Amoureusement ce signal…
Encore un baiser, mignonne,
Encore un doux baiser !
Puisqu’à toi mon cœur se donne.
Peux-tu le lui refuser?
Encore un baiser, mignonne,
Un dernier baiser!

(Lucien Delormel)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Tu mords dans le bras de la nuit (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Tu mords dans le bras de la nuit
Et son ombre se défait au fond des pièges.
Une épaule remue dans l’air des montagnes
Au milieu des bulles de lumière
Dans la brume dorée des villes.

Les fleurs sauvages de l’aurore
Illuminent les petits jardins trempés de rosée.
Sur les murs couverts de cicatrices
Brillent les mains coupées des boucaniers.
Et quand le plaisir laisse pendre la langue
Les amoureux perdus sur les récifs du soir

Sentent bouger sous l’écorce de la vie
La lave amère des mensonges.
Tu te promènes dans un paysage millénaire
Où la mer se démène sans repos
Et ourle d’une écume légère et sautillante
Les lèvres des coquillages oubliés.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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Dansez, les petites filles (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.

Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes
S’embrasseront.

Dansez, les petites folles,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles
Bougonneront.

Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes
Applaudiront.

Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L’aurore au front.

Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames
Ce qu’ils voudront.

(Victor Hugo)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Dit-elle (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017




Amour me tient à l’aurore nouvelle
comme la mer qui berce la nacelle
guettant l’ami veillant en sentinelle
à la persienne en haut de la tourelle
amour me tient en ardente chapelle
jusqu’à l’instant où s’éteint ma prunelle
comme ceux-là qui vont à Compostelle
amour me tient hors de ma vie charnelle

Amour me tient qui me brûle et me cerne
me glace au coeur me conforte et me berne
et me rudoie m’éjouit et m’hiverne
amour me tient qui toujours me gouverne
comme le vent fait pencher les luzernes
et je le chante aux tables des tavernes
je le maudis sous la pâle lanterne
le pleure enfin aux muettes poternes

Amour me tient servante en son église
coiffée de blanc vêtue de toile bise
bouche mouillée comme chair de cerise
seins tout menus et ceinture bien prise
amour me tient en ses chambres soumise
par diable heureux toutes folies permises
me font chanter en la langue requise
les mille morts de la guerre promise.

(Henri Gougaud)

Illustration: Alexandre-Auguste Hirsch

 

 

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