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Poésie

Posts Tagged ‘aurore’

La Fée (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



La Fée

Elle lance des poignées d’étoiles
Elle porte la robe de l’aurore
Elle a une voix de source
Elle marche dans les matins
Embaumés d’aubépines
Et dans des champs de fleurs
Qu’épanouit sa baguette.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Chant Alterné (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



Chant Alterné

I
Éros aux traits aigus, d’une atteinte assurée,
Dés le berceau récent m’a blessée en ses jeux;
Et depuis, le désir, cette flèche dorée,
Étincelle et frémit dans mon coeur orageux.

II
Les roses de Sâron, le muguet des collines,
N’ont jamais de mon front couronné la pâleur;
Mais j’ai la tige d’or et les odeurs divines
Et le mystique éclat de l’éternelle Fleur.

I
Plus belle qu’Artémis aux forêts d’Ortygie,
Rejetant le cothurne en dansant dénoué,
Sur les monts florissants de la sainte Phrygie
J’ai bu les vins sacrés en chantant Évohé !

II
Un esprit lumineux m’a saluée en reine.
Pâle comme le lys â l’abri du soleil,
Je parfume les coeurs; et la vierge sereine
Se voile de mon ombre à l’heure du sommeil.

Dans l’Attique sacrée aux sonores rivages,
Aux bords Ioniens où rit la volupté,
J’ai vu s’épanouir sur mes traces volages
Ta fleur étincelante et féconde, ô Beauté!

II
Les sages hésitaient ; l’âme fermait son aile ;
L’homme disait au ciel un triste et morne adieu :
rai fait germer en lui l’Espérance éternelle,
Et j’ai guidé la terre au-devant de son Dieu !

I
O coupe aux flots de miel oit s’abreuvait la terre,
Volupté ! Monde heureux plein de chants immortels !
Ta fille bien aimée, errante et solitaire,
Voit l’herbe de l’oubli croître sur ses autels.

II
Amour, amour sans tache, impérissable flamme !
L’homme a fermé son coeur, le monde est orphelin.
Ne renaitras-tu pas dans la nuit de son âme,
Aurore du seul jour qui n’ait pas de déclin?

(Leconte de Lisle)

 

 

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Aurore (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Aurore

L’aurore est toute chaude
Accrochée au balcon
Aux branches de l’été
Je savoure avec délice
Le rire d’un enfant aux lèvres du chemin
La sève du soleil dans la tige des feuilles
L’écume dans un bouquet de mer
Le silence à l’horizon
Sur la face écorchée du champ
J’écoute le bruit des cailloux
Les sabots des chevaux
Dans les chemins de terre
Alors l’été refleurit
Dans le trouble des buissons.

(Jean-Baptiste Besnard)


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L’année (Rosemonde Gérard)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



L’année

Janvier nous prive de feuillage ;
Février fait glisser nos pas ;
mars a des cheveux de nuage,
Avril, des cheveux de lilas ;

mai permet les robes champêtres ;
Juin ressuscite les rosiers ;
Juillet met l’échelle aux fenêtres,
Août, l’échelle aux cerisiers.

Septembre, qui divague un peu,
Pour danser sur du raisin bleu
S’amuse à retarder l’aurore ;

Octobre a peur ; Novembre a froid ;
Décembre éteint les fleurs ; et moi,
L’année entière je t’adore !

(Rosemonde Gérard)

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La lune pâlit (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2021



La lune pâlit
A l’aurore
L’étoile s’efface
Au chant du coq

(Abbas Kiarostami)


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Ma soeur la Pluie (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ma soeur la Pluie

Ma soeur la Pluie,
La belle et tiède pluie d’été,
Doucement vole, doucement fuit,
A travers les airs mouillés.

Tout son collier de blanches perles
Dans le ciel bleu s’est délié.
Chantez les merles,
Dansez les pies !
Parmi les branches qu’elle plie,
Dansez les fleurs, chantez les nids
Tout ce qui vient du ciel est béni.

De ma bouche elle approche
Ses lèvres humides de fraises des bois ;
Rit, et me touche,
Partout à la fois,
De ses milliers de petits doigts.

Sur des tapis de fleurs sonores,
De l’aurore jusqu’au soir,
Et du soir jusqu’à l’aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu’elle peut pleuvoir.

Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d’or,
Les pieds de la Pluie.

(Charles Van Lerberghe)

 

 

 

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Je suis gourmand de toi (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021


femmechocolat_m

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Acide et sucre
Ma truite vive
Qu’on croque crue
Ma chair chaude
Pulpe et sang

Je suis gourmand de toi
Hanche de colline mûre
Bouche de ruisseau gorgé
Ventre de fauve repus

Je suis gourmand de toi
Printemps fondant
Eté croquant
Automne pulpeux
Hiver savoureux

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Ma truite vive
Ma chair chaude

Par delà toute aurore
Par delà toute vie
Je suis gourmand de toi
De toi

(anonyme eskimo)

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La petite fille (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



La petite fille,
au visage renversé sous la nappe pleine de nuit,
garde ses yeux intacts.
Dédicace de nos aurores.

(Bernard Montini)

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ROMANCERO SOMNAMBULE (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



ROMANCERO SOMNAMBULE

Vert, que je t’aime vert.
Le vent vert. Les vertes branches.
Le bateau sur la mer
et dans la montagne le cheval.
Avec l’ombre à la ceinture,
elle rêve à son balcon
verte chair, cheveux verts,
les yeux d’argent glacé
Vert que je t’aime vert.
Sous la lune gitane
les choses la regardent
et elle, elle ne peut les regarder.

****

De grandes étoiles de givre,
viennent avec le poisson d’ombre
qui ouvre le chemin de l’aube.
Le figuier frotte son vent
avec la lime de ses branches,
et la colline, chat sauvage
hérisse ses dures agaves.
Mais qui viendra ? Et d’où … ?
Elle est toujours à son balcon
verte chair, chevelure verte,
rêvant de la mer amère.

****

Compère, je veux changer,
mon cheval pour votre maison,
ma monture pour votre couverture.
Compère, je perds mon sang,
depuis les cols de Cabra.
Si je pouvais, garçon,
le marché serait conclu.
Mais moi je ne suis plus moi
et ma maison n’est déjà plus ma maison.
Compère, je veux mourir
décemment dans mon lit.
Lit d’acier, si possible,
avec draps de hollande.
Ne voyez-vous pas ma blessure
de la poitrine à la gorge ?
Trois-cents roses brunes
porte ta blanche chemise.
Ton sang suinte et sent
autour de ta ceinture.
Mais moi je ne suis plus moi :
Et ma maison n’est plus ma maison.
laissez-moi au moins monter
jusqu’aux hauts balcons,
laissez-moi monter ! laissez-moi
jusqu’aux verts balcons.
Balustrades de la lune
où l’eau résonne.

****

Les compères montent déjà
vers les hauts balcons.
Ils laissent un traînée de sang.
Ils laissent une traînée de larmes.
Sur les toits tremblaient
des lampions de fer-blanc.
Mille tambours de cristal
blessaient l’aurore.

****

Vert que je t’aime vert,
le vent vert, les vertes branches.
Les deux compères sont montés.
Le vent persistant, laissait
dans la bouche un goût étrange
de fiel, de menthe et de basilic.
Compère ! Où es-tu, dis-moi ?
Où est ta fillette amère ?
Que de fois elle t’a attendu !

Que de fois a-t-elle pu t’attendre
frais visage, cheveux noirs,
sur ce vert balcon !

****

Sur le ciel du puits,
la gitane se balançait.
Verte chair, cheveux verts,
avec des yeux d’argent froid.
Un glaçon de lune,
la soutient sur l’eau.
La nuit devint intime
comme une petite place.
Des gardes civils ivres,
donnaient des coups dans la porte.
Vert comme je t’aime vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer.
Et dans la montagne le cheval.

(Federico García Lorca)

 

 

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Comment ça va ? (Ben Corlaciu)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2021




    
Comment ça va ?

Comment vas-tu ? Merci, ça marche après l’aurore.
Je vis, il n’y a pas d’autre solution.
Le matin au marché parmi les fleurs et les poivrons
Je respire l’odeur des coings encore et encore
Et je rentre avec le cabas plein de météores.

Je vis bien, ne te fais pas de soucis.
Je n’attends pas que la mort vienne, j’attends que la vie passe.
C’est vrai, quelques émois me tracassent
Mais ils sont éphémères et tout petits :
Je dis bonjour au lieu de bonne nuit.

(Ben Corlaciu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction: Traduit du roumain par Radu Bata
Editions: Unicité

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