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AUTOBIOGRAPHIE 29 (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE 29

« Celui qui entrevoit l’énigme du nihilisme
pourrait entrevoir aussi une étoile
qui file, et acquiesce. »
(K. Axelos, le Jeu du monde)

Chaque étoile
soudain embrasée
flamboie
ou file
traçant un arc de lumière fugitive
par-dessus le souffle du néant
et me laisse
seul près du roc
ou trébuchant
cherchant mon chemin à tâtons
par les sous-bois
avec
pour seul sentiment de l’existence
le frémissement d’un ventre animal

*

AUTOBIOGRAPHY 29
« The man who sees into the enigma of
nihilism, might also see a shooting star, and acquiesce. »
(K Axelos, le Jeu du monde)

Each star
in its own sudden fire
blazes
or shoots
in a fast fine curve of light
over the breathing emptiness
and leaves me
alone by the rock
or stumbling
groping my way
through the undergrowth
with only
the feeling of existence
as it trembles in an animal’s belly

(Kenneth White)

 

 

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AUTOBIOGRAPHIE DE L’OEIL (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE DE L’OEIL

Objets invisibles, ancrés dans le froid,
et poussant vers cette lumière
qui s’évanouit
dans chaque objet
qu’elle illumine. Rien ne meurt. L’heure
retourne à la première
heure où nous avons respiré : comme s’il
n’y avait rien. Comme si je ne pouvais voir
rien
qui ne soit pas ce qui est.

Au bout de l’été
et de sa chaleur : ciel bleu, colline mauve.
La distance qui subsiste.
Une maison, faite d’air, et de flux
de l’air dans l’air.

Comme ces pierres
qui s’effritent encore dans la terre.
Comme le son de ma voix
dans ta bouche.

(Paul Auster)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Autobiographie (Louis MacNeice)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016



Autobiographie

Dans mon enfance les arbres étaient verts
Et il y avait tant et tant à voir
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Mon père faisait résonner les murs,
Il portait son col de travers.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Ma mère portait une robe jaune ;
Douce, douce, la douceur même.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

A l’âge de cinq ans les rêves noirs sont venus ;
Rien après ne fut tout à fait pareil.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Le sombre parlait aux morts :
La lampe était sombre à côté de mon lit.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Quand je me réveillais ils ne faisaient pas attention à moi ;
Personne, personne n’était là.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Quand ma terreur silencieuse criait,
Personne, personne ne répondait.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

Je me suis levé : le soleil glacial
M’a vu partir seul.
Reviens vite ou ne reviens jamais.

(Louis MacNeice)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Autobiographie de Kerrokké (Shinpei Kusano)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015


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Dans un faubourg de Bologne
Je suis né au milieu des étangs de nénuphars.
Les grèbes, sens dessus dessous, qui cognaient le ciel,
Moi par goût des choses à faire peur, je restais à les regarder.
Mon nom est Kerokké, mais
C’est moi qui me suis donné ce nom.
Un jour je fus pris dans un filet.
Je me rendis de cette façon à l’université.
C’est dans le laboratoire de Galvani.
Peut-être un étudiant ou je ne sais qui
Tout en chantant du nez une chanson de marin, passait.
Un jour de 1780, l’après-midi,
Un bistouri s’enfonça dans mon ventre.
C’est ainsi que pour la première fois au monde naquit
le concept de courant électrique.
Moi je mourus.
Je ne suis plus nulle part, moi.
Il était beau le ciel d’Italie.

(Shinpei Kusano)

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