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Poésie

Posts Tagged ‘autobus’

NUIT CITADINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



NUIT CITADINE

Sur le pavé humide,
Des chevaux galopant
Des autobus grondant,
Et des phares rapides
Par les vitres glissant
Vivement éclairant
Maintes pièces sordides.

Des tic-tac obsédants,
Des silences pleurant,
Et la nuit pluvieuse
Au dehors, et poisseuse…
Je ne sais rien… La pluie…
Depuis des jours, des ans,
Toujours la même vie,
Les tic-tac obsédants,
Les silences pleurant
D’un temps privé de vie…

(George Bacovia)

Illustration

 

 

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Attendre l’autobus (Pierre Thiry)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Attendre l’autobus ça prend du temps
On contemple la rue déserte, rempli d’espoir.
Un moteur, est-ce lui ? Non c’est un Solex noir,
Tant pis, il arrivera peut-être au printemps.

(Pierre Thiry)

 

Recueil: Sansonnets un cygne à l’envers
Traduction:
Editions: BOOKS ON DEMAND

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Je ne sais si tout est dieu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Je ne sais si tout est dieu.
Je ne sais si quelque chose est dieu
Mais toute parole nomme dieu:
soulier, grève, coeur, autobus.

Et-plus,
autobus incendié,
vieux soulier,
grève générale,
azur près des ruines.

Et plus encore,
autobus sans homme,
soulier sans semelle,
grève générale des morts,
coeur dans les ruines de l’air.
Et plus encore,
autobus immobile pour dieux,
soulier pour aller dans les mots,
grève des morts en guenilles,
coeur au sang des ruines.
Et plus.
Mais n’importe.
J’ai fini de prier.
Je vais chercher maintenant le dos de dieu.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Il y a toujours ce visage (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


visage

C’est à peine si je te vois à travers les feuillages
Visage aperçu dans un vieil autobus
Ces feuillages mortels où l’âme n’est plus
Qu’une pousière lointaine prête à rendre son secret

Tu es debout sur la brisée des herbes
Je ne sais te dire que l’enclos de mes bras
Le biais de ce coeur mal accompli
Et je suis là brutal comme un coup de fusil
Au coeur de la forêt

De mes mains j’attends que renaissent
Les chemins désunis
Mais tu sais que j’essaie de retenir ton visage
Comme la flamme petite de l’allumette

Je t’appelle avec des mots comme des granges
Mais la porte du fond a glissé
Les forêts sont seules à revenir
Pourrons-nous rejoindre à temps l’émeute des blés

Sur cette terre qui bouge où je m’avance à contre-jour
Il y a toujours un visage qui voit clair pour moi
Pareil à une fenêtre ouverte dans la rue vide et sans écho
Il m’interdit l’accès des ténèbres
Un visage en clair qui me précède sous le ciel noir
Il fait son nid dans la libre existence de mes mains
Il prend la même route que les oiseaux
Quand les oiseaux portent l’aube plus haut que la mémoire
Il y a toujours devant moi ce visage dressé dans son été
Il enserre mon domaine et s’enchâsse dans ma nuit
Il pèse à peine le temps d’une parole
Il est ma première neige mon unique sommeil
Ma part de récolte mon lierre et je suis l’arbre
Il y a toujours ce visage qui me regarde par dessus-bord
Quand je m’arrête à bout d’usure aux premières portes

(Georges Drano)

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LE MANEGE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
LE MANEGE

Un enfant de couleur à la fête :

Où est le compartiment des nègres
Sur ce manège,
Monsieur, parce que je veux monter ?
Là-bas dans le Sud d’où je viens
Les Blancs et les gens de couleur
Ne peuvent pas s’asseoir côte à côte.
Là-bas dans le Sud dans le train
Y a une voiture pour les nègres.
Dans l’autobus on nous met à l’arrière,
Mais y a pas d’arrière
Dans un manège!
Où est donc le cheval
Pour le gamin qu’est noir ?

***

Merry-Go-Round
(Colored child at carnival)

Where is the Jim Crow section
On this merry-go-round,
Mister, cause I want to ride?
Down South where I come from
White and colored
Can’t sit side by side.
Down South on the train
There’s a Jim Crow car.
On the bus we’re put in the back-
But there ain’t no back
To a merry-go-round!
Where’s the horse
For a kid that’s black?

(Langston Hughes)

 

 

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Gastronomique (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Après une attente gratinée sous un soleil au beurre noir,
je finis par monter dans un autobus pistache
où grouillaient les clients comme asticots
dans un fromage trop fait.
Parmi ce tas de nouilles,
je remarquai une grande allumette
avec un cou long comme un jour
sans pain et une galette sur la tête
qu’entourait une sorte de fil à couper le beurre.
Ce veau se mit à bouillir parce qu’une sorte de croquant
(qui en fut baba) lui assaisonnait les pieds poulette.
Mais il cessa rapidement de discuter le bout de gras
pour se couler dans un moule devenu libre.
J’étais en train de digérer dans l’autobus de retour
lorsque devant le buffet de la gare Saint-Lazare,
je revis mon type tarte avec un croûton
qui lui donnait des conseils à la flan
à propos de la façon dont il était dressé.
L’autre en était chocolat.

(Raymond Queneau)

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Dans l’espace (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Dans l’espace

On dirait que kékchose se passe
En fait il ne se passe rien
Un autobus écrase un chien
Des badauds se délassent
Il va pleuvoir
Tiens tiens

(Raymond Queneau)


Illustration

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Il faut faire signe au machiniste (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Il faut faire signe au machiniste
La dame attendait l’autobus
le monsieur attendait l’autobus
passe un chien noir qui boitait
la dame regarde le chien
le monsieur regarde le chien
et pendant ce temps-là l’autobus passa

(Raymond Queneau)

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Ô, Dis-moi la vérité sur l’amour (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Ô, Dis-moi la vérité sur l’amour

D’aucuns disent que l’amour est un petit garçon,
D’autres disent que c’est un oiseau,
D’aucuns disent qu’il fait tourner le monde,
D’autres disent que c’est absurde,
Et quand je demandai au voisin,
Qui feignait de s’y entendre,
Sa femme se fâcha vraiment,
Et dit qu’il ne faisait pas le poids.

Ressemble-t-il à un pyjama,
Ou au jambon dans un hôtel de la ligue anti-alcoolique ?
Son odeur rappelle-t-elle les lamas,
Ou a-t-il une senteur rassurante ?
Est-il épineux au toucher comme une haie,
Ou doux comme un édredon pelucheux ?
Est-il dur ou plutôt souple sur les bords ?
Ô, dis-moi, la vérité sur l’amour.

Nos livres d’histoire en parlent
Avec des petites notes ésotériques,
C’est un sujet assez ordinaire
Sur les navires transatlantiques ;
J’ai vu la question traitée
Dans le récit de suicides,
Et je l’ai même vu griffonné au dos
Des indicateurs de chemin de fer.

Hurle-t-il comme un berger allemand affamé,
Ou gronde-t-il comme une fanfare militaire ?
Peut-on l’imiter à la perfection
Sur une scie ou sur un Steinway ?
Chante-t-il sans frein dans les réceptions ?
N’apprécie-t-il que le classique ?
Cessera-t-il quand on veut la paix ?
Ô, dis-moi la vérité sur l’amour.

J’ai regardé dans la maison de vacances ;
Il n’y était même pas ;
J’essayai la Tamise à Maidenhead,
Et l’air tonique de Brighton.
Je ne sais pas ce que chantait le merle,
Ou ce que disait la tulipe ;
Mais il ne se trouvait ni dans le poulailler,
Ni sous le lit.

Peut-il faire des mimiques extraordinaires ?
Est-il souvent malade sur la balançoire ?
Passe-t-il tout son temps aux courses,
Ou gratte-t-il des bouts de cordes ?
A-t-il une opinion sur l’argent ?
Pense-t-il assez au patriotisme ?
Ses plaisanteries sont-elles vulgaires mais drôles ?
Ô, dis-moi la vérité sur l’amour.

Quand il viendra, viendra-t-il sans avertissement
Au moment où je me gratterai le nez ?
Frappera-t-il à ma porte un veau matin,
Ou me marchera-t-il sur les pieds dans l’autobus ?
Viendra-t-il comme le temps change ?
Son accueil sera-t-il aimable ou brutal ?
Bouleversera-t-il toute mon existence ?
Ô, dis-moi la vérité sur l’amour.

***

O Tell Me The Truth About Love

Some say love’s a little boy,
And some say it’s a bird,
Some say it makes the world go round,
Some say that’s absurd,
And when I asked the man next door,
Who looked as if he knew,
His wife got very cross indeed,
And said it wouldn’t do.

Does it look like a pair of pyjamas,
Or the ham in a temperance hotel?
Does its odour remind one of llamas,
Or has it a comforting smell?
Is it prickly to touch as a hedge is,
Or soft as eiderdown fluff?
Is it sharp or quite smooth at the edges?
O tell me the truth about love.

Our history books refer to it
In cryptic little notes,
It’s quite a common topic on
The Transatlantic boats;
I’ve found the subject mentioned in
Accounts of suicides,
And even seen it scribbled on
The backs of railway guides.

Does it howl like a hungry Alsatian,
Or boom like a military band?
Could one give a first-rate imitation
On a saw or a Steinway Grand?
Is its singing at parties a riot?
Does it only like Classical stuff?
Will it stop when one wants to be quiet?
O tell me the truth about love.

I looked inside the summer-house;
It wasn’t even there;
I tried the Thames at Maidenhead,
And Brighton’s bracing air.
I don’t know what the blackbird sang,
Or what the tulip said;
But it wasn’t in the chicken-run,
Or underneath the bed.

Can it pull extraordinary faces?
Is it usually sick on a swing?
Does it spend all its time at the races,
or fiddling with pieces of string?
Has it views of its own about money?
Does it think Patriotism enough?
Are its stories vulgar but funny?
O tell me the truth about love.

When it comes, will it come without warning
Just as I’m picking my nose?
Will it knock on my door in the morning,
Or tread in the bus on my toes?
Will it come like a change in the weather?
Will its greeting be courteous or rough?
Will it alter my life altogether?
O tell me the truth about love.

(Wystan Hugh Auden)

 

Recueil: Dis-moi la vérité sur l’amour suivi de Quand j’écris je t’Aime
Traduction: Gérard-Georges Lemaire et Béatrice Vierne
Editions: Du Rocher

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Attiré par la robe rouge (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
Attiré par la robe rouge d’une inconnue
mon regard porte au fond d’une boutique obscure
qui vend aiguilles, passementeries,
fourbis désuets de mercière.

Je voudrais à mon tour
pénétrer dans cette ombre, parler à la passante
de bolducs, de gros-grains.
ensuite ? Salon de thé pour toutes deux, madeleines,
menues confidences.

Mais des autobus couinent, la rue
dresse un barrage contre la dame de mes voeux.

J’ai perdu peut-être
une rencontre doucement surannée, une amie ?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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