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Poésie

Posts Tagged ‘avalanche’

Les Alpes (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2023




    
Les Alpes

Un mot

en attente…

conduit à une
avalanche
d’autres mots

si vous êtes dans

l’attente…

d’une femme.

***

The Alps

One word

waiting…

leads to an
avalanche of
other words

if you are

waiting…

for a woman

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Cailloux roulant sur cailloux (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2022



Illustration: Catherine Ernst
    
Cailloux roulant sur cailloux
s’entraînant l’un après l’autre
dans une lente avalanche
produisant ici et là
des accumulations brèves
que le vent fait s’écrouler
ou le galop d’un chamois

(Michel Butor)

 

Recueil: Montagnes en gestation
Traduction:
Editions: Notari

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Les mains blanches (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022




    
Les mains blanches

Comme des mains blanches
Au-dessus de l’eau,
Deux fleurs font la planche
Entre les roseaux.

Un martin-pêcheur
Choisit pour perchoir
Un saule pleureur
Qui devient plongeoir.

Sous les nénuphars,
Au fil des courants,
Glissent des foulards
De soie d’Orient.

Un caillou de plumes
Est entré dans l’eau.
Un poisson d’écume
En sort aussitôt.

Et les deux mains blanches
Promues oiseleurs
Cueillent l’avalanche
De l’arbre qui pleure.

(Pierre Coran)

 

Recueil: Le bonheur est dans le pré
Traduction:
Editions: Gautier Languereau

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Pierres perdues (Louis Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022


nuages

pierres perdues
il marche dans la ville
quelques baies de genièvre
oubliées dans la poche
roulent sous ses doigts
sur l’axe d’un reflet du jeu de glace
des rues
où verse l’avalanche bleue
minérale cendrée
du causse
moutonnements d’herbe argentée
moires rouillées dans l’invasion des
rouvres
la charge sans cesse accélérée
des ombres des nuages
l’assaut
puis l’écorchure du retour
à six heures sous l’horloge

(Louis Aldebert)

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UNE FILLE (Slobodan Kojovik)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




UNE FILLE

Avec mes cheveux gris et ma barbe trop blanche,
A moi-même fidèle, âmes songes d’enfant,
Malgré la brume épaisse et le temps étouffant,
Et l’avenir broyé sous un poids d’avalanche,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Quand un échec remplace une énorme espérance,
Quand l’homme bestial domine l’univers,
Quand la terre est rongée aux coups d’immondes vers,
Comme au temps révolu de ma première enfance,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante, avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

Ma vie arrive au bout prenant de la vitesse.
Sans être vraiment fier d’un tel état de lieux,
De la profonde nuit, des nuages aux cieux,
Malgré le grand déboire et l’immense détresse,

Une fille je vois et ses cheveux dorés.
Dans un jardin de rêve, à la corde elle saute,
Heureuse et souriante avec la tête haute.
Chez elle les chemins ne sont jamais barrés.

(Slobodan Kojovik)

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DÉJÀ (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



DÉJÀ

Bouger fouiner jeter
les yeux au vent courir
tenter de ralentir
en agrippant les branches
roulées par l’avalanche
du sable des années
les maux les joies les voix
un peu de vie qui bat
et doute de finir.

Qu’est-ce qui est passé?

(Jean Mambrino)

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Dans le chaos d’une avalanche (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

deux pierres

Dans le chaos d’une avalanche,
deux pierres s’épousant au bond
purent s’aimer nues dans l’espace.
L’eau de neige qui les engloutit
s’étonna de leur mousse ardente.

(René Char)

Illustration

 

 

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On se souvient (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



On se souvient : la bulle d’or de notre joie
Montait montait sans fin c’était toujours avril
Maintenant chaque jour il neige sur la ville
Les murs sont recouverts de crachats et de signes
Demain on tue on brûle on cingle dans le froid
Vers les châteaux de viande les fleuves d’eau-de-vie
Toute bue l’avalanche des éclairs et du sang.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE

Qui dit que je vis tristement s’égare.
Ne crois pas que les souvenirs me rongent.
Je rends peu de visites à ma mémoire,
D’autant qu’elle dit beaucoup de mensonges.

Quand, lampe en main, au caveau je descends,
A chaque fois l’avalanche, il me semble,
Dans l’escalier étroit sourdement gronde.
La lampe fume, il n’y a point de retour,
Je descends chez l’ennemi de toujours ;
Alors, comme une grâce je demande…

Mais là — finie la fête. Tout est éteint.
Les dames sont rentrées il y a trente ans,
De vieillesse est mort le boute-en-train…
Malheur à moi — je suis venue trop tard.
Vrai, je ne peux me montrer nulle part.

Mais j’effleure les ornements du mur,
Je me chauffe à l’âtre. Et, enchantement! —
Dans le moisi, les miasmes, la pourriture
Deux émeraudes vont étincelant
Et un chat miaule. À la maison, rentrons!
Mais où est ma maison ? et ma raison ?

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Joyeuse (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
Joyeuse

Souviens-toi de septembre La saveur des sourires
alourdissait nos jours comme aucun fruit les branches
cet automne où soudain le verbe désunir
disparut sous la joie comme sous l’avalanche

Moi je fermais les yeux ce jour dont je te parle
de nuit je descendais les escaliers secrets
de ton corps et j’entendais dans la haute salle
de ton coeur des femmes surprises qui riaient.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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