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Poésie

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Peut-être, au-delà du tournant de la route (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Peut-être, au-delà du tournant de la route
y a-t-il un gouffre, et peut-être un château fort,
Et peut-être tout bonnement la continuation de la route.
je n’en sais rien et je ne pose pas de questions.
Tant que je marche sur la route avant le tournant,
je me contente de regarder la route avant le tournant,
puisque je ne peux voir que la route avant le tournant.
Je n’en serais pas plus avancé si je regardais de l’autre côté
Et de celui que je ne vois pas.

N’ayons cure que du lieu où nous sommes.
Il est assez de beauté dans le fait d’être ici et nulle part ailleurs.
S’il y a quelqu’un au-delà du tournant de la route,
Ceux qui s’inquiètent de ce qu’il y a par-delà le tournant de la route,
C’est cela qui pour eux est la route.
Si nous devons y parvenir, en y parvenant nous saurons.
Pour l’instant nous savons seulement que nous n’y sommes pas.
Il n’est ici que la route avant le tournant, et avant le tournant
Il y a la route sans aucun tournant.

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne peux entendre la musique de l’être (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021



 

Duy Huynh -   (4)

Je ne peux entendre la musique de l’être
Je n’ai reçu le pouvoir de l’imaginer
Mon amour s’alimente à un non-amour
Je n’avance qu’attisé par son refus
Il m’emporte dans ses grands bras de rien
Son silence me sépare de ma vie

(André Frénaud)

Illustration: Duy Huynh

 

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UNE LONGUEUR D’AVANCE (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021



Illustration
    
UNE LONGUEUR D’AVANCE
à Gérard Chaliand

La poésie se joue du temps.
Elle parle et sait de très loin.
Dans l’univers d’avant-naître.
Dans l’instant d’outre-venue.
Dans le réel plus vaste.

Elle est lueur de mise en abîme.
Feu souverain hors des flammes.
Trace qui préfigure.
Elle est nuit très pure.
Aube fraîche.
Grand midi.

Rythme et visée
de toute vie qui se risque.
La poésie est sursaut d’adolescence à jamais.
Désir sans frein.

Vitesse.
Vertige.
Frénésie de départ.

Comme un galop dans le sang.
Comme un soleil à la bouche.
Et l’infini qui se donne en partage…

[…]

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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A NAGEOIRES (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Illustration: Teofil Kwiatkowski
    
A NAGEOIRES

La Sirène est une bête, blonde en général
Qui se choisit un coin dans une mer fréquentée
Et s’étend sur un gros caillou
En guettant les hardis navigateurs
Pour des motifs extra-nautiques.

La Sirène gueule comme un putois
Tout d’abord, pour attirer les hommes
Mais en réalité, afin d’également prouver
Qu’elle n’est pas un vrai poisson.

Malgré ce complexe d’infériorité
Elle n’hésite jamais à faire des avances aux gros capitaines poilus
Mais la Sirène n’a pas de veine
Car depuis Monsieur Dufrenne
On sait que les marins ont (parfois) de mauvaises moeurs.

(Boris Vian)

 

Recueil: Cantilènes en gelée
Traduction:
Editions: Le Livre de poche

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Visage affamé de l’intérieur (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Visage affamé de l’intérieur,
visage de nuit avec
ces ombres qui palpitent dans leur prison

d’os froids, en lui tu existes
tu te défais.

Ainsi le temps
à pas retenus s’avance
dans l’invisible ardeur.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Pourquoi

L’oiseau siffle
Les singes le regardent
Maîtrise
Je travaille en souriant
Tout ce qui m’arrive m’est absolument égal
Et tout ce que je fais m’est absolument indifférent
Je suis des yeux quelqu’un qui n’est pas là
J’écris en tournant le dos à la marche du navire
Soleil dans le brouillard
Avance
Retard
Oui

(Blaise Cendrars)


Illustration: Gilbert Garcin

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L’Inconnue (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Je comble l’inconnue qui me donne naissance.
J’avance dans ses pas, me voici devenu
ce lent arbre mouvant
où je m’épanouis, de l’ombre verdissante,
et multiplie le jour alentour et le vent.
Le boulevard s’ébat de la métamorphose,
le bourgeon gonfle le printemps.
Délicieux mensonge, mon nouveau songe.
Mes possessions sont trop claires, je les hais,
ces limites des joies et du malheur.
Celle que j’aime a les yeux plus tendres.
Celle-ci, derrière sa chevelure,
j’entends rire en moi un frais ravage.

(André Frénaud)

 

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Cette montre toujours en avance (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Cette montre toujours en avance
je la règle ce matin envahie
d’un vague pressentiment

(Tawara Machi)

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L’ÎLE NOUS RESTE EN MÉMOIRE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’ÎLE NOUS RESTE EN MÉMOIRE

L’île nous reste en mémoire
comme le changement sur un miroir
ou une rivière souterraine.

L’île se perd en allant.
Elle semble être tranquille.
Une moitié à présent dans l’ombre

et pourtant elle augmente en allant,
aussi mémorable que les phases de la lune.
Elle fait des avances inaperçues

avec un semblant d’abandon ;
elle glisse entre les doigts,
une pierre au lustre laiteux…

Non, tu ne peux la tenir, elle
se tortille comme une femme ! Ses nuits
nous restent en mémoire : les yeux

d’or de la chèvre noire tirant sur sa
corde nous fixent quand nous passons,
le coq leghorn, blanc

comme un corps nu se tortillant, la croix
incluse dans un code secret, la nuit
incluse dans la rose…

Oh, le poids de nos flots
comparé à celui d’une île
Car nous sommes ancrés, l’île

un constant et blanc glissement !

***

THE ISLAND IS MEMORABLE TO US

The island is memorable to us
as the change of a mirror
or an underground river.

The island loses in going.
It appears to be still.
Half of it, now, is in shadow,

and yet it increases in going,
memorable as the moon’s changes.
It makes unnoticed advances

with an appearance of yielding;
it slips through the fingers,
a stone with a milky luster…

No, you cannot hold it, it
twists like a woman! Its nights
are memorable to us: the black

rope-straining goat’s golden
eyed gaze at our passings,
the leghorn rooster, white

as a bare body’s twisting, the cross
enclosed by the cipher, the night
enclosed by the rose…

Oh, heavy our flow
compared to the weight of an island!
For we are the anchored, the island

a constant white gliding!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Le désir (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



 

Le désir,
ce chemin couru
d’avances.

(Laurent Albarracin)

Illustration: Antonio Canova

 

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