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Poésie

Posts Tagged ‘avance’

Visage affamé de l’intérieur (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Visage affamé de l’intérieur,
visage de nuit avec
ces ombres qui palpitent dans leur prison

d’os froids, en lui tu existes
tu te défais.

Ainsi le temps
à pas retenus s’avance
dans l’invisible ardeur.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Pourquoi

L’oiseau siffle
Les singes le regardent
Maîtrise
Je travaille en souriant
Tout ce qui m’arrive m’est absolument égal
Et tout ce que je fais m’est absolument indifférent
Je suis des yeux quelqu’un qui n’est pas là
J’écris en tournant le dos à la marche du navire
Soleil dans le brouillard
Avance
Retard
Oui

(Blaise Cendrars)


Illustration: Gilbert Garcin

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L’Inconnue (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Je comble l’inconnue qui me donne naissance.
J’avance dans ses pas, me voici devenu
ce lent arbre mouvant
où je m’épanouis, de l’ombre verdissante,
et multiplie le jour alentour et le vent.
Le boulevard s’ébat de la métamorphose,
le bourgeon gonfle le printemps.
Délicieux mensonge, mon nouveau songe.
Mes possessions sont trop claires, je les hais,
ces limites des joies et du malheur.
Celle que j’aime a les yeux plus tendres.
Celle-ci, derrière sa chevelure,
j’entends rire en moi un frais ravage.

(André Frénaud)

 

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Cette montre toujours en avance (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Cette montre toujours en avance
je la règle ce matin envahie
d’un vague pressentiment

(Tawara Machi)

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L’ÎLE NOUS RESTE EN MÉMOIRE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’ÎLE NOUS RESTE EN MÉMOIRE

L’île nous reste en mémoire
comme le changement sur un miroir
ou une rivière souterraine.

L’île se perd en allant.
Elle semble être tranquille.
Une moitié à présent dans l’ombre

et pourtant elle augmente en allant,
aussi mémorable que les phases de la lune.
Elle fait des avances inaperçues

avec un semblant d’abandon ;
elle glisse entre les doigts,
une pierre au lustre laiteux…

Non, tu ne peux la tenir, elle
se tortille comme une femme ! Ses nuits
nous restent en mémoire : les yeux

d’or de la chèvre noire tirant sur sa
corde nous fixent quand nous passons,
le coq leghorn, blanc

comme un corps nu se tortillant, la croix
incluse dans un code secret, la nuit
incluse dans la rose…

Oh, le poids de nos flots
comparé à celui d’une île
Car nous sommes ancrés, l’île

un constant et blanc glissement !

***

THE ISLAND IS MEMORABLE TO US

The island is memorable to us
as the change of a mirror
or an underground river.

The island loses in going.
It appears to be still.
Half of it, now, is in shadow,

and yet it increases in going,
memorable as the moon’s changes.
It makes unnoticed advances

with an appearance of yielding;
it slips through the fingers,
a stone with a milky luster…

No, you cannot hold it, it
twists like a woman! Its nights
are memorable to us: the black

rope-straining goat’s golden
eyed gaze at our passings,
the leghorn rooster, white

as a bare body’s twisting, the cross
enclosed by the cipher, the night
enclosed by the rose…

Oh, heavy our flow
compared to the weight of an island!
For we are the anchored, the island

a constant white gliding!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Le désir (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



 

Le désir,
ce chemin couru
d’avances.

(Laurent Albarracin)

Illustration: Antonio Canova

 

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Au bord du désir (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Lorsque l’automne est avancé,
Le bois que tu sais

Est encore un lieu
Où l’on peut aller

Quand on est un couple
Au bord du désir.

(Guillevic)

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A CORPS PERDU (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



A CORPS PERDU

Hurrah! Que notre nuit toujours recommencée
Soit comme une bataille aux aveuglants éclairs
Qui fasse évanouir le jour dans mes yeux clairs!
Et tant mieux si ma mort doit en être avancée !

Redouble de caresse et de rage insensée,
Jusqu’à vider mes os, jusqu’à rompre mes nerfs !
Dans des spasmes pareils au rut fauve des cerfs,
Fais saigner largement mon corps et ma pensée !

Tu peux m’ouvrir le ventre et me casser les reins.
Frappe! Je ne crains pas la mort. Ce que je crains,
C’est que ta soif d’aimer ne soit pas assouvie ;

Et je veux t’enivrer sans fin, jusqu’au moment
Où, les yeux effarés, tu briseras ma vie
Comme un ouvrier soûl brise son instrument,

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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HAUTE NUIT (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



 

HAUTE NUIT

En ce pays de hautes roches
Chaque passage ouvre un dédale
Où celui qui va s’ensorcelle
Du choix de tant de labyrinthes.

En bas, les tracteurs s’époumonent
Les troupeaux imprègnent les haies
De l’antique odeur du suint
Rappel de cendre et d’immortelles.

Les bêtes courent vers l’étable
L’abri, le foin, le sel et l’eau,
Les femmes activent les feux
Portent l’eau, le sel et le pain.

Du soir qui vient sourd un murmure
Qui dialogue avec le silence
Dans le court instant où la nuit
Va submerger le crépuscule.

C’est alors, dans la solitude
De qui guette l’éveil de l’être
Que l’immensité de l’attente
Suspend l’avance du néant.

(Christiane Burucoa)

Illustration: George Inness

 

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Porte, porte, que veux-tu? (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Porte, porte, que veux-tu?
Est-ce une petite morte
Qui se cache là derrière?
Non, vivante, elle est vivante
Et voilà qu’elle sourit
De manière rassurante.
Un visage entre deux portes,
Un visage entre deux rues,
Plus qu’il n’en faut pour un homme
Fuyant son propre inconnu.

Elle avance, elle s’éloigne
Et la voici revenue.
Elle m’atteint et me gagne
Comme une fraîche avenue
Qui longtemps se continue
Au milieu de la campagne.

(Jules Supervielle)

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