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Poésie

Posts Tagged ‘avancer’

Nuit invincible (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



Amour défunt, neuf amour interdit,
j’avançais inventé par la nuit invincible.

(André Frénaud)


Illustration: Gilbert Garcin

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Avancez! Reculez ! Arrêtez ! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Avancez! Reculez ! Arrêtez ! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis !
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis ! Montre-toi ! Un salut !
Signe tais-toi réponds prends garde !

Que d’ordres venus de partout !
Le soleil ? – La main sur les yeux !
La pluie ? – Courbe le dos !
L’amour qui arrive ? – Attention !
Et ces morts en travers du chemin tout à coup !

Chocs et contre-temps de la ville
et de la vie je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous rassemblent.
L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)


Illustration: Herbert Bayer

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Le citadin (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Le citadin

Avancez! Reculez! Arrêtez! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis!
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis! Montre-toi! Un salut!
Signe, tais-toi, réponds, prends garde!

Que d’ordres venus de partout!
Le soleil? – La main sur les yeux!
La pluie? – Courbe le dos!
L’amour qui arrive? – Attention!
Et ces morts en travers du chemin tout à coup!

Chocs et contretemps de la ville
et de la vie, je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous ressemblent.

L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)

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Les mots ont un visage (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
Les mots ont un visage : ou de silence ou de sang.
Le cheval qui nous domine est tout juste une ombre.
Sans syllabes d’eau, il avance jusqu’à l’automne. Un
arbre étend ses branches. Les nuages demeurent.

Le cheval est une hypothèse, une
passion constante.
Dans le réseau de ses veines court un
sang temporel,
un arbre se déplace avec l’allégresse des feuilles.
Arbre et cheval deviennent un seul être réel.

Caressant l’arbre je sens la force tenace
de la tête du cheval, l’éternité du métal,
l’explosion de l’être. Et moi, feuille légère

dans l’ombre de cet être animal végétal, je
cherche la raison parfaite, l’humilité statique, la
force verticale d’être qui je suis, et l’air.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dans le jardin public (Marie-France Subra-Soutchkov)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Dans le jardin public
sur la moiteur de neige
où s’effleurent les ciels
Avancent
à pas de pluie
Des enfants
Comme des étoiles

(Marie-France Subra-Soutchkov)

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Solitaire au milieu de la foule (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Solitaire au milieu de la foule
Je lutte pour avancer
Et arrache mon ombre citadin
Au trottoir que piétinent les passants.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Paul Klee

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Souvent quand il avançait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021




    

souvent
quand il avançait
à tâtons dans sa nuit
il a douté s’est révolté
a voulu remonter
vers la vieille lumière

mais une force le tenait
qui lui enjoignait
de poursuivre
de s’aventurer
une fois de plus
une fois encore
au plus épais
de sa ténèbre

un jour
au comble de la détresse
vidé de toute force
acculé à reconnaître
que l’inaccessible se refusait
il admit qu’il lui fallait
renoncer

*

à sa vive surprise
sans qu’il eût
à progresser d’un seul pas
il franchit le seuil
déboucha dans la lumière

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Souvenirs d’enfance (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



 

noix

Souvenirs d’enfance

Pendant la nuit, une rose
Avance tous feux éteints.
S’il arrivait quelque chose,
Elle attendra le matin.

Les noix, ta mère les dore,
Pour ton arbre de Noël.
Souliers au bord de l’aurore…
Ils apprivoisent le ciel.

Jadis, l’enfance chérie,
Voyageait, allumant des
Liverpool de féerie,
Splendides à regarder.

Une moustiquaire en tulle
Comme la neige on y meurt,
Surtout, si l’étoile brûle
Les ailes du ramoneur.

(Jean Cocteau)

Illustration

 

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Je crois qu’il faut avancer (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



je crois
qu’il faut avancer
dans sa propre obscurité
pour y voir clair

que le frémissement
ne peut jamais surgir
là où sont la honte
la haine
la peur

(Zéno Bianu)


Illustration

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