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Poésie

Posts Tagged ‘avancer’

Je crois qu’il faut avancer (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



je crois
qu’il faut avancer
dans sa propre obscurité
pour y voir clair

que le frémissement
ne peut jamais surgir
là où sont la honte
la haine
la peur

(Zéno Bianu)


Illustration

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Dans la pluie et les lumières (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Dans la pluie
et les lumières
j’ai vu le chiffre 5
en or
sur une voiture de pompier
rouge
avançant
tendue
inaperçue
dans les sonneries des cloches
les hurlements des sirènes
et le grondement des roues
dans la ville sombre.

(William Carlos Williams)

Illustration: Charles Demuth

 

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Rien n’avait résisté… (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Rien n’avait résisté…

Rien n’avait résisté ni le fer ni l’acier
Dieu est une arme plus cruelle
que la houe du jardinier
j’aurais voulu me coucher dans la terre une
jarre d’eau fraîche à portée de main mais
où étaient mes mains?

J’ai recollé ma tête et mes pieds
pour épargner le sable

mais rien ne tenait on avait broyé mes os
Alors j’ai suivi la route des fourmis
mon souffle dans leurs pattes
La colonne avançait en bénissant les nuages
pour trois gouttes d’eau
aucun dieu ne nous a aidés.

Nos pieds allaient vers la mer
loin des arbres à histoires
Nous marchions vers un monde
que nous ne connaissions pas
nos sandales ne comprenaient plus le sable.

La marche m’a forcée
à habiter mon corps
le désert à l’oublier
La mer fut un miracle
je l’ai remerciée de nous porter
plus encore de nous laisser.

Ce que j’ai vu
aucune eau ne pourra l’effacer
aucune source aucune pluie la
mer elle-même a renoncé.

Aujourd’hui je suis là de l’autre côté
avec ma peau d’hier et d’avant-hier
je suis là et je vous regarde grande comme je peux
avec ce poids au bout de mes bras
Des ondes me traversent que je ne comprends pas
ni la force qui me porte
ni le courage qu’elles me donnent
Si je le savais mon coeur s’en irait avec elles.

(Marilyse Leroux)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le courage (Sabine Péglion)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2020



Théo Curin  
    
Le courage

Dans ces pas en suspens
Dans ces yeux refermés
Dans le corps qui se fend
Dans la voix effacée

Dans la main qui se tend
Dans le pas qui hésite
Dans ces regards fuyants
Dans ces êtres qui t’évitent

Que pourrais-tu attendre
Autour on applaudit
Mais oui on t’encourage
Tu avances on sourit

Tu poursuis le chemin
Tu ne l’as pas choisi

On redoute la pitié
On doute de l’amitié

Certains parlent de courage
En ignorant le coût
On occulte la rage
La colère le dégout
On est loin d’être sage

On voudrait bien en rire
On espère toujours
On regarde la lumière
Et on choisit de vivre

(Sabine Péglion)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ste-Reine (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2020



 

Luca Signorelli part_1

Ste-Reine

Les gens vont tout bêtement
Avec leurs pieds
Qu’ils avancent l’un après l’autre
Heureusement que les poètes
N’ont pas que des pieds pour aller

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Luca Signorelli

 

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ci-gît Jack Kerouac (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



 

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Ci-gît Jack Kerouac

Dernier des Dépossédés
Mandala d’Étincelles Vivantes
Résonneur des Mille Poèmes en Amont du Poème

Arrêteur des Suicides
Exacte Pulsation des Sphères
Semeur des Confiances Illimitées
Gardien des Terres où le Corps Avance dans l’Esprit

(Zéno Bianu)

 

 

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Horizon (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



horizon qui traverse vivant

fièvre à porter
au plus vrai
au plus haut
en attention simple

exercice du chemin
où l’on avance
ôté de soi

au couchant de la terre
la proximité comble
l’exacte blancheur

chute des nerfs
à fleur de monde
pour inspirer
ce qui prend vie

le visage de l’espace
tendu
vers l’interminable

ce qui bat toujours
au fond du ciel
au fond du profond

où l’on avance
à son insu
par sursaut de grâce

vers le coeur et l’aride

(Zéno Bianu)


Illustration

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VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2020



Camille Claudel
    

VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL

Mettre le cap près du soleil…
Ian Curtis

Tu tournes sans relâche
jusqu’à enlacer l’univers
tu cherches

infiniment
cette seconde avant le contact
celle qui nous mène

à l’essentiel vertige
tu tournes et t’en retournes
en suspens continu

en volutes instables
toute une vie en bascule
pour ce seul tourbillon

qui te prend maintenant
ce lent tourbillon de langueur
cette ronde enfantine

qui fait vaciller les siècles
en drapé de nuit
douce et profonde

l’enroulement
l’étreinte
l’ardent abandon

jamais
tu n’interromps
le souffle du vivant

par effleurements
par torsades
par souvenirs renversés

tu avances
petite châtelaine de l’intensité
spontanément universelle

tu avances et tournes
promesse
des plus savants déséquilibres

par sinuosités
par accès de véhémence
par étourdissements

voici le temps
d’offrir toute ta lumière
fol amour

qui tout emporte
tu sombres
et prends les poissons du ciel

dans un flot d’onyx
tu écoutes
ce qui tournoie en toi

pour jaillir
hors de tous les sillons
labourer les nuages

pénétrer la parole
éclairer les atomes
nue

si sauvage et si nue
te laissant submerger
par l’impossible

sous l’emprise d’un amour
qui se déverse
sans fin dans l’amour

bienheureuse
par l’étendue
de ta seule consumation

sous l’emprise d’un tourment
de haute haleine
tu sens

palpiter l’invisible
possédée dépossédée
tu ramasses

les comètes errantes
pour en faire des fagots
allez

allez
entre dans la ronde
jusqu’à son point de rupture

allez
entre dans la ronde
pour recueillir la vie

jusque dans la mort
allez
trois petits tours encore

et puis t’en vas vers le silence

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sécheresse (Khamîd ägg Äfiser)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



    

Sécheresse

Les sacs sont légers, les chèvres sont sèches;
vient un pauvre, il s’assoit sur les talons,
on n’en a nul souci, qu’il meure de faim s’il le veut!
La sécheresse pèse sur le pays comme le mont Oûdan;
elle se lèche les lèvres de satisfaction, elle ne recule pas d’un pas;
elle veut nous ôter jusqu’à nos voiles de visage
et nos pantalons, et nous empêcher d’aller aux réunions galantes.
Les chamelles et les chamelons d’un an sont arrêtés et retenus aux lieux où ils sont, tant ils sont épuisés;
Les chameaux s’arrêtent en plein désert sans pouvoir avancer, de faiblesse;
qu’arrivera-t-il, à plus forte raison, aux petits des vieilles chèvres
qui à grand-peine déplient leurs articulations pour marcher?

(Khamîd ägg Äfiser)

Chants touaregs, recueillis et traduits par Charles de Foucauld, Albin Michel,1997.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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