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Posts Tagged ‘avènement’

Instant un coeur qui bat (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018


 

Mais l’oiseau point d’empreinte
Ne laisse. Son empreinte est
Son vol même. Nulle trace
Autre que l’instant-lieu,
Joie du pur avènement:
Lieu deux ailes qui s’ouvrent,

Instant un coeur qui bat.

(François Cheng)

 

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Avez-vous vu Lambert? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018




    
Avez-vous vu Lambert?

1
Je vais vous chanter
Un fait historique
Qui s’est déroulé
Avant l’avèn’ment de la République:
Au bois d’ Vincenn’ monsieur Lambert
Madame Lambert, les p’tits Lambert
Par un matin d’été superbe
Allèrent déjeuner sur l’herbe.
Monsieur Lambert sans crier gare
S’éloigna pour aller acheter un cigare.

Refrain 1
Madam’ Lambert affolée
Criait d’allée en allée
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Les p’tits Lambert tout en larmes
Faisaient aussi du vacarme
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert?
Les passants que ça fit rire
À leur tour se mir’nt à dire
Lambert! Lambert!
Avez-vous Lambert ?
Avez-vous Lambert?
Lambert ?

2
Rentrée dans Paris
La foule joyeuse
Continua ses cris
D’ la porte Dorée à la rue Vineuse
Faubourg Saint-Denis, Rue d’ Rivoli
Rue Rossini, rue Cassini
Place du Trôn’, quai de Grenelle
Et Boulevard Bonne Nouvelle
Chacun criait à perdre haleine
Comm’ des fous, comm’ des sourds, des putois, des baleines.

Refrain 2
Napoléon trois s’inquiète
La police est en alerte
Lambert! Lambert!
Arrêtez donc Lambert!
Le tocsin, la générale
Composent une chorale
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Méfiez-vous il est terrible
Il pourrait vous prendr’ pour cible
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Arrêtez donc Lambert!
Lambert!

3
Je connais des gens
Dont la renommée
Est comme un volcan
Vomissant des lay’s et de la fumée
Ils pouss’nt des cris, ils, font du bruit
On est surpris, on perd l’esprit
On court à gauche, on court à droite
Et le pantin sort de sa boîte
Quoi c’était ça le monstre horrible
Le dragon, le costaud, le méchant, le terrible.

Refrain 3
Et pendant ce temps les heures
Sont rentrées dans leur demeure
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
C’est le vent qui le remporte
Le destin ouvre sa porte
Lambert! Lambert!
Viens te coucher Lambert
Et les enfants des écoles
S’amusent sur ces paroles
Lambert! Lambert!
Avez-vous vu Lambert ?
Avez-vous vu Lambert ?
Lambert!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Vois cet arbre sans nom (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Vois cet arbre sans nom à présent dépouillé
noir et nu tel un épouvantail
il tremble dans l’orage et le vent,
trait dérisoire sur l’horizon d’hiver.

Ainsi devient cette lucide liberté
cette jeunesse dont nous disions l’avènement.
Ô lumière n’étions-nous au sortir des ténèbres
qu’une cohorte de naïfs hallucinés ?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que je puisse me laisser rencontrer (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
Que je puisse me laisser rencontrer, que je le puisse moi-même,
c’est là le premier don de l’autre,
et c’est en tant que véritable don que véritablement il m’appartient…

C’est l’autre déjà qui me donne le pouvoir de me donner à lui.
Cet abandon est son événement et son avènement.

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: L’effroi du beau
Traduction:
Editions: Le Cerf

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AVÈNEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
AVÈNEMENT

Un souffle d’éternité
Investit nos paroles
Tandis que l’homme se hâte
De vivre et de mourir

Brève parade des saisons
Flux et reflux des ombres
Précarité du chant

Nos mots chancellent
Nos raisons s’égrènent
Nos sentiers s’épuisent
Nos rêves en sourdine
Récusent l’horizon

Nous cédons
Aux gouffres impassibles
En exil d’espérance
Nous rayons l’avenir

Pourtant
Ni corps Ni coeurs
N’ont dévoilé leurs arcanes

Un monde en germe
Nous invite
A d’autres semailles
D’autres labours
D’autres récits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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JE VIENDRAI QUAND TU CONNAITRAS LA PIRE ANGOISSE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
JE VIENDRAI QUAND TU CONNAÎTRAS LA PIRE ANGOISSE

Je viendrai quand tu connaîtras la pire angoisse,
Allongé, seul, dans la chambre assombrie,
La folle joie de la journée évanouie
Et l’heureux sourire banni
Des ténèbres glacées du soir.

Je viendrai quand le vrai sentiment de ton coeur
Régnera pleinement, sans rien pour le gauchir,
Et que mon influence, se glissant en toi,
Aggravant la désolation, gelant la joie,
Emportera ton âme.

Ecoute : voici l’heure, voici
Pour toi le moment redoutable;
Ne sens-tu pas déferler sur ton âme
Un flot d’étranges sensations,
Signes avant-coureurs d’un plus rude pouvoir,
Hérauts de mon avènement?

***

I’LL COME WHEN THOU ART SADDEST

I’ll come when thou art saddest,
Laid alone in the darkened room;
When the mad day’s mirth has vanished,
And the smile of joy is banished
From evening’s chilly gloom.

I’ll
come when the heart’s real feeling
Has entire, unbiassed sway,
And my influence o’er thee stealing,
Grief deepening, joy congealing,
Shall bear thy soul away.

Listen, ’tis just the hour,
The awful time for thee;
Dost thou not feel upon thy soul
A flood of strange sensations roll,
Forerunners of a sterner power,
Heralds of me?

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Non-vision (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



Non-vision

Heure nulle, citerne
où ma pensée
elle-même se boit.

Un instant immense
j’ai oublié mon nom.
Peu à peu je dénais,
diaphane avènement.

(Octavio Paz)

Illustration: Arthur Hughes

 

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AVÈNEMENT NOCTURNE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration
    
AVÈNEMENT NOCTURNE

TERRE

Je reconstruis de roses ton passé
car sur les déserts, amèrement,
le soleil à présent fouille les buissons,
les colonnes, et les mouettes sur la mer
verte gonflée de vents et de méduses aspirent
à la chaleur que répandent tes peuples !
Et une mère sur les rochers soucieuse
abandonne son flanc aux profondes
comètes, ô astres, les chèvres humainement
s’arrêtent au bord des torrents
d’autrefois, le nuage sur les temples
se défait, se souvient de l’encens.
Telle est ma mémoire. Mais au couchant
descend une jeunesse qui brille d’événements,
je regarde : humide le vaisseau laboure
l’avenir, parfait au-dessus des rocs
pèse le faucon et dans les sentiers les jacinthes
vivent d’une charité que j’ignore.

***

AVVENTO NOTTURNO

TERRA

Ricompongo di rose il tuo passato
io perché sui deserti amaramente
fruga il sole i cespugli e le colonne
ora, e il cabre effuso dai tupi popoli
ricercano i gabbiani sopra il verde
mare gonfio di venti e di meduse !
E una madre sui sassi pensierosa
abbandona il suo franco aile profonde
comete, astri, si fermano le capre
umanamente al ciglio dei torrenti
d’un tempo, la nuvola sui templi
si disanima memore d’incenso.
Tale la mia memoria. Ma a ponente
cala la gioventù lustra di eventi,
io guardo : umido solea nel futuro
il vascello, perfetto sui macigni
pende il falto e nei viottoli i giacinti
vivono d’una carita ch’io ignoro.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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L’enfance (Jean-Patrick Desvignes)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2016



 

Natalia Syuzeva 7b23_L

L’enfance est ce que tu préserves
de neige
dans ce bel aujourd’hui

qui a le goût des fruits
périssables

l’enfance est le surgissement
de l’instant de la neige

ce blanc avènement
sans âge

comme les mots sur la page

l’enfance
est ce que tu préserves
de ce bel étonnement
des mots

(Jean-Patrick Desvignes)

Illustration: Natalia Syuzeva

 

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Non-vision (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2015




Non-vision

Heure nulle, citerne
où ma pensée
elle-même se boit.

Un instant immense
j’ai oublié mon nom.
Peu à peu je dénais,
diaphane avènement.

(Octavio Paz)

Illustration: Odilon Redon

 

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