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Posts Tagged ‘aventureux’

Par l’appel souriant de sa claire étendue (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

Par l’appel souriant de sa claire étendue
Et les feux agités de ses miroirs dansants,
La mer, magicienne éblouissante et nue,
Eveille aux grands espoirs les meurs adolescents.

Pour tenter de la fuir leur effort est stérile ;
Les moins aventureux deviennent ses amants,
Et, dès lors, un regret éternel les exile,
Car l’on ne guérit point de ses embrassements.

C’est elle, la première, en ouvrant sa ceinture
D’écume, qui m’offrit son amour dangereux
Dont mon âme a gardé pour toujours la brûlure
Et dont j’ai conservé le reflet dans mes yeux.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: William Bouguereau

 

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Tu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Tu

Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.

Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.

Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.

Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fabienne Contat

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Les années, dis-tu (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



 

Illustration: Flo DS
    

« Les années, dis-tu, t’ont enlevé tant de choses,
La jouissance du jeu des sens,
Le souvenir du délicieux badinage
De la veille, les pérégrinations lointaines
N’ont plus de charme, non plus
Que l’ornement naguère si apprécié, la louange venue d’en haut,
Autrefois si douce. La satisfaction de ta propre action
Ne jaillit plus pour toi ; l’aventureuse audace te manque
Je ne sais vraiment pas ce qui peut bien te rester encore ?»
Il me reste assez ! Il me reste l’idée et l’amour.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Les fenêtres (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Illustration: René Magritte
    
Les fenêtres

Ce matin il écrit un poème.
Le fait sécher
à la fenêtre,
mais pas au soleil,
voulant qu’il garde
quelques gouttes du songe
d’une nuit qui fut aventureuse.

Tandis qu’avance la journée
des pigeons de passage
picorent le poème.
Le privent de ses voyelles
de tous ses points d’exclamation.
Parenthèses et guillemets
Sont épargnés.

Le soir il revient chez lui,
ramasse le poème
et ferme la fenêtre.
Il le récrira peut-être demain…

Elle a tant de fenêtres, la Poésie.

***

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Le vent rapide (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
Le vent
Rapide

La nuit
Aventureuse

Suivre cela…

J’aiguise en moi
Le souffle

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    

NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES

Qu’espères-tu, qu’attends-tu, amie,
revenant en si sombre voyage
jusqu’ici où dans le soleil les orages
ont une très haute voix de deuil,
de jasmin embaument et d’avalanches ?

Je me trouve ici à cet âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
cette vicissitude suspendue ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu, ce qu’on m’imposa,
tu entres dans mes pensées et tu en sors indemne.

Tout le reste qui doit être est encore,
le fleuve coule, la campagne change,
il grêle, la pluie cesse, un chien aboie,
la lune sort, rien ne se réveille,
rien du long sommeil aventureux.

***

NOTIZIE A GIUSEPPINA DOPO TANTI ANNI

Che speri, che ti riprometti, arnica,
se torn per cosí cupo viaggio
fin qua dove nel sole le burrasche
hanno una voce altissima abbrunata,
di gelsomino odorano e di frane ?

Mi trovo qui a questa eta che sai,
né giovane né vecchio, attendo, guardo
questa vicissitudine sospesa ;
non so più quel che volli o mi fu imposto,
entri nei miei pensieri e n’esci illesa.

Tuno l’altro che deve essere è ancora,
il flume scorre, la campagna varia,
grandira, spiove, qualche cane lacra,
esce la luna, riente si riscuote,
niente dal lungo sonno avventuroso.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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CHANSON (Pierre Berthelot)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Albert-Joseph Pénot
    
CHANSON

Chevaliers aventureux.
Qui pleins d’un feu vigoureux
Souspirez après les femmes,
Venez esteindre vos flammes
Dans mon giron amoureux,

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire.

Venez, accourez-y tous
Et j’auray pitié de vous,
Vous prestant une fournaise
Qui recevra vostre braise
Comme miel ou sucre doux;

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire,

Bas donc chausses et pourpoint!
Venez nus, les torche au poing !
Je ne fais que vous attendre
Taschez de me mettre en cendre,
Mais cela ne sera point,

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire.

Bon Dieu ! quelle liqueur
Qui me coulant jusqu’au cœur
Noyé de plaisir mon âme ;
De l’appeler feu ny flamme
Seroit un dire mocqueur,

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire.

C’est un baume précieux,
Un nectar délicieux,
Une céleste rosée,
Dont pour en estre arrousée
J’abandonnerois les cieux,

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire.

Poussez doncques hardiment
Et me mouillez tellement
Qu’ayant éspuisé vos veines,
Je ne sois rien que fontaines
D’un si parfait élément.

Car le feu qui vous martyre
N’est qu’une eau que je désire!

(Pierre Berthelot)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Carrières des Baux (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016




Cette fêlure, cette
fissure dans la pâleur
du roc, est, nous dit-on,
l’entrée du labyrinthe,

non pas porte velue,
gouffre denté qui broie
les corps aventureux

mais corridor
taillé par le couteau
géant des ruches ouvrières:

piliers de rêve
sans raison
et presque titubants,

si bien que la blancheur
y joue avec le gris,
le noir déjà qui nous aspire.

Un fil de feu nous guide,
un souffle pur
dont le parfum dissout

la crainte de la Bête.
Non pas ici la mort
mais le tissu de la lumière.

Et nous allons
portés par le silence
dans l’oubli.

Qui règne au centre?
Quelle ombre qui nous tend
des bras,
des lèvres invisibles?

(Jean Joubert)

Illustration: Carrières des Baux de Provence (Photo Ali)

 

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Au miroir incorruptible de la page (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Au miroir incorruptible de la page
impossible de mentir
Je sais maintenant
qu’aucun calcul savant
aucune intelligence supérieure
ne pourront m’éclairer
de mon vivant
sur l’énigme de l’Univers
Devant celle-ci
même la poésie la plus aventureuse
doit honnêtement rendre les armes
Je mourrai donc
idiot

(Abdellatif Laâbi)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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J’ai la toux dans mon jeu (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



 

 

J’ai la toux dans mon jeu,
C’est ainsi que je gagne
Les coeurs aventureux
Qui battent la campagne.

Appuyés à mon lit
Que secouent mes morts feintes
Des jeunes gens pâlis
Se pâment à mes quintes.

Toujours prêts aux adieux,
Car je suis fée d’automne,
Ils prennent à mon jeu
La mort que la toux donne.

Ils saisissent les fleurs
Dont j’ai la bouche pleine,
La bouche à mes couleurs
Et les fleurs de mes veines,

Pour les manger rougies
De mes mauvais desseins
Et goûter en ma vie
Le bouquet de leur fin.

Torses que la toux bombe,
Regards fermés au jour,
Ils roulent vers la tombe
Où vont mes gains d’amour.

J’ai la toux dans mon jeu
C’est ainsi que je gagne
Les coeurs aventureux
Qui battent la campagne.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Louis Icart

 

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