Arbrealettres

Poésie

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Arbre (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



Arbre

Tu es plus souple que le zèbre
Tu sautes mieux que l’équateur.
Sous ton écorce les vertèbres
font un concert d’oiseaux moqueurs.
J’avertirai tous les poètes :
il ne faut pas toucher aux fruits
c’est là que dorment les comètes,
et l’océan s’y reconstruit.
Tu es léger comme un tropique.
Tu es plus sage qu’un poisson.
Dans chaque feuille une réplique
est réservée pour ma chanson.
Dès qu’on t’adresse la parole,
autour de toi s’élève un mur.
Tu bats des branches, tu t’envoles
c’est toi qui puniras l’azur.

(Alain Bosquet)

 

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Que le bonheur arrive lentement ! (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s’éloigne avec vitesse !
Durant le cours de ma triste jeunesse,
Si j’ai vécu, ce ne fut qu’un moment.
Je suis puni de ce moment d’ivresse.
L’espoir qui trompe a toujours sa douceur,
Et dans nos maux du moins il nous console ;
Mais loin de moi l’illusion s’envole,
Et l’espérance est morte dans mon cœur.
Ce cœur, hélas ! que le chagrin dévore,
Ce cœur malade et surchargé d’ennui,
Dans le passé veut ressaisir encore
De son bonheur la fugitive aurore,
Et tous les biens qu’il n’a plus aujourd’hui ;
Mais du présent l’image trop fidèle
Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,
Et sans pitié la vérité cruelle
Vient m’avertir de répandre des pleurs.
J’ai tout perdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté,
Douces erreurs, consolante espérance,
J’ai tout perdu ; l’amour seul est resté.

(Évariste de Parny)

 

 

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Fausse paix (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015


 

Un babil d’enfant en bas âge
fait écumer de colère un bandit
dans la chambre où il entre
il voit sur une gravure
une gloire en femme
à grandes ailes.
Le pardon des injures
reste prêché au fond des églises.
Dans la fausse paix du monde
un verre se brise
près d’un regard perdu au loin.
Les clous brillent sur la croix d’un Christ.

(Jean Follain)

 

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