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Poésie

Posts Tagged ‘aveuglant’

Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Toujours la toute-puissance du merveilleux nous échappe
Toujours la toute-puissance du silence
s’exerce en mode d’illumination

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant
toujours trop aveuglant,
toujours énigmatique

(Michel Camus)


Illustration

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Viens, nuit! (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Illustration: Frederick Leighton
    
Viens, nuit! Viens, Roméo! Viens, mon jour dans la nuit.
Car sur les ailes de la nuit, tu vas reposer
Plus blanc que sur le dos du corbeau la neige,
Viens, douce nuit, amoureuse au front noir,
Donne-moi Roméo ; et, quand je serai morte,
Prends-le, fais-le se rompre en petites étoiles,
Lui qui rendra si beau le visage du ciel
Que l’univers sera comme fou de la nuit
Et n’adorera plus l’aveuglant soleil.

(William Shakespeare)

 

Recueil: Roméo et Juliette
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Folio

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MIROIR (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

https://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/06/blake_ancient_of_days.jpg

MIROIR

Mis à nu
par ton oeil féroce, obsidien,
par la colère
blême et aboyant
contre le miroir — chien qui te fixait
d’un regard aveuglant:

le dieu de Spinoza,
échappé des franges du discours, géométrique,
circulant dans la courbe
de l’exil,
hasarde un autre monde.

(Paul Auster)

Illustration: William Blake

 

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La page est blanche d’une blancheur aveuglante (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration
    
La page est blanche d’une blancheur aveuglante
Page donne-moi ta blancheur
page d’un chevalier sans peur
où d’une main tremblante
j’écrirai les premiers mots de la première phrase
au noir de fumée de Chine
Page table rase
faut-il déjà y peindre un signe
laisse-moi te contempler
sans points ni lignes
Tu es l’étincelant dragon blanc aux mille reflets
la rivière d’écumes tourbillonnantes
la fenêtre éblouissante
Laisse-moi un peu de répit avant de repartir à la mine
Je rentre au creux de l’origine

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Intolérable jour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration
    
Intolérable jour.
Changer le sang contre de l’eau.

Les moissons crient le long des routes
où la poussière taille ses aveuglants manteaux,
chair répandue,
pavots vifs des chars.

Le soleil envolé
tire l’eau de nos puits
et les ruisseaux se taisent sous les joncs fascinés.

Le désir est déjà dans la proie convoitée
que la sueur habille
souffle dans les coeurs noirs et le sang plus épais
son espoir d’étincelle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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L’Egalité des Sexes (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire
Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard
Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,
Celle des gouttes d’eau, des perles en placards,

Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue.
Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir
Et s’il semble obéir aux puissance du soir
C’est que ma tête est close, ô statue abattue

Par mon amour et par mes ruses de sauvage.
Mon désir immobile est ton dernier soutien
Et je t’emporte sans bataille, ô mon image,
Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Il suffit d'un rien

Il suffit d’un rien

Il y a du merveilleux à voir
en allant voir derrière les yeux
Du silence à entendre en ouvrant l’oreille
entre rêve et sommeil
De l’infini à caresser dans la céleste
chaleur animale de l’amour

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant toujours trop aveuglant,
toujours indéchiffrable

(Michel Camus)

Illustration

 

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DES MOTS AMOUR (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    
DES MOTS AMOUR

Erreur

Charger les mots de dire l’amour
Tant ils sont boiteux étroits
Pris dans la moisissure de l’habitude
Usés dans la pâleur masquée

L’amour est ou n’est pas

Pas besoin de béquilles
Ni d’échelle pour monter au ciel
Une lumière aveuglante
Dans le sillage du silence élu
Une page blanche où le poème s’imprime
Amour sans annonce
Pudique comme un crime
Évident comme une nuit encombrée d’étoiles
Une belle nuit sans sommeil
Où nous sommes ce que nous sommes
Fragiles et abîmés
Espérant espérés
Vivants

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Sur ton passage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017



Sur ton passage tu annihiles tout.
N’est-ce pas pourtant toi, Mort,
Qui rends unique tout d’ici ?
Cette nuit même, n’est-ce toi
La brise qui parcourt les sentiers,
Le nuage qui, flottant, cache les étoiles,
Le parfum de tilleul qui soudain étouffe,
Les lucioles égarées là
Sur l’étang de la mémoire…
Ce brame déchirant cœurs et reins,
Biche blessée cédant à l’invite
D’un lit de mousse sans fond,
Au sein de l’aveuglante clairière.

(François Cheng)

Illustration

 

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A CORPS PERDU (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



A CORPS PERDU

Hurrah! Que notre nuit toujours recommencée
Soit comme une bataille aux aveuglants éclairs
Qui fasse évanouir le jour dans mes yeux clairs!
Et tant mieux si ma mort doit en être avancée !

Redouble de caresse et de rage insensée,
Jusqu’à vider mes os, jusqu’à rompre mes nerfs !
Dans des spasmes pareils au rut fauve des cerfs,
Fais saigner largement mon corps et ma pensée !

Tu peux m’ouvrir le ventre et me casser les reins.
Frappe! Je ne crains pas la mort. Ce que je crains,
C’est que ta soif d’aimer ne soit pas assouvie ;

Et je veux t’enivrer sans fin, jusqu’au moment
Où, les yeux effarés, tu briseras ma vie
Comme un ouvrier soûl brise son instrument,

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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