Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘aveugler’

RENONCEMENT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



fantome

RENONCEMENT

Dans le jardin mort
J’ai sauté hier soir, par-dessus le mur mort,
Et mon pas hésitait, lentement s’arrêtait,
Conscient du destin… la douleur l’aveuglait…
Dans le jardin mort
Est arrivé un mort.

La lune blanche, morte, exhalait sa prière
Et plongeait ses regards dans le grand jardin mort.
Et de plomb mon corps
Tomba sur le banc de pierre.

Dehors on entendait
La vie prolétaire…
Derrière le mur, mon ombre solitaire
Dans la nuit ténébreuse, à tout jamais, pleurait…
Dans le jardin mort
Est arrivé un mort.

(George Bacovia)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une seule matière (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Carole Moutte
    
Une seule matière

Le mystère de l’évidence
nous a-t-il aveuglés ?
Le réel est une construction
que la matière n’abrite pas.
Le monde indéchiffrable
à jamais nous échappe

et nous constitue.

Le Poème, trace d’une langue
perdue, bloc détaché
de l’oubli premier
à jamais témoigne
d’un amour égaré
dans les replis du Temps.

Une seule matière

nous échappe
et nous constitue :
quelle est sa teneur ?
Le Poème dévoile
sans l’éteindre
l’évidence du mystère.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUREA MEDIOCRITAS (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Papillon

AUREA MEDIOCRITAS

Heureux l’ami secret des arts et de l’étude,
Pour qui la renommée est une servitude :
Le sourire du ciel a lui sur son berceau.
La gloire fait du mal : son sublime flambeau
A des éclairs trop vifs pour une humble chaumine :
Il aveugle toujours les yeux qu’il illumine.
L’appeler sous son toit, c’est bannir le sommeil ;
C’est y vouloir, pour lampe, attacher le soleil.
Au temple des grands noms suspendons nos guirlandes ;
Mais n’ayons pas d’autels, où nous servions d’offrandes.
Ambitieux amants du commerce des fleurs,
Ne les cultivons pas pour vendre leurs couleurs.
Tandis que, spéculant sur leur grâce fertile,
Pour en faire de l’or un autre les distille,
Aimez-les seulement ; ou, leurs dons les plus doux,
Un papillon qui passe en jouit plus que vous.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Depuis combien de temps étaient-ils rassemblés (Jean Pichet)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
Depuis combien de temps
étaient-ils rassemblés
sur le bord du ciel,
ces oiseaux silencieux
qui tout à coup s’envolent,
et ne laissent aux yeux
qu’une image aveuglante
d’ailes blanches muettes
dont les lames légères
éventrent les nuages
dans leur sommeil d’enfants.

(Jean Pichet)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128 de la revue Friches
Traduction:
Editions: Revue Friches

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Amour (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018




    
Amour m’a fait la cible de la flèche,
Je suis neige au soleil, cire dans le feu,
Brume que vent disperse. Ma voix s’enroue,
Ma dame sans pitié, à vous crier « Grâce ».

Vos yeux, c’est eux qui m’ont porté le coup mortel
Que ne pourront ni temps ni lieu guérir,
De vous seule dépendent, et c’est votre jeu,
Le soleil, le feu et le vent dont je suis la proie.

Car les pensées sont flèches, soleil est ce visage,
Et feu est le désir. Et de ces armes
Amour me perce, m’aveugle, me consume.

Cependant que ce chant, ces mots dignes des anges,
Et cette douce haleine qui me tue,
Sont la brise qui fait que ma vie dérive.

***

Amor m’à posto corne segno a strale,
corne al sol neve, corne cera al foco,
et corne nebbia al vento; et son già roco,
donna, mercé chiamando, et voi non cale.

Dagli occhi vostri uscfo ‘l colpo mortale,
contra cui non mi val tempo né loco;
da voi sola procede, et parvi un gioco,
il sole e ‘l foco e ‘l vento ond’io son tale.

I pensier’ son saette, e ‘l viso un sole,
e ‘l desir foco: e ‘nseme con quest’arme
mi punge Amor, m’abbaglia et mi distrugge;

et l’angelico canto et le parole,
col dolce spirto ond’io non posso aitarme,
son l’aura inanzi a cui mia vita fugge.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une couleur suffit (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Une couleur suffit
à nous aveugler.

(Edmond Jabès)


Illustration: Fabienne Contat

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Faudrait-il trembler (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Faudrait-il trembler avec les herbes
et faire bonheur de tout souffle ?
Tenez-vous-le pour dit, le coeur,
toujours vif, bat dans le coquelicot.
Et l’oeil rouge nous aveugle.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TE DÉVÊTIR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Anna Razumovskaya  1600_629

Te dévêtir
aller vers encore plus de lumière et de brûlure
alors que tu m’aveugles déjà
et que tout de moi se calcine.

Et pourtant
il faut bien après cent chevauchées
que les nues de ma foudre
descendent vers la terre.

Il faut bien que je tombe
adorer tes genoux
et toucher la tiédeur scandaleuse
de ce nid de soleils.

(Alain Borne)

Illustration: Anna Razumovskaya

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Une autre lumière (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018


1232724114

Il n’y a silence qu’à la source,
corne d’abondance
d’où s’échappe l’infinité de la vie.
Ses éclairs de voyance en nous traversant
nous aveuglent et nous aveuglant
effacent nos ombres dans la nuit

Et si cette nuit-là
comprenait
une autre lumière

(Michel Camus)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Départ (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Départ

l’air plus tiède arrive par bandes
le printemps me rencontre-t-il
des bois partent des cors de chasse
l’ardeur dans les yeux pétille
et toujours plus le clair tumulte
par vague magique sauvage
le monde est beau descends
ce fleuve de la vie t’appelle

et qui ne voudrait s’éprouver
loin de vous le vent m’entraîne
je veux descendre le fleuve
un rayon pur bonheur m’aveugle
mille voix séductrices claquent
de flamme est le vent
et voyage je ne demande pas
où tu vas

***

Frische Fahrt

Laue Luft kommt blau geflossen,
Frühling, Frühling soil es sein !
Waldwärts Hörnerklang geschossen,
Mut’ger Augen lichter Schein ;
und das Wirren bunt und bunter
Wird ein magisch wilder Fluß
In die schöne Welt hinunter
Lockt dich dieses Stromes Gruß

Und ich mag mich nicht bewahren !
Weit von euch treibt mich der Wind
Auf dem Strome will ich fahren,
Von dem Glanze Selig blind !
Tausend Stimmen lockend schlagen,
Hoch Aurora flammend weht,
Fahre zu ! ich mag nicht fragen,
Wo die Fahrt zu Ende geht !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :