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Poésie

Posts Tagged ‘aviron’

VILLONELLE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



VILLONELLE

Dis-moi quelle fut la chanson
Que chantaient les belles sirènes
Pour faire pencher des trirèmes
Les Grecs qui lâchaient l’aviron

Achille qui prit Troie, dit-on,
Dans un cheval bourré de son
Achille fut grand capitaine
Or, il fut pris par des chansons
Que chantaient des vierges hellènes
Dis-moi, Vénus, je t’en supplie
Ce qu’était cette mélodie.

Un prisonnier dans sa prison
En fit une en Tripolitaine
Et si belle que sans rançon
On le rendit à sa marraine
Qui pleurait contre la cloison.

Nausicaa à la fontaine
Pénélope en tissant la laine
Zeuxis peignant sur les maisons
Ont chanté la faridondaine !…
Et les chansons des échansons?

Échos d’échos des longues plaines
Et les chansons des émigrants !
Où sont les refrains d’autres temps
Que l’on a chantés tant et tant?
Où sont les filles aux belles dents
Qui l’amour par les chants retiennent?
Et mes chansons? qu’il m’en souvienne !

(Max Jacob)

Illustration: Victor Mottez

 

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ET TOI NUE MAINTENANT (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Camille Claudel
    
ET TOI NUE MAINTENANT

Et toi nue maintenant sur qui mes lèvres filent
La lente métaphore d’un baiser, de l’épaule à tes seins.
Les mouettes de nos mains
À l’assaut du vertige. Puis
Étreignant l’aviron d’une dextérité
Pour appuyer la force des marées,
Les courants fous qui se déchaînent.

Ô mon amour, un seul navire tour à tour
Élevé sur le haut de la vague et plongeant
Tout à coup dans l’abîme nous hisse,
Nous unit, nous entraîne. Et laisse pantelants.

Naufragés sur la rive,
Coeurs à nu, follement ivres,
En un seul deux s’incarnent.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE FLEUVE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015



LE FLEUVE

L’ange exilé des cieux qui porte le silence
Se mire dans le Fleuve où se fane le soir.
Et sur le bord tranquille où la Paix vient s’asseoir
La nuit répand, suave, un vent de confidence.

L’âme se laisse aller sur des flots sans cadence.
Le souvenir, errant aux rives du passé,
Recherche l’aviron que les temps ont brisé,
Pour rembarquer l’azur des jours en décadence.

Mais le Présent écoute au vague étang désert
Vibrer, comme un cristal, la pureté des airs
Sous l’essaim des oiseaux que la blancheur escorte.

Et, virginal parmi les vols immaculés,
Un grand héron, penché sur les mois écoulés,
Attend le vain retour des belles lunes mortes.

(Jacques Rabemananjara)
Illustration

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