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Poésie

Posts Tagged ‘avorter’

Que comprendre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



    
que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Là où je suis (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
— Là où je suis, la lumière est opaque,
là où je suis le temps passe sans moi,
là où je suis les visages des autres
ont perdu leurs regards, hésitent à sourire,

Dans cette brume où les heures s’étiolent,
les corps des vivants craignent de se mouvoir,
ils acceptent d’être là mais leur inertie
n’a plus aucun effet sur les rythmes du temps,

Là où je suis, les paroles s’effritent,
les images avortent, deviennent rébus,
les faits se désagrègent avant d’être évalués,
la mémoire reste vide, paraît satisfaite ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’exode (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’exode

Rentrer en la substance aveugle d’un seul coup
Et tel à son liteau vient s’endormir le loup.
Ah! n’être pas celui dont tout désir avorte,
Qui va traînant sa chair comme un lourd vêtement!
Dans son tournoiement d’or que la nuit me remporte,
Qu’une étoile me mêle à son ruissellement!

Ah! que je ne sois pas celui qui se résigne
Et pâlement sourit en l’automne attiédi,
Dont la décrépitude a marqué de son signe
La lèvre détendue et le pas engourdi!
Je veux, dans du soleil, d’un bras plein de révolte,
Violer l’inconnu dont j’ai forcé la porte

Et devenir chanson, mouvement ou rayon,
Le vol de la tempête ou l’aile d’un grillon,
N’être pas le vieillard dont la force agonise
Lentement; mais debout, jeune et audacieux,
Puisque j’ai blasphémé et la vie et les dieux,
Que sur les hauts sommets l’éclair me pulvérise.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE MAUDIT (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



LE MAUDIT

J’ai mené mon chagrin maudit dans les prairies
Où je me suis roulé, sanglotant comme un fol ;
Mes pleurs salés faisaient des brûlures au sol
Et laissaient des trous noirs dans les herbes fleuries.

Je l’ai conduit au bois et dans les closeries
Pour entendre le gai pinson, le rossignol ;
Mais les oiseaux bien loin de nous prenaient leur vol
Devant l’épouvantail de nos mines flétries.

Alors je l’ai traîné jusqu’au bord de la mer
Où les pleurs en tombant se noient au gouffre amer.
Où l’on n’a pour témoins que la vague et la roche ;
Mais la roche restait muette de stupeur,
La vague en frissonnant fuyait à mon approche,
Et les monstres marins en avortaient de peur.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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Qu’y reste-t-il (Aragon)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015


Qu’est-ce à la fin que l’être emporte
Dans la fixité de ses yeux
Qu’y reste-t-il qui fut les cieux
Avec lui quelle étoile avorte

(Aragon)

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