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Heureux les semeurs (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Paul Hannaux
    
Heureux les semeurs

Heureux les semeurs qui ne moissonnent pas
car ils erreront au loin.

Heureux les prodigues dont la jeunesse splendide
accrut la lumière des jours et leur largesse
et qui abandonnèrent leurs parures à la croisée des chemins.
Heureux les orgueilleux dont la fierté franchit les limites de l’âme
et devient humble comme la blancheur
après que l’arc-en-ciel s’est levé dans la nuée.

Heureux ceux qui savent que leur coeur clamera dans le désert
et que sur leurs lèvres fleurira le silence.

Ils seront recueillis dans le coeur du monde
ils seront enveloppés du manteau de l’oubli
et leur lot immuable refusera toute parole.

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Les solitaires disent (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Egon Schiele

    
Les solitaires disent

Le jour lègue au jour un soleil déclinant
Et la nuit se lamente sur la nuit
Un été après l’autre s’achève dans l’effeuillement
Et le monde chante du fond de son chagrin.

Nous viendrons demain à mourir, privés de toute parole,
Et le jour du départ nous trouvera devant la porte à la clôture
Si le coeur se réjouit que Dieu nous ait rapprochés
Il se repentira et tremblera — craignant la traîtrise.

Le jour porte au jour un soleil ardent
Et une nuit après l’autre verse ses étoiles
Sur les lèvres des solitaires le chant s’interrompt :
Nous divergeons par sept chemins mais par un seul nous revenons.

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Au déclin du jour (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
Au déclin du jour

Lorsque sombrera le brasier rouge de nos vies
nous ôterons de nos fronts la couronne des fêtes
aux feuilles touffues, aux roses tombées,
et nous descendrons en silence vers les fleuves.

Au déclin du jour nous tenant sur la rive,
nous suivrons des yeux leur cours —
abandonnés fièrement à l’immense solitude.

Sous le déferlement du couchant,
nous verrons, éperdus, s’en venir des fleurs, blanches,
entraînées par l’eau glorieuse —
bordures d’un jardin riant
arrachées en plein midi.

Alors nous saurons : notre jeunesse est passée sous nos yeux.
Avec son souvenir pâlissant,
l’ombre du saule chagrin s’inclinera sur nous.

Au-dessus des montagnes, les étoiles, une à une,
sanctifieront la vaste nuit étrangère,
et le vent du soir, en nous frôlant,
vibrera comme un violon noir

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Toi et moi (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration
    
Toi et moi —
au-dessus de nous,
le fracas des mers.
nous sommes enfouis
comme deux perles
dans leurs ligaments,
au fond de la mer.

Je n’étais plus moi-même —
l’esprit désaltéré de silence;
vois comme mes ailes de vent tremblent…
La forêt retentira de tonnerres
le vent abattra ses lames
tu poseras sur moi un regard vacillant.
Tu es la grâce

et le repos —
à ma rencontre hurle la tempête…
Écoute le grand fracas des vagues dans la forêt,
la terre entière s’est rassemblée,
le monde a dénudé son âme
au dieu de la tourmente.

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Septembre dans l’avenue (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Leonid Afremov
    
Septembre dans l’avenue
Des lumières rêveuses,
Des lumières pâles,
S’étalent à mes pieds.
Des silhouettes tendres,
Des silhouettes lasses,
Caressent mes allées.

Parmi les branches nues,
Un vent léger
fait entendre sa voix
Puis se tait…
Voici une dernière feuille
Dans sa chute,
Elle tremblera un instant encore…
Et ce sera le silence.

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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