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Poésie

Posts Tagged ‘azur’

En jupe de peluche noire (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



En jupe de peluche noire

En jupe de peluche noire,
Avec des chapeaux tout fleuris,
Mes folles amours de Paris
Chantent autour de ma mémoire.

Elles ont des cheveux d’or pur,
Et, sous les blanches cascatelles
Des guipures et des dentelles,
Des seins de lis veinés d’azur.

Avec une audace espagnole,
Ma gourmande caresse n’a-
T-elle aux genoux de Rosina
Moqué les verrous de Barthole ?

N’ai-je pas promené ma main,
Avec des luxures d’artiste,
Sous des chemises de batiste
Embaumant l’ambre et le jasmin ?

(Jean Moréas)

Illustration: Jean-Gabriel Domergue

 

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Enfer et ciel (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2020



Illustration: Christian Schloe
    
Enfer et ciel

Dans le silence de la nuit,
dans la brume du soir,
quand la pensée tourmentée s’accroche au souvenir
de ses amours perdus,

quand l’aube prête une beauté soudaine
au ciel couvert et maussade,
et qu’aux sanglots lents de la pluie
répond un vent de mystère,
toujours me revient son visage
et sa voix murmure à mes oreilles,
triste et cruelle beauté,
aux yeux d’azur austères.

Sombre silhouette jadis rayonnante
de vie et de lumière intérieures
quand son âme s’épandait en ondes cristallines
et que les lèvres vermeilles se riaient du péché !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Enfer et ciel (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



    

Enfer et ciel

Dans le silence de la nuit,
dans la brume du soir,
quand la pensée tourmentée s’accroche au souvenir
de ses amours perdus,

quand l’aube prête une beauté soudaine
au ciel couvert et maussade,
et qu’aux sanglots lents de la pluie
répond un vent de mystère,
toujours me revient son visage
et sa voix murmure à mes oreilles,
triste et cruelle beauté,
aux yeux d’azur austères.

Sombre silhouette jadis rayonnante
de vie et de lumière intérieures
quand son âme s’épandait en ondes cristallines
et que les lèvres vermeilles se riaient du péché !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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LA POUSSIÈRE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



 

LA POUSSIÈRE

Khalife ou pauvre d’Asie,
Qu’étais-je il y a mille ans,
Ou quasi ?
Mendiant prosterné parmi les mendiants
Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
Qu’importe! La rose la plus choisie
N’était-elle pas pour l’un ou l’autre la même,
Et pareil le goût des figues d’Ispahan,
Et pareil le plus beau poème
De Khâyyam ou d’Hafiz,
Tout ainsi que l’azur éclatant
De l’espace ?
Quand un peu de poussière au hasard de la brise
S’envole sur la route,
Qui donc se doute
Que c’est un prince de jadis qui passe ?

(Tristan Klingsor)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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Autre effet de lune (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Autre effet de lune

Le caroubier dont la trame se profile
dépouillée, sur l’azur somnolent,
des voix, une broderie
de doigts argentés sur les seuils,

la plume qui s’englue, un piétinement
sur le môle qui s’efface,
et la felouque déjà replie son vol
sous les dépouilles de ses voiles basses.

***

Altro effetto di Luna

La trama del carrubo che si profila
nuda contro l’azzurro sonnolento,
il suono delle voci, la trafila
delle dita d’argento sulle soglie,

la piuma che s’invischia, un trepestio
sul molo che si scioglie
e la feluca già ripiega il volo
con le vele dimesse come spoglie.

(Eugenio Montale)


Illustration

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La fleur qui répète (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



La fleur qui répète
en bordure du ravin
souviens-toi de moi,
n’a de teintes plus gaies ni plus claires
que l’espace jeté entre toi et moi.

Un son strident survient, qui nous écarte,
l’azur obstiné ne reparaît pas.
Dans la touffeur quasi visible, le funiculaire
me ramène à l’étape opposée, obscure déjà.

***

Il fiore che ripete
dall’orlo del burrato
non scordarti di me,
non ha tinte più liete né più chiare
dello spazio gettato tra me e te.

Un cigolio si sferra, ci discosta,
l’azzurro pervicace non ricompare.
Nell’afa quasi visibile mi riporta all’opposta
tappa, già buia, la funicolare.

(Eugenio Montale)


Illustration

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OH, MAIS IL N’EST PAS DE MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (32)

OH, MAIS IL N’EST PAS DE MORT

Oh, mais il n’est pas de mort, pas de mort!
Seul le silence est trop profond,
Comme dans une verte
Forêt sans limites!

On s’éloigne seulement,
On se tait seulement,
On est seul seulement,
Invisible et seul.

Oh, mais il n’est pas de mort, pas de mort!
On tombe seulement, on tombe seulement,
On tombe, on tombe
Dans le gouffre infini de l’azur.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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QUAND LES ASTRES… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020


 


 

QUAND LES ASTRES…

Quand les astres dans les brouillards cosmiques s’éteignent,
Et les tours se perdent dans les fumées
Et les oiseaux luttent contre l’hiver —
Comment nos âmes pourraient-elles chanter ?

Qu’elles scintillent comme cristaux bleutés
Et s’égarent là-bas dans l’azur,
Où dans les siècles nos frères sont restés,
Qui des lointains écoutent notre coeur.

Qu’elles meurent comme les astres meurent,
Et se livrent des guerres cosmiques,
Qu’elles fulgurent et s’éteignent
Et de nouveau se fondent en une autre planète.

(Srecko Kosovel)

 

 

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L’azur (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

François Malespine  024 [1280x768]

Au-dessus de la terre, l’azur, l’azur,
Comme si tous les yeux y fusaient,
Tous invisibles et fraternels…

(Srecko Kosovel)

Illustration: François Malespine

 

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Les genêts (François Fabié)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Les genêts

Les genêts, doucement balancés par la brise,
Sur les vastes plateaux font une boule d’or ;
Et tandis que le pâtre à leur ombre s’endort,
Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;

Cette fleur qui le fait rêver d’amour, le soir,
Quand il roule du haut des monts vers les étables,
Et qu’il croise en chemin les grands boeufs vénérables
Dont les doux beuglements appellent l’abreuvoir ;

cette fleur toute d’or, de lumière et de soie,
En papillons posée au bout des brins menus,
Et dont les lourds parfums semblent être venus
De la plage lointaine où le soleil se noie…

Certes, j’aime les prés où chantent les grillons,
Et la vigne pendue aux flancs de la colline,
Et les champs de bleuets sur qui le blé s’incline,
Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.

Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines,
Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts,
Les sauvages sommets de genêts recouverts,
Qui font au vent d’été de si fauves haleines.

***

Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays,
Des petits écoliers aux cheveux en broussailles
Qui s’enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles,
Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?

Comme l’herbe était fraîche à l’abri de vos tiges !
Comme on s’y trouvait bien, sur le dos allongé,
Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé,
Un parfum enivrant à donner des vertiges !

Et quelle émotion lorsqu’un léger froufrou
Annonçait la fauvette apportant la pâture,
Et qu’en bien l’épiant on trouvait d’aventure
Son nid plein d’oiseaux nus et qui tendaient le cou !

Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles
Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent,
– Précoces braconniers, – de revenir souvent
Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.

Mais il fallut quitter les genêts et les monts,
S’en aller au collège étudier des livres,
Et sentir, loin de l’air natal qui vous rend ivres,
S’engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ;

Passer de longs hivers dans des salles bien closes,
A regarder la neige à travers les carreaux,
Éternuant dans des auteurs petits et gros,
Et soupirant après les oiseaux et les roses ;

Et, l’été, se haussant sur son banc d’écolier,
Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne,
Pour sentir si le vent de la lande prochaine
Ne vous apporte pas le parfum familier.

***

Enfin, la grille s’ouvre ! on retourne au village ;
Ainsi que les genêts notre âme est tout en fleurs,
Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs,
On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.

On retrouve l’enfant blonde avec qui cent fois
On a jadis couru la forêt et la lande ;
Elle n’a point changé, – sinon qu’elle est plus grande,
Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.

 » Revenons aux genêts ! – Je le veux bien ?  » dit-elle.
Et l’on va côte à côte, en causant, tout troublés
Par le souffle inconnu qui passe sur les blés,
Par le chant d’une source ou par le bruit d’une aile.

Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous ;
Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches,
Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches ;
Quant à moi, je me mets simplement à genoux.

Et nous parlons des temps lointains, des courses folles,
Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants
Qui paraissent toujours si beaux aux coeurs aimants
Parce que les regards soulignent les paroles.

Puis le silence ; puis la rougeur des aveux,
Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille,
Au loin un tendre appel de ramier ou de caille…
Comme le serpolet sent bon dans les cheveux !

Et les fleurs des genêts nous font un diadème ;
Et, par l’écartement des branches, haut dans l’air.
Paraît comme un point noir l’alouette au chant clair
Qui, de l’azur, bénit le coin d’ombre où l’on aime !…

Ah ! de ces jours lointains, si lointains et si doux,
De ces jours dont un seul vaut une vie entière,
– Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, –
Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous ?

(François Fabié)

 

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