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Posts Tagged ‘azur’

La prière pour tous (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Evgeni Gordiets   1486-640x461

La prière pour tous

[…]

Il est, loin de nos villes
Et loin de nos douleurs,
Des lacs purs et tranquilles,
Et dont toutes les îles
Sont des bouquets de fleurs !

Flots d’azur où l’on aime
À laver ses remords !
D’un charme si suprême
Que l’incrédule même
S’agenouille à leurs bords !

L’ombre qui les inonde
Calme et nous rend meilleurs ;
Leur paix est si profonde
Que jamais à leur onde
On n’a mêlé de pleurs !

Et le jour, que leur plaine
Reflète éblouissant,
Trouve l’eau si sereine
Qu’il y hasarde à peine
Un nuage en passant !

[…]

(Victor Hugo)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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LA MER (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



LA MER

La mer brille
Comme une coquille;
On a envie de la pêcher.
La mer est verte,
la mer est grise
elle est d’azur,
elle est d’argent et de dentelle.

(Paul Fort)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Apparition (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



 

Bogdan Prystrom 3040

Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
— C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le lierre noir et la rose églantine (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

rose églantine  i

Le lierre noir et la rose églantine
Défendent les portes du jardin
Où le soir d’un printemps qui s’obstine
Est tout d’azur et d’incarnadin.

Dehors s’éplorent les folles fontaines
Qui virent mi-mort d’amour l’Enfant
Venu par les routes incertaines
Vers ce seuil du rêve triomphant,

N’ayant connu ni la magique épée
Que ne rouille pas le sang des fleurs,
Ni la parole de l’épopée
Par laquelle s’enfuit l’heure en pleurs,

Il s’agenouilla, très las, dans la poudre
De la route onverte à tous les pas
Où les chars font le bruit de la foudre
Et leurs sonnailles celui d’un glas.

Quelles flûtes se dirent, dans les roses,
La victoire du soir sur celui
Qui crut servir l’esprit et les choses
Du lendemain et de l’aujourd’hui ?

O pâle Enfant désireux des corolles,
Close longtemps est la porte d’or
Que seules descellent les paroles
De ceux qui veulent le vrai trésor.

Laisse-toi donc dormir hors de l’enceinte
Où chante le dernier rossignol ;
Sache croire que l’attente est sainte,
Et donne à tes seuls rêves leur vol.

Et peut-être enfin les portes de flamme
S’ouvriront-elles à ton appel
Sous l’aube où les fleurs, ayant une âme,
En feront sauter le triple scel.

(Stuart Merrill)

Illustration

 

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LA VIE HUMAINE (Jules-Lefèvre Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Duy Huynh -   (45)
LA VIE HUMAINE

Notre vie est semblable à l’étoile qui file,
Au nuage d’albâtre où l’azur se faufile,
Au chant du passereau sur les buissons verdis,
Au vol de l’aigle errant autour du paradis ;
Aux grains d’argent tombés du voile de l’aurore,
Au flambeau vacillant dans les ombres qu’il dore,
Au papillon rôdeur qui le prend pour le jour,
Aux brises d’orient, dont le volage amour
Soulève des ruisseaux l’humide rêverie,
Aux sillons dont il brode en courant la prairie
A cet arc sept fois teint d’une splendeur d’emprunt
A l’insecte de feu qui luit sous un ciel brun
Au son de l’Angelus que la cloche soupire,
A l’encens d’une fleur que le printemps respire
Aux récits des amants, le soir, sous les bouleaux

Tout cela, c’est la vie ; et ces riants tableaux
N’en sont tous cependant qu’une affligeante image.
L’étoile qui s’envole a le sort du nuage ;
Le passereau s’enfuit, l’aigle ne revient pas ;
Les larmes du matin se sèchent sous nos pas ;
Le papillon se brûle à des flambeaux qui meurent
Jamais les plis du vent sur les prés ne demeurent
L’arc-en-ciel se déflore au soleil qui le peint,
La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s’éteint,
L’encens s’évanouit ; l’histoire commencée
S’arrête : rien n’écoute… et la vie est passée !

(Jules-Lefèvre Deumier)

Illustration: Duy Huynh

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ODE A DES FLEURS JAUNES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



ODE A DES FLEURS JAUNES

Sur l’azur mouvant ses azurs,
la mer, et sur le ciel,
des fleurs jaunes.

Octobre vient.

Et malgré
l’importance de la mer développant
son mythe, sa mission, son levain,
il éclate
sur le sable d’or
d’une seule
plante jaune
et ses yeux
s’amarrent
la terre,
fuyant la vaste mer et ses palpitations.

Poussière nous sommes et serons.
Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.

(Pablo Neruda)


Illustration: John Gormsen

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SONNET (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

John Keats

SONNET

La ville retenait mon âme prisonnière !
Qu’il m’est doux aujourd’hui de contempler l’immense
Et pur visage du ciel — déjà ma prière
Vers le sourire de l’azur monte et s’élance.

Quel bonheur enfin de se laisser choir à terre,
Le corps las et le coeur tout rempli de silence,
Et de lire, blotti au creux d’un talus vert,
Une histoire d’amour, de tendre nonchalance.

Et puis, rentrant le soir très tendrement, d’entendre
Le chant de Philomèle et de suivre de l’oeil
Un nuage qui vogue et refuse d’attendre.

Hélas, la journée est tombée comme une feuille,
Ou comme une larme de séraphin pieux
Qui glisse doucement dans l’éther lumineux.

(John Keats)

 

 

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ECHO DE ROMANCE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ECHO DE ROMANCE

Le ciel d’azur s’en est allé
Et le printemps n’est plus en vue,
J’ai attendu j’ai soupiré,
— Et tu n’es point venue !

L’été aussi s’en est allé
Avec ses nuits, la plaine est nue,
Près des tilleuls j’ai soupiré
— Et tu n’es point venue !

L’automne aussi a pris congé,
Et les feuilles jonchent les rues,
Je t’ai hélée et j’ai pleuré
— Et tu n’es point venue !

Et demain, dans l’hiver blafard
De moi rien tu ne sauras plus.
Non, ne viens plus, il est trop tard.
— Non, ne viens plus !

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Venise (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019


 


Venise

Un pigeonnier d’or près de l’eau
Câline dans ses nuances de vert;
Un petit vent salé balaie
La trace fine des barques noires.

Foules de doux visages surprenants,
Couleurs vives des jouets dans les boutiques;
Sur un coussin brodé, le lion avec son livre,
Au sommet d’un pilier, le lion avec son livre.

Comme sur une vieille étoffe aux couleurs pâles,
Un ciel se fige, un ciel d’azur et terne…
Tout est étroit; mais on se sent au large;
Dans cette touffeur humide, on respire.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Roger Suraud

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