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UN IMMENSE DÉSESPOIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

Edvard Munch - Melancholía,   00

UN IMMENSE DÉSESPOIR

Un immense désespoir
Noir
M’atteint
Désormais, je ne pourrais
M’égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j’ai fait d’efforts
Dans l’Idéal m’a mis hors
La Loi ?

Satan, lorsque tu tombas
Bas,
Au moins
Tu payais tes voeux cruels,
Ton crime avait d’immortels
Témoins.

Moi, je n’ai jamais troublé,
Blé,
L’espoir
Que tu donnes aux semeurs
Cependant, puni, je meurs
Ce soir.

J’ai fait à quelque animal
Mal
Avec
Une badine en chemin,
Il se vengera demain
Du bec.

Il me crèvera les yeux
Mieux
Que vous
Avec l’épingle à chapeau
Femmes, au contact de peau
Si doux.

(Charles Cros)

Illustration: Edvard Munch

 

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On ne badine pas avec l’amour ! (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: René Julien
    
On ne badine pas avec l’amour !

Tous les hommes sont menteurs,
Inconstants, faux, bavards,
Hypocrites, orgueilleux, lâches,
Méprisables et sensuels.

Toutes les femmes sont perfides,
Artificieuses, vaniteuses,
Curieuses et dépravées.

Le monde n’est qu’un égout sans fond
Où les phoques les plus informes
Rampent et se tordent
Sur des montagnes de fange.

Mais il y a au monde,
Une chose sainte et sublime :
C’est l’union de deux de ces êtres,
Si imparfaits et si laids…

On est souvent trompé en amour,
Souvent blessé
Et souvent malheureux.

Mais au bord de la tombe,
on se retourne
Pour regarder en arrière
Et on se dit :

« J’ai souffert souvent,
Je me suis trompé quelquefois
Mais j’ai aimé.
C’est moi qui ai vécu

Et non un être factice
Créé par mon orgueil et mon ennui. »

(Alfred de Musset)

 

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AU CAFE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Jean-Claude Forez  _La_biere

AU CAFE

Le rêve est de ne pas diner,
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Epuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.

Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’il la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.

On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.

Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront,
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.

(Charles Cros)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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