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PAS ASSEZ DÉSESPÉRÉ (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration: David Alfaro Siqueiros
    
PAS ASSEZ DÉSESPÉRÉ

Il n’a pas vécu la souffrance humaine;
Il n’a pas su
Qu’avec Dieu sans Dieu
Nous sommes également des créatures bafouées.

Il est calme, il lui manque l’épreuve et la nuit
Et les mille aventures dans les ténèbres.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




LA CAGE

Dehors il y a du soleil.
Ce n’est qu’un soleil
mais les hommes le regardent
et après ils chantent.

Je ne sais rien du soleil.
Je sais la mélodie de l’ange
et le sermon brûlant
du dernier vent.
Je sais crier jusqu’à l’aube
lorsque la mort se pose nue
sur mon ombre.

Je pleure sous mon nom.
J’agite des mouchoirs dans la nuit
et des bateaux assoiffés de réalité
dansent avec moi.
Je camoufle des clous
pour bafouer mes rêves malades.

Dehors, il y a du soleil.
Je m’habille de cendres.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Rafal Olbinski

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Donne-moi, donne-moi un baiser (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Donne-moi, donne-moi un baiser

C’est le dernier! Baise-moi, je t’en prie.
Dans tes bras blancs, étreins-moi, serre-moi.
Donne un baiser! Donne, je t’en supplie.
Car ton amour est le prix de ma vie.
Et dès demain, je ne serai plus là.

Je suis parti. Je suis parti sans elle.
Plus de baisers. Elle n’est nulle part.
Je sens, hélas, qu’elle m’est infidèle.
Pour qui sont-ils, les baisers de ma belle?
Qui les acquiert, par des fleurs, un regard?

La nuit, le jour, je vis dans la souffrance.
Qui flattez-vous, baisers voluptueux
Qu’offre à présent la femme à qui je pense
Et qui, par là, bafoue mon espérance?
Je suis loin d’elle et combien malheureux!

Voici venu le bonheur sans mélange!
Je peux rentrer! d’un seul bond! d’un seul saut!
Je hais le train et sa lenteur étrange.
0 juste ciel, reverrai-je mon ange?
Pourquoi, Soleil, déclines-tu si tôt?

Merci, mon Dieu, j’entre dans ma demeure.
Aucun bruit. Rien. Mon cœur cogne et me dit,
Près d’éclater : « T’attend-elle à cette heure? »
L’horloge dort. Suis-je seul? Est-ce un leurre?
Une poussière en mon œil s’introduit.

J’ai sur la bouche une main qui se gèle.
Des pleurs secouent tout mon corps éperdu.

Je la croyais déloyale, infidèle.
Mais elle aimait… et mon cœur se morcelle.
Le sien est mort d’avoir trop attendu.

(Attila Jozsef)

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