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Poésie

Posts Tagged ‘baguette’

La Fée (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



La Fée

Elle lance des poignées d’étoiles
Elle porte la robe de l’aurore
Elle a une voix de source
Elle marche dans les matins
Embaumés d’aubépines
Et dans des champs de fleurs
Qu’épanouit sa baguette.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Vous en rirez (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
À celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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La couleur de cette salade fraîche (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021




    
La couleur de cette salade fraîche,
tout à mon plaisir,
j’ai voulu me saisir des baguettes et pourtant…

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Avec la baguette des mots (Nicolas Dieterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



 

Avec la baguette des mots je tiens le monde à distance afin de l’aimer mieux

Les mots sont l’affleurement sur le papier,
hors du silence de la page blanche, d’une eau qui me baigne de toutes parts
et que je ne perçois pas directement.
Les mots me la rendent visible, mais avec quelle déperdition !

Il faut que je vise moins le succès, la puissance,
et de plus en plus le consentement et l’accord.
Les arbres me l’apprendront.
L’amour aussi.
L’espace entre les collines.
La minuscule proue sculptée d’un bourgeon

(Nicolas Dieterlé)

Illustration: ArbreaPhotos

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L’apprenti fantôme (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



L’apprenti fantôme

Une lumière qui avance lentement comme l’eau
Dans un morceau de sucre. Une lumière
Qui me découvre peu à peu. Ai-je une bouche
Comme les gens d’ici ? Des bras, des jambes ? Quel miroir

Me rendra soudain à moi-même ? Quelle baguette
Magique, me fera redevenir semblable
À ceux qui m’ont fermé leur porte ? Et je tournais
Autour de leur maison comme un vent fou de désespoir

Ah Est-il merveille plus grande que ces yeux
Qui relient la face à l’univers qui l’entoure ?
Ils savent percer le lointain mais aussi comme une feuille
Ô la pluie pénètre ils savent retenir d’énormes visions.

Et l’oreille qu’émeut la voix de l’ami ou le grondement
Du tonnerre ? Et les mains qui pétrissent le pain ?
Et les pieds qui, soumis, silencieux comme deux chiens,
Conduisent l’homme sur les traces de la lumière ?

Hommes et femmes qui êtes d’ici et qui savez
Reconnaître chaque pierre et qui vous appelez
Avec des noms pleins jusqu’au bord de souvenirs.
Puis-je apprendre vos jeux, puis-je vous dire,

Quelle joie est la vôtre: le matin au réveil
Vos doigts qui retrouvent comme un clavier le monde
Le soleil du parler rayonne dans vos bouches
Chaque mot est aimé par vos pères et vos enfants.

(Ilarie Voronca)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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L’ENSORCELE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



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L’ENSORCELE

A quoi bon la clef des champs?
C’est en vain que je la guette.
Une fée aux yeux méchants
M’a touché de sa baguette

Comme esclave je lui plus.
Moi, j’eus soif de la connaître.
Or je ne m’appartiens plus,
Car elle a changé mon être.

J’allais, fier, libre et hardi,
femme, moi que tu mènes.
J’écoutais ce que l’art dit
A nous, ses catéchumènes.

J’espérais vivre au milieu
Des noms de gloire qu’on nomme.
Poète, on est demi-dieu.
Or je ne suis plus qu’un homme.

Mon esprit clair se voila
Dans les plis de ton corsage.
Je vis, je t’aime, voilà!
Suis-je fou? Suis-je encor sage?

Je ne sais, et je ne veux
Point le savoir. Qu’on me laisse!
Au bout d’un de ses cheveux,
Gomme un chien je vais en laisse.

Je marche dans la forêt
Où l’amour tend ses lianes,
Où sa voix comme un foret
Perce l’air de ses dianes,

Où le long des verts sentiers
Ses menottes enfantines
Sèment sur les églantiers
Mon sang rouge en églantines.

Et je vais, je suis sa voix,
Je suis sa main. Que m’importe,
Du moment que je la vois,
Où son caprice m’emporte !

Je me moque bien des cieux
Et des vierges Amériques
Où s’enfonçaient les essieux
De mes grands chars chimériques.

Je me moque des rayons
Que nous, pauvres sans pelures,
Poètes, nous essayons
De mettre à nos chevelures.

Je me moque que le vent
De me voir décoiffé rie.
Plus haut que lui m’enlevant
Je vis en pleine féerie.

Il me semble que je suis
Dans l’île de la Tempête.
La sorcière que je suis
A changé mon âme en bête.

(Jean Richepin)

 

 

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BORD DE MARNE (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration: Fernando Botero
    
BORD DE MARNE
à la Prévert

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là
Les écureuils volaient des noisettes
Moi, je te volais des baisers
Tu portais une robe à dentelle
De la couleur de mes bretelles

On déjeunait sur le gazon
D’une baguette et d’un saucisson
Les fourmis nous chipaient des miettes
Moi, je te volais des baisers
Je t’ai dit que tu étais belle
Tu t’es moquée de mes bretelles

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE MAGICIEN (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

LE MAGICIEN

Refrain
Approchez messieurs dames
Entrez sous le grand chapiteau
Venez voir le spectacle
Découvrez un monde nouveau

Vous pourrez voir la voie lactée
Tomber doucement à vos pieds
Et tous les soleils de l’Afrique
Sortir d’une boîte magique
Avec les revers de ma cape
Je ferai apparaître un lac
Puis avec deux ou trois foulards
Voici des cygnes et des canards
(Refrain)

A l’intérieur de ce grand cirque
D’un coup de baguette magique
Je change l’hiver en printemps
Je fais la pluie et le beau temps
Plus de mille colombes blanches
S’envolent soudain de mes manches
Vous verrez la poule aux oeufs d’or
Et bien d’autres choses encore
(Refrain)

Entrez sous le grand chapiteau
Vous pourrez voir dans mon chapeau
Pousser un baobab géant
En trois secondes seulement
Enfin le plus extraordinaire
Ça personne ne sait le faire
J’invente une couleur nouvelle
Et je l’ajoute à l’arc-en-ciel
(Refrain)

Approchez messieurs dames
Approchez messieurs dames.

(Richard Seff)

Illustration: Paul Signac

 

 

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Les commencements sont nombreux (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Véronique Wibaux 
    
Les commencements sont nombreux, mais c’est toujours la même histoire,
celle d’un homme que le petit matin dans la rue saisit par le col,
alors qu’il était sorti pour acheter une baguette à la boulangerie.

Et voilà que ce qu’il croyait établi dans sa vie,
le chemin tracé, une femme avec un chat parmi les livres,
voilà que la rue humide et riante sous le premier soleil
avec son odeur de nouveau-né, flanque tout par terre,
le petit matin, le ciel, le chemin, la boulangerie,

et lui ne sait plus rien tout à coup,
ni qu’il avait faim, ni que l’amour existe
et qu’il eut dans sa vie la place du soleil, rien.

Quelque chose comme l’aile d’un ange ou d’un oiseau vient de le toucher,
et c’est comme s’il avait trébuché sur son ombre invisible à cette heure,
et la terre en le recevant ne l’a pas reconnu.

Son corps s’en va devant lui tout seul et il le regarde sans étonnement ni effroi,
longer les couloirs de la ville et se perdre,
avec une sorte de demi-sourire,
comme celui de l’ange du porche dont il ne se souvient plus.

Il pèse tout juste le poids de son silence.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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PRIÈRE (Shuntarô Tanikawa)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Anne Bachelier  (26)

PRIÈRE
TANOMI

Ouvrez-moi retournez-moi
Cultivez mes terres intérieures
Asséchez mon puits intérieur
Ouvrez-moi retournez-moi
Allez, lavez-moi l’intérieur
On y trouvera sans doute une perle merveilleuse
Retournez-moi ouvrez-moi
Mon moi intérieur est-ce la mer?
Est-ce la nuit?
Un chemin lointain?
Un sac en plastique?
Ouvrez-moi retournez-moi
Quelque chose pousse en moi
Un champ de cactus trop mûrs?
L’enfant prématuré d’une licorne?
Un marronnier qui a manqué d’être violon?
Retournez-moi
Que le vent blanchisse mes entrailles
Que mes rêves attrapent froid
Retournez-moi
Que ma pensée se désagrège dans les vents

Retournez-moi
Ouvrez-moi retournez-moi
Cachez ma peau
Mon front est maintenant gelé
Mes yeux sont rouges de honte
Mes lèvres fatiguées de baisers
Retournez-moi
Ah, retournez-moi
Que mes entrailles adorent le soleil
Étalez donc sur l’herbe mon estomac, mon pancréas
Faites évaporer ces rouges ténèbres
Fourrez le ciel bleu dans mes poumons
Mes conduits spermatiques s’emmêlent
Laissez les étalons noirs m’écraser
Laissez mon amante manger
Avec des baguettes de bois blanc mon coeur et mon cerveau

Retournez-moi
ouvrez-moi
Laissez mes mots intérieurs
Bavarder tant qu’ils veulent vite
Laissez mon quatuor intérieur
Résonner tant qu’il peut
Laissez mes vieux oiseaux intérieurs
S’envoler tant qu’ils veulent
Et mon amour intérieur
Perdez-le tant qu’il peut
Retournez retournez retournez-moi

Puisque je vais vous donner ma fausse perle intérieure
Retournez-moi retournez-moi ouvrez-moi
Mais mon silence intérieur, laissez-le
Faites-moi partir
À l’extérieur de moi
dans les salles de jeux
Dans l’ombre de ces arbres
Au-dessus de cette femme
Dans ce sable

(Shuntarô Tanikawa)

Illustration: Anne Bachelier

 

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