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Poésie

Posts Tagged ‘baie’

Même après la nuit de la chute (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    

Même après la nuit de la chute
jusqu’à l’abîme, tu resteras
dans les orbites de nos proches et amis
Une demeure : La poésie comme l’amour a ses portes et ses légendes
Elle accorde pour les amants et les poètes les baies de ses désirs,
les couches de ses voluptés,
et ses répits.
Notre mort sera
une autre langue
dans les ascensions de nos futurs secrets.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Au soir, douceur du monde sur la baie (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Au soir, douceur du monde sur la baie
— Il y a des jours où le monde ment, des jours où il dit vrai. Il dit vrai, ce soir —
et avec quelle insistante et triste beauté.

(Albert Camus)

 

 

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Iris jaune sur le rivage (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Iris jaune sur le rivage,
Aile d’ambre et prunelle dorée,
Bouleau d’or vert, et, tout d’or sur l’étang,
Les brillants anneaux de soleil insaisissables,
Tu ne les verras pas, moi non plus, ce printemps,
Ni sur la baie l’eider qui se balance.
Gaspillé, tari, tout cet or.

***

Yellow iris by the shore,
Burnish of wing and golden eye,
Green gold birch and, gold on water,
Sun’s bright rings hand could not hold,
You will not see this spring, nor I,
Nor in the bay the rocking eider.
All wasted and all spent, that gold.

(Kathleen Raine)

Illustration: John Atkinson Grimshaw

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ACHAWAKAMIK (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



 

ontario

ACHAWAKAMIK

Lá-haut sur le bord de la baie d’Hudson
titre la rivière Severn et la rivière Winisk
se trouve un lieu nommé Achawakamik

en langue Cree, cela veut dire
d’un lieu pour regarder.

on raconte qu’un vieil homme au bord de la mort
planta là son wigwam
afin que, mourant, il pût voir
les forêts et les eaux
et le souffle du grand esprit
si tu vas là-haut un jour

essaie de voir avec ses yeux

*

ACHAWAKAMIK

Up on the edge of Hudson’s Bay
between the river Severn and the river Winisk
there is a place called Achawakamik

in the Cree language, that means
« a place towatch from »

they say, on the point of dying, an old man
planted his wigwam there
so that in his dying he might see
the forests and the waters

and the breath of the great spirit
if you go up there one day
try and see with his eyes

(Kenneth White)

Illustration

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’IMPOSSIBLE PRISE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



L’IMPOSSIBLE PRISE

L’étang cligna ses yeux d’alevins — présage d’une récolte
écailleuse. D’où venait alors ce poisson en forme de lampe ?
Échappé de quelle baie chaude, comment ne pas songer à sa capture ?

Il me faut associer ruse et audace, brouiller la surface pour atteindre les fonds.

Jusqu’où pourrais-je le suivre ?
Je dis vrai quand je parle d’un holacanthe à l’oeil bleu.

Est-il pour moi, pour personne ?

L’eau mouchetée d’invraisemblables reflets garde sa proie.

Aux marges d’un midi percé à vif, je reste ce pêcheur mystifié.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

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Même la nuit (Fujiwara no Toshiyuki Ason)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



Même la nuit

Les vagues s’assemblent sur la côte
De la baie de Souminoe:
Même la nuit,
Dans les chemins du rêve,
Je devrai fuir les yeux des hommes.

(Fujiwara no Toshiyuki Ason)


Illustration: Hokusaï

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La demoiselle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La demoiselle.
Sur la bruyère arrosée
De rosée ;
Sur le buisson d’églantier ;
Sur les ombreuses futaies ;
Sur les haies
Croissant au bord du sentier ;

Sur la modeste et petite
Marguerite,
Qui penche son front rêvant ;
Sur le seigle, verte houle
Qui déroule
Le caprice ailé du vent ;

Sur les prés, sur la colline
Qui s’incline
Vers le champ bariolé
De pittoresques guirlandes ;
Sur les landes ;
Sur le grand orme isolé,

La demoiselle se berce ;
Et s’il perce
Dans la brume, au bord du ciel,
Un rayon d’or qui scintille,
Elle brille
Comme un regard d’Ariel.

Traversant, près des charmilles,
Les familles
Des bourdonnants moucherons,
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde,
Et comme eux décrit des ronds.

Bientôt elle vole et joue
Sur la roue
Du jet d’eau qui, s’élançant
Dans les airs, retombe, roule
Et s’écoule
En un ruisseau bruissant.

Plus rapide que la brise,
Elle frise,
Dans son vol capricieux,
L’eau transparente où se mire
Et s’admire
Le saule au front soucieux ;

Où, s’entr’ouvrant blancs et jaunes,
Près des aunes,
Les deux nénuphars en fleurs,
Au gré du flot qui gazouille
Et les mouille,
Étalent leurs deux couleurs ;

Où se baigne le nuage ;
Où voyage
Le ciel d’été souriant ;
Où le soleil plonge, tremble,
Et ressemble
Au beau soleil d’Orient.

Et quand la grise hirondelle
Auprès d’elle
Passe, et ride à plis d’azur,
Dans sa chasse circulaire,
L’onde claire,
Elle s’enfuit d’un vol sûr.

Bois qui chantent, fraîches plaines
D’odeurs pleines,
Lacs de moire, coteaux bleus,
Ciel où le nuage passe,
Large espace,
Monts aux rochers anguleux,

Voilà l’immense domaine
Où promène
Ses caprices, fleur des airs,
La demoiselle nacrée,
Diaprée
De reflets roses et verts.

Dans son étroite famille,
Quelle fille
N’a pas vingt fois souhaité,
Rêveuse, d’être comme elle
Demoiselle,
Demoiselle en liberté ?

(Théophile Gautier)

 

 

 

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Marée basse à Landrellec (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    


    
marée basse à Landrellec

1.
mer pleine encore

mouettes immaculées
sur les hauts promontoires

calme océanique.

2.
Lente, très lente
la mer quitte les rochers

laissant une frange
d’algues archaïques

qu’un corbeau avide
fourrage avec fièvre.

3.
Les sables à présent dénudés
tantôt lisses, tantôt cannelés

la mer un scintillement bleu au loin
long après-midi de silence

brisé seulement par le cri des goélands

4.
Plus bas entre les rochers
étrange vie marine

baroque beauté

cette éruption de rugueuses balanes

berniques
fermées comme des Chinois

Là-bas
bleue et noire
une épaisse plaque de moules

l’herbe ondulante des posidontes

5.
Dans cette flaque tranquille
parmi les éponges jaune vert
les hydraires roses
et le bleu des mousses irlandaises

des crabes tâtonnent
de leurs pattes maladroites

6.
Dans cette autre
gelées lunaires
Les vertes couronnes de chair
des anémones

une étoile hyperboréenne

7.
Un crabe (de Jonas ?)
calé dans une crevasse

remuant ses antennes
attend

8.
murmure de la marée
qui remonte à présent

brissements blancs çà et là
le long de la baie

Soleil déclinant
or froid

(Kenneth White)

 

 

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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique … (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ni la couleur des terribles dunes d’Iquique,
ni la baie du Fleuve Doux du Guatemala,
n’ont changé ton profil arraché au froment,
ton style de muscat, ta bouche de guitare.
Mon coeur, ma mienne à partir de tout le silence,
depuis les hauts sommets patrie du liseron
jusqu’aux plaines de platine et de solitude,
en toute patrie pure t’a répétée la terre.
Et la main de métal et farouche des monts,
la neige du Tibet, la pierre polonaise,
rien n’a troublé ta forme de grain voyageur,
comme si argile ou blé, guitares ou grappes
tout Chillan défendait en toi son territoire
imposant le pouvoir de la lune sylvestre.

***

Ni el color de las dunas terribles en Iquique,
ni el estuario del Río Dulce de Guatemala,
cambiaron tu perfil conquistado en el trigo,
tu estilo de uva grande, tu boca de guitarra.
Oh corazón, oh mía desde todo el silencio,
desde las cumbres donde reinó la enredadera
hasta las desoladas planicies del platino,
en toda patria pura te repitió la tierra.
Pero ni huraña mano de montes minerales,
ni nieve tibetana, ni piedra de Polonia,
nada alteró tu forma de cereal viajero,
como si greda o trigo, guitarras o racimos
de Chillan defendieran en ti su territorio
imponiendo el mandato de la luna silvestre.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

 

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