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Poésie

Posts Tagged ‘baie’

Viens nous-en… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration
    
Viens nous-en…

Viens nous-en aux pentes rudes
Où la bruyère fleurit,
Ecouter la solitude,
Le bris

De l’herbe sèche et la brume
S`égoutter des ajoncs morts;
Aux bouleaux mouillés qui fument
L’essor

Des geais fuyards, et cette aigre
Chanson vibrer du vent faux,
Promenant dans l’herbe maigre
Sa faux.

La rauque plainte s’étrangle
De l’eau sous les joncs fleuris,
D’où quelque vol en triangle
Surgit.

Ecoutons tomber les baies
Blettes au pied des sorbiers
Et pleurer la sourde plaie
De nos désirs prisonniers.

(Marie Dauguet)

 

 

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Un bus de nuit s’en va (Hassam Wachill)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2017



Un bus de nuit s’en va … ton visage se tend
pour qu’y pénètre un peu d’éblouissement,
Devant la baie à la vitre voilée
se voient d’autres aussi profuses
et dissemblables sources de candeur.

(Hassam Wachill)

Illustration

 

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Si fort mon désir (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017




    
si fort
mon désir
je retourne ma chemise
baie violette de la nuit

(Ono no Komachi)

 

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Lorsque l’enfant était enfant (Peter Handke)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration: Paul Klee 
    
Lorsque l’enfant était enfant

Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants,
Il voulait que le ruisseau soit rivière
Et la rivière, fleuve,
Que cette flaque soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant,
Tout pour lui avait une âme
Et toutes les âmes étaient une.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il n’avait d’opinion sur rien,
Il n’avait pas d’habitude
Il s’asseyait souvent en tailleur,
Démarrait en courant,
Avait une mèche rebelle,
Et ne faisait pas de mimes quand on le photographiait.

Lorsque l’enfant était enfant,
ce fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi … pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?

Ce que je vois, entend et sens, n’est-ce pas…
simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe t-il vraiment
avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi qui suis moi,
avant de le devenir je ne l’étais pas,
et qu’un jour moi… qui suis moi,
je ne serais plus ce moi que je suis ?

Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.

Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.

Sur chaque montagne,
il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville,
le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.

Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises, exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

Lorsque l’enfant était enfant
il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours.

***

Lied vom Kindsein – Song of Childhood – Peter Handke
Als das Kind Kind war,
ging es mit hängenden Armen,
wollte der Bach sei ein Fluß,
der Fluß sei ein Strom,
und diese Pfütze das Meer.

Als das Kind Kind war,
wußte es nicht, daß es Kind war,
alles war ihm beseelt,
und alle Seelen waren eins.

Als das Kind Kind war,
hatte es von nichts eine Meinung,
hatte keine Gewohnheit,
saß oft im Schneidersitz,
lief aus dem Stand,
hatte einen Wirbel im Haar
und machte kein Gesicht beim fotografieren.

Als das Kind Kind war,
war es die Zeit der folgenden Fragen :
Warum bin ich ich und warum nicht du ?
Warum bin ich hier und warum nicht dort ?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum ?
Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum ?
Ist was ich sehe und höre und rieche
nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt ?
Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,
die wirklich die Bösen sind ?
Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,
bevor ich wurde, nicht war,
und daß einmal ich, der ich bin,
nicht mehr der ich bin, sein werde ?

***

Song of Childhood

When the child was a child
It walked with its arms swinging,
wanted the brook to be a river,
the river to be a torrent,
and this puddle to be the sea.

When the child was a child,
it didn’t know that it was a child,
everything was soulful,
and all souls were one.

When the child was a child,
it had no opinion about anything,
had no habits,
it often sat cross-legged,
took off running,
had a cowlick in its hair,
and made no faces when photographed.

When the child was a child,
It was the time for these questions:
Why am I me, and why not you?
Why am I here, and why not there?
When did time begin, and where does space end?
Is life under the sun not just a dream?
Is what I see and hear and smell
not just an illusion of a world before the world?
Given the facts of evil and people.
does evil really exist?
How can it be that I, who I am,
didn’t exist before I came to be,
and that, someday, I, who I am,
will no longer be who I am?

When the child was a child,
It choked on spinach, on peas, on rice pudding,
and on steamed cauliflower,
and eats all of those now, and not just because it has to.

When the child was a child,
it awoke once in a strange bed,
and now does so again and again.
Many people, then, seemed beautiful,
and now only a few do, by sheer luck.

It had visualized a clear image of Paradise,
and now can at most guess,
could not conceive of nothingness,
and shudders today at the thought.

When the child was a child,
It played with enthusiasm,
and, now, has just as much excitement as then,
but only when it concerns its work.

When the child was a child,
It was enough for it to eat an apple, … bread,
And so it is even now.

When the child was a child,
Berries filled its hand as only berries do,
and do even now,
Fresh walnuts made its tongue raw,
and do even now,
it had, on every mountaintop,
the longing for a higher mountain yet,
and in every city,
the longing for an even greater city,
and that is still so,
It reached for cherries in topmost branches of trees
with an elation it still has today,
has a shyness in front of strangers,
and has that even now.
It awaited the first snow,
And waits that way even now.

When the child was a child,
It threw a stick like a lance against a tree,
And it quivers there still today.

(Peter Handke)

 

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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Du côté de Belmont (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
du côté de Belmont

ah ! glaise, boue, chemin
bleu des montagnes vert à croquer
partout dans ce pur matin
paroles d’herbes et de baies

fleurs jaune d’or qui éclosent
gros yeux d’une grenouille
combien sommes-nous ainsi joyeux
buvant penchés cette eau clairette

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Magicienne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Magicienne

Tu fais revivre les êtres et les choses
Et procèdes aux noces d’azur et d’émeraude
Du ciel et de la mer
De l’abeille et de la fleur

La bonté dans les mains
Tu parcours une nature en harmonie
Avec tes désirs les plus cachés

Tu ramasses pour te couvrir
Des algues et des coquillages
Où se grave la voix de la mer

Fille à la beauté éphémère
Nous irons si tu veux
Traquer le secret des choses

Avant de regagner la maison des étreintes
Nous verrons les étoiles danser
Sur la corde de l’horizon
Et le phare de Cancale
Balayer la baie
Dans l’air frais du soir

Erotiquement mienne
Et née de l’ombre
Tu me mèneras
Vers la clarté universelle.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Theodore Chassériau

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



La main touche une jupe

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

 

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Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

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Encore un peu (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



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Encore un peu. Parle des tiroirs
et de l’avenir. Du suspens de la guerre
collée à la science
parle de la nudité, des os
de la poésie qui souvent
rassemble dans la voix
des eaux-de-vie et le silence des baies

(Nicole Brossard)

Illustration

 

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Bonnets blancs sur la baie (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

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Bonnets blancs sur la baie :
Une enseigne cassée claque
Dans le vent d’avril.

***

Whitecaps on the bay:
A broken signboard banging
In the April wind.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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