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Peut-être étais-je trop gourmande (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Peut-être étais-je trop gourmande —
Il me faut — des ciels à tout le moins —
Car les Terres, foisonnent autant
Que les Baies, dans ma Ville natale —

Mon Panier ne contient — que — des Firmaments —
Ceux-là — à mon bras — aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont – Accablants.

***

Perhaps I asked too large —
I take — no less than skies —
For Earths, grow thick as
Berries, in my native Town —

My Basket holds —just — Firmaments —
Those —- dangle easy — on my arm,
But smaller bundles —

(Emily Dickinson)

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Encore un peu (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



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Encore un peu. Parle des tiroirs
et de l’avenir. Du suspens de la guerre
collée à la science
parle de la nudité, des os
de la poésie qui souvent
rassemble dans la voix
des eaux-de-vie et le silence des baies

(Nicole Brossard)

Illustration

 

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Bonnets blancs sur la baie (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

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Bonnets blancs sur la baie :
Une enseigne cassée claque
Dans le vent d’avril.

***

Whitecaps on the bay:
A broken signboard banging
In the April wind.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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ET SURTOUT QUE… (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



ET SURTOUT QUE…

— Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis —
Les bois, les bois sont pleins de baies noires —
Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits
Où l’écho, l’écho de juin vient boire.

Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve,
Les temps, les temps sont bien accomplis —
Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève
Est ta blancheur en robe sans pli.

Et que les ronces se referment derrière nous,
Car j’ai peur, car j’ai peur du retour.
Les grandes fleurs blanches caressent tes doux genoux
Et l’ombre, et l’ombre est pâle d’amour.

Et ne dis pas à l’eau de la forêt qui je suis ;
Mon nom, mon nom est tellement mort.
Tes yeux ont la couleur des jeunes pluies,
Des jeunes pluies sur l’étang qui dort.

Et ne raconte rien au vent du vieux cimetière.
I1 pourrait m’ordonner de le suivre.
Ta chevelure sent l’été, la lune et la terre.
I1 faut vivre, vivre, rien que vivre…

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)


Illustration: John William Waterhouse

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GRAPHIQUE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



GRAPHIQUE

I
Courbe des espaces, courbe des baies,
Vie qui n’est pas celle des gestes inutiles,
Qui me consolera de mon corps enseveli ?

II
Elle est en moi, dans la clarté
Que le soleil dépose au sommet des montagnes.
Par elle je sais que je vaincrai la nuit
Et tout le poids mort de mes membres.

III
Montrez-moi les anémones, les méduses et les coraux
Du fond de la mer.
Je nais à l’instant.

IV
La femme blanche que la nuit porte en son ventre
Émergea à la surface des eaux et mourut.

V
J’arrive à la plage et je vois que c’est moi
Le jour blanc.

***

GRÁFICO

I
Curva dos espaços, curva das balas,
Vida que nao é vida com os gestos inúteis
Quern me consolará do meu coreo sepultado ?

II
Ela está dentro de mim na claridade
Que o sol poisa no cimo das montanhas
Por ela sei que vencerei a noite
E todo o peso morto dos meus membros.

III
Mostrai-me as anémonas, as medusas e os corais
Do fundo do mar.
Eu nasci há um instante.

IV
A mulher branca que a noite traz no ventre
Veio à tona das águas e morreu.

V
Chego à Praia e vejo que sou eu
O dia branco.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: George Hunter

 

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La matinée confiante (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



Gisbert Combaz  n [1280x768]

La matinée confiante

La route était aisée sous les arbres
Il se rappelait que quelques mois auparavant
Il avait rencontré une jolie fille qui s’appelait Caroline
Et marcher vite et encore plus vite
Cheval de nuage dressé cabré hennissant
quels parfums !
aux détours de la route la mer est bleue
L’air chaud et silencieux vibre
Il descend des hautes collines vers les plages
vite toujours plus vite
ll arrive à la baie
où cerné par des marins
mi-corps dans la mer
et armés d’épieux
Un grand poisson marin se débat dans l’eau pas assez profonde
Et se rapproche du sable seo et de la mort

La nuit suivante la porte de la maison isolée
Près des grands arbres
S’ouvre
En sort une femme
Elle disparaît à travers les ténèbres
Dans une direction inconnue
Beau paysage
Heureuse matinée
Heures passées.

(Robert Desnos)

Illustration: Gisbert Combaz

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S’en viennent, s’en vont (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



 

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S’en viennent, s’en vont,
Tant de bateaux dans la baie —
Vagues de printemps.

***

A bay full of ships,
All arriving or leaving
On bright spring waves.

(Richard Wright)

Illustration

 

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ÉLOGE DU SOUFFLEUR (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



 

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ÉLOGE DU SOUFFLEUR
(pour John Coltrane)

à Mimi Lorenzini

Je pars d’un point
et je vais le plus loin possible
au plus loin des possibles
je prends une note
et je la transforme
en colonne sans fin
sans relâche et sans fin
je ménage des ouvertures
dans la peau du monde
des irruptions de jardins clos
des baies vitrées
dans la chair même du son
je joue les notes comme je les vois
je n’invente rien
je fais apparaître
les désordres fluides du vivant
les marbres tremblés du temps
jusqu’à resplendir
jusqu’à m’accorder
au mouvement perpétuel de la lumière
oui
j’attends que la lumière
se pose sur mes notes
comme un amant

comme un aimant
comme l’aimant des apparitions
là où tout palpite
au fond de l’infiniment sensible
où l’identité n’est
plus qu’un vacillement
pourquoi moi pourquoi toi
toutes les aubes viennent à ma bouche
toutes les aubes
respectent l’arc-en-ciel
je suis un argonaute du souffle

Je pars d’un point
et je vais toujours plus loin
j’avance le long de ma ligne de coeur
un peu Orphée un peu Faust
je passe à travers tous les cercles
naissances morts renaissances
s’en vont s’en reviennent
à chaque seconde de chaque solo
je traverse mille frontières
pour une liberté enfin déliée
pour un surcroît de bienveillance
j’absorbe tout
au velours de la vraie vie
au velours de la vraie nuit
j’accepte le chaos
dès lors qu’il apaise
dès lors qu’il irise
dès lors qu’il flamboie
je n’aime pas la redite

mais l’obsession
je métamorphose
je tourbillon
je vortex
je voudrais me réveiller
dans chacun de vos rêves
je voudrais vous faire entendre
les grands territoires de la solitude
chacune de mes notes met un mot
sur votre mélancolie
un mot un seul
un mot d’orage éblouissant
un mot minéral
un mot volcanique
en plein coeur du monde et
out of this world
écoutez-moi
j’ouvre un espace
j’ouvre l’espace même
mes trilles ont le pouvoir
d’effacer tous les maux
je suis un ange viril

Je pars d’un point
mais quel est ce je
qui part d’un point
mon je n’est pas un je
c’est un vrai jeu un grand jeu
un je qui joue qui noue et dénoue
un je-nous un je-monde
un je immensément collectif
inconditionnel
un je qui n’est que musique
je suis une pensée qui chante
inexorable
une pensée sonore
qui ne cesse de s’élever
une pensée qui sature votre coeur
d’une douceur rugueuse
une pensée qui bruit à chaque instant
n’attendez pas de mourir
pour écouter vraiment vos étoiles internes
n’attendez pas de mourir
pour donner naissance
au meilleur de vous-même
mille roses ouvertes dans le vide
a love supreme
un amour à jamais suprême
pour parler de la constellation des âmes
reconnaissance
accomplissement
voilà tout le baume de ma véhémence
je suis un descendant de ces hauteurs
où pense la lumière
tout n’était que son
et j’étais au milieu du son
jamais je n’ai joué
sans tout donner
jamais je n’ai joué sans vous aimer
je suis le sourire du déluge

(Zéno Bianu)

Illustration

 

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J’ai vu les Muses (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



Muriel Henry Muses [800x600]

J’ai vu les Muses

Sur la colline
Oui, j’ai bien vu les Muses
Perchées parmi les feuilles.
Je vis alors les Muses
Entre les larges feuilles des chênes
Qui mangeaient des glands et des baies.
J’ai vu les Muses sur un chêne
Séculaire qui croassaient.
Émerveillé en mon cœur
Interrogeant mon cœur émerveillé,
Je dis à mon cœur la merveille.

(Leonardo Sinisgalli)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Muriel Henry

 

 

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ECUME SPORE POLLEN (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




ECUME SPORE POLLEN

Avec ses yeux ultramarins la mer regarde
se défaire le vent, les îles instaurer
une plainte d’écumes dans les baies
de tes jours heureux et malheureux.

Toute pensée a sa plainte, la lâcheté
de la terre crépite en élément
— spore, monade — ocellé, la lâcheté
sans regard regardée, fixée

dans l’éternelle défaite, plume dans l’air
ton sourire que le pétrel
répand et ne défend pas, les accalmies,
fleurs de lumière, sont, les tiennes, mes

espérances désolées, intraitables
vers un large de mains qui se serrent
sur le message des vents : déjà il dissout
les horizons en d’autres événements cachés.

***

SPUMA SPORA POLLINE

Guarda con occhi oltremarini il mare
disfarsi il venta, le isole accampare
un lamento di spume nelle baie
dei tuoi giorni felici e infelici.

Ogni pensiero ha il suo lamento, crepita
la viltà della terra in elemento
– spora, monade – occhiuto, la viltà
che non guarda ed è guardata, fissa

nell’eterno disfarsi, piuma all’aria
il tuo sorriso che la procellaria
diffonde e non difende, le accalmie,
fiori di luce, sono, tue, le mie

desolate, intrattabili speranze
in un largo di mani che si stringono
sul messaggio dei venti : già discioglie
gli orizzonti in altri oscuri eventi.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Waldemar Nobre

 

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