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Poésie

Posts Tagged ‘baignoire’

Comme les hirondelles (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Comme les hirondelles

Le temps avait passé.
La maison s’était assoupie.

Les filles étaient parties.
Des gendres barbus
étaient venus s’installer à notre table.

Et voici les chambres se recouvrent de linge blanc.
Les langes encombrent les baignoires.
Les placards s’entrouvrent
libérant les cris et les rires
que nous venions de ranger.

Dans la maison vieillissante,
avec le printemps,
les hirondelles sont revenues.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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QUESTIONNEMENT (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



 Illustration: Pierre Bonnard

    

QUESTIONNEMENT

Comment est le corps?
Comment est le corps de la femme?
Où commence-t-il: ici, par terre
ou dans la chevelure, d’où il descend?

Comment est la jambe qui monte,
et qui va montant jusqu’où?
En l’apercevant dans un éclair,
ça fait mal dans la poitrine,
la terre tremble.

On dit que dans la femme
il est des endroits splendide
et que jamais ils ne se révèlent.
Des moelleurs girondes.

Comment font-elles quand elles sont nues,
dans la baignoire, en se lavant
pour ne pas se voir nues nues nues ?

Pourquoi dans la robe beaucoup d’autres robes
et des blancheurs et du linge empesé, jusqu’où ?
Quand est-ce que sans vêtement
elle est elle-même, seulement femme ?

Et comment fait-elle quand fait-elle
pour autant qu’elle fasse
ce que nous faisons tous malproprement?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure,
mais en pleine avant-scène. Oh ! j’ai mal conservé
dans ma mémoire si l’on jouait de l’Heré
ou du Donizetti : Je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
du désir s’enfoncer dans mon coeur énervé
et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! l’âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous
ou j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux,
pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou ! tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
et ce baiser valait toute une nuit d’amour !

(Jean Richepin)

Illustration: Antoine Picard

 

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St-Babylas (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



St-Babylas

Il y a une femme nue dans les bras d’un satyre
Une carpe qui bâille hors de l’eau
Et St Roch dans la baignoire
Avec son chapeau
Les regarde
Mais St Michel
Va terrasser le Dragon

(Pierre Albert-Birot)

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L’air autour de tes lèvres (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



 

L’air
Autour de tes lèvres
Est léger

Tant il y flottent peu
De mots

A peine
Comme un ou deux
Cheveux
Laissés sur l’oreiller

Puis sur la baignoire

Qui disent combien
Tu étais nue

Détendue en ce bain
Où nos baisers
Faisaient des bulles

Je pense à ta bouche
Sur ma peau
Chaque fois que dans

Le parc sous la neige
Je vois traverser
L’écureuil

Qui vient pour jouer
Avec moi
Quand je rentre seul

(Werner Lambersy)

Illustration: Drew Darcy

 

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Les jours sont de plus en plus courts (Ban’ya Natsuishi)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



Pierre Bonnard nue baignoire mm [800x600]

Les jours sont de plus en plus courts
je pense à tes cheveux
dans la baignoire

(Ban’ya Natsuishi)

 Illustration: Pierre Bonnard

 

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Instant présent (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Instant présent

Ou remplir jusqu’à son saoul la baignoire.
Ou faire chanter le syphon.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration

 

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Le laveur de carreaux (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016


 

laveur de carreaux 1 [800x600] [800x600]

Le laveur de carreaux

Suspendu comme une araignée
Au bout de son fil argenté
Le laveur de carreaux descend
Du haut de la tour. En passant,
Il dit bonjour aux habitants :

30 Le monsieur du trentième étage
Qui ne mange que du fromage.

29 Celui de l’étage au-dessous
Qui n’aime que la soupe aux choux.

28 Les gens qui viennent de Pluton
Et marchent les pieds au plafond

27 Le baryton de l’opéra
Qui se fait des oeufs sur le plat.

26 Ceux qui ont semé du gazon
Pour rendre plus gai leur béton.

25 Ceux qui élèvent des lapins
Sur l’herbe d’un salon de jardin.

24 Ceux qui ont mis dans leur baignoire
Un bébé phoque blanc et noir.

23 Le chat qui vit seul, noir et blanc,
(Il a dû louer l’appartement).

22 Le vieil Auvergnat à moustaches
Qui che regarde dans la glache.

21 Le militaire en permission
Qui compte ses décorations.

20 La foule du vingtième étage
C’est la réception d’un mariage.

19 La receveuse de la poste
Qui ne grignote que des toasts.

18 L’académicien nostalgique
Qui s’amuse au train électrique.

17 L’élève de Napoléon
Qui range ses soldats de plomb.

16 Le collectionneur de timbales
Qui joue du violon à pédales.

15 Un abbé qui fait du trapèze
Sur un bâton entre deux chaises.

14 L’amateur de scie musicale
Qui coupe l’Internationale

13 Le passionné d’exploration
Qui chasse le tigre au salon

12 Deux bustes de marbre au nez grec
Qui contemplent un jeu d’échecs.

11Un athlète en maillot de corps
Qui s’est allongé et qui dort .

10 La dame du dixième étage
Qui garde un sapajou en cage.

9 Plus bas une belle famille
Les parents et quatorze filles.

8 Des campeurs chantant à mi-voix
En rond autour d’un feu de bois

7 Un grand polytechnicien morne
Qui ne porte que son bicorne.

6 Un peu plus bas un éléphant
Prisonnier dans l’appartement.

5 Un couple se bat au cinquième
À coup de tartes à la crème.

4 La petite fille aux yeux bleus
Qui a les yeux verts quand il pleut.

3 La jeune fille du piano,
Qui se tricote un allegro.

2 La dentiste qui vient d’extraire
Une redoutable molaire.

1 Le petit garçon du premier
Qui fourre ses doigts dans son nez.

0 Tout est vide au rez-de-chaussée
La concierge est dans l’escalier.

On voit les secrets de la ville
Quand on descend au bout d’un fil.

(Jacques Charpentreau)

Illustration

 

 

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NOTRE TOUR (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



 

NOTRE TOUR

J’ai vu un projet de maison
Beau rêve élancé à l’échelle d’un centième
Tout autour les fenêtres tournoyaient
Enveloppant la tour de tant de lumière
Que du blanc de la page soufflait
L’air pur des hauteurs agité par les ailes

Fenêtres fenêtres cadres qui nous attendent
Points fertiles de l’espace
Où le visage de nos désirs
Vient et nous fait lever 1a tête

Là-haut j’aurais voulu vivre longtemps sans redescendre

Beau rêve précis on avait tout prévu l’avenir
Etait là déjà à chaque étage et j’ai tout vu
Les murs de verre les jardins inattendus
Les terrasses reflétant une carte du ciel
Alcôves où le sommeil était image de survie
Les baignoires donnant des moulages parfaits
Et des chambres avaient pour trésor le silence
Dans l’ambre des cloisons et des jets d’eau
Attendaient le signal de la grâce

L’homme déjà rêve très bien
Il dorme des mesures si précises à ses désirs
Qu’autour de lui voilà que les lignes s’allongent
Montent s’échafaudent
Et parfois il sait agir de même

Mais éviter l’éclair affreux de la discorde
Et célébrer sur la plus haute tour
L’instant sacré quand les bâtisseurs de très haut
Verront tous les hommes semblables
Comme des frères
Alors plus rien ne pourra t’empêcher d’exister
O splendide palais de la réalité

(Ernest Delève)

Illustration: Michael Whelan

 

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