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Posts Tagged ‘baiser’

Ultime parole de la princesse (Ana Mafalda Leite)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



 

 
Ultime parole de la princesse

Il se couche dans mes rêves et s’éveille

se parfume
se peuple
de moi

s’émerveille de baisers
douce la bouche les entoure
embrase
des roses

les fait attendre
séduit
lentement
des roses

sent le délice
la délectation

(Ana Mafalda Leite)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Marie-Claire Vromans
Editions: Action Poétique

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Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

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Je suis un nid de cendre… (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Je suis un nid de cendre
où viennent les oiseaux
pour chercher la manne de l’ombre
la flèche clouée dans le poème
le baiser de l’insecte.

***

Soy un nido de ceniza
adonde acuden los pàjaros
para buscar el manà de la sombra
la flecha clavada en el poema
el beso del insecto.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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SOUVENIRS D’AVRIL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



Anders Zorn La-Nymphe-Amour-1885-Anders-Zorn

SOUVENIRS D’AVRIL

Le rythme argentin de ta voix
Dans mes rêves gazouille et tinte.
Chant d’oiseau, bruit de source au bois,
Qui réveillent ma joie éteinte.

Mais les bois n’ont pas de frissons,
Ni les harpes éoliennes.
Qui soient si doux que tes chansons,
Que tes chansons tyroliennes.

*

Parfois le vent m’apporte encor
L’odeur de ta blonde crinière.
Et je revois tout le décor
D’une folle nuit, printanière ;

D’une des nuits, où tes baisers
S’entremêlaient d’historiettes,
Pendant que de tes doigts rosés
Tu te roulais des cigarettes ;

Où ton babil, tes mouvements
Prenaient l’étrange caractère
D’inquiétants miaulements,
De mordillements de panthère.

*

Puis tu livrais tes trésors blancs
Avec des poses languissantes…
Le frisson emperlait tes flancs
Émus des voluptés récentes.

*

Ainsi ton image me suit,
Réconfort aux heures glacées,
Sereine étoile de la nuit
Où dorment mes splendeurs passées.

Ainsi, dans les pays fictifs
Où mon âme erre vagabonde,
Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,
S’égayent de ta beauté blonde.

*

Et, dans l’écrin du souvenir
Précieusement enfermée,
Perle que rien ne peut ternir,
Tu demeures la plus aimée.

(Charles Cros)

Illustration: Anders Zorn

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A M. HAUSSMANN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Arturo Souto pair-1951 [1280x768] [1280x768]

A M. HAUSSMANN
Ancien Préfet de la Seine

La maison est démolie,
Le petit nid est en l’air
Où j’eus ton coeur et ta chair
Ma maîtresse si jolie !…

Je vois toujours dans l’ouest clair
Cette comète abolie.
Tombez pierres, ciment, fer !
L’amour jamais ne s’oublie.

Démolissez les maisons
Changez le cours des saisons,
Plongez-moi dans l’opulence,

Vous ne pourrez effacer
La trace de son baiser.
Le vrai c’est ce que je pense.

(Charles Cros)

Illustration: Arturo Souto

 

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Conte de Fée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2017



Conte de Fée

UNE princesse attend, dans un cachot sans jour.
Elle expie on ne sait quel criminel amour.

On sait uniquement qu’elle est prédestinée.
Elle est belle… Elle est jeune… Elle est l’Infortunée.

Cependant le malheur n’a point courbé son front.
La nuit se fait… Bientôt les bourreaux entreront.

Elle n’écoute pas alors que le glas pleure,
Elle sait pourtant qu’ils entreront tout à l’heure.

Elle se voilera de ses profonds cheveux.
Et les bourreaux diront simplement : Je le veux.

Mais elle, détournant ses regards et sa bouche,
Demeurera sous leurs baisers, calme et farouche.

L’amour et les tourments la briseront en vain.
Elle mourra, dans la hauteur de son dédain.

Elle fut la puissante et la très adorée
Et nul ne pleurera sur sa tombe ignorée.

On l’ensevelira dans la nuit. En tremblant,
Une femme mettra sur son coeur un lys blanc.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Qu’est ce qu’un baiser ? (Jacques Salomé)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Qu’est ce qu’un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,
la palpitation de deux lèvres,
un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue,
d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.

Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.
Un baiser c’est comme le clin d’œil d’une étoile
dans l’immensité du cosmos ;
c’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte,
même si chaque baiser paraît contenir chaque fois
une part d’éternité.

(Jacques Salomé)

 

 

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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RÉVEIL (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



RÉVEIL

Nous avons été des gens sages
Cette nuit, je ne sais pourquoi.
Or, ce matin, je sens en moi
Des éternités de nuages.

Toi-même sur ton front vermeil
Tu gardes des reflets nocturnes,
Et tes yeux sont comme des urnes
Où fume un restant de sommeil.

Nous avons trop dormi, ma chère.
Notre vorace amour se plaint
De n’avoir pas le ventre plein,
Lui qui fait toujours bonne chère.

Allons, mignonne, allons, debout!
Chassez-moi nos pensers funèbres.
J’ai nourri mes yeux de ténèbres,
J’ai fait des rêves de hibou.

Mais en vous voyant fraîche et rose.
J’en fais qui sont couleur de jour.
J’entends la voix de notre amour
Qui pour fleurir veut qu’on l’arrose.

C’étaient nos vœux inapaisés
Qui nous rendaient mélancoliques.
Donnons à nos cœurs faméliques
Un large repas de baisers.

C’est le remède, c’est la vie !
Tu m’enlaces ; moi, je t’étreins ;
Et mangeant le feu de nos reins,
Se tait notre bête assouvie.

Les désespoirs les plus ardents.
Les tristesses les plus farouches,
Quand nous unissons nos deux bouches,
Sont égorgés entre nos dents.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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La salive de tes baisers (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



La salive de tes baisers sent la dragée
Avec je ne sais quoi d’une épice enragée,
Et la double saveur se confond tellement
Que j’y mange à la fois du sucre et du piment.
C’est dans le même instant l’eau courante et la braise;
C’est plus chaud qu’un alcool et plus frais qu’une fraise;
Et ton souffle s’y mêle et me monte au cerveau
Comme le vent du soir grisé de foin nouveau.

(Jean Richepin)

 

 

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