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Poésie

Posts Tagged ‘baiser’

Le désir fait brûler mon sang (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017




Le désir fait brûler mon sang,
d’amour tu m’as l’âme blessée.
Donne tes lèvres : tes baisers
me valent la myrrhe et le vin.
Penche sur moi ta tête tendrement
que je goûte un sommeil sans trouble
jusqu’au souffle joyeux du jour
qui chassera l’ombre nocturne.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

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A Venise (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



A Venise

TOUT s’élargit. Le soir qui tombe est magnifique
Et vaste. Comme un Doge amoureux de la mer,
Parmi l’effeuillement des roses, la musique
Des luths, l’or qui flamboie ainsi qu’un rouge éclair,
Moi, j’irai, dominant le cortège mystique,
Et, somptueusement, j’épouserai la mer.

J’épouserai la mer, la souveraine amante.
Le parfum et le sel de son royal baiser
Irriteront la soif de ma bouche brûlante,
Et, tel un souvenir qui ne peut s’apaiser,
S’élèvera le vent des espaces qui chante
Dans le ciel nuptial l’infini du baiser.

Je verrai tressaillir l’ombre des hippocampes.
Les algues s’ouvriront comme s’ouvrent les fleurs,
Et le phosphore, aux bleus rayonnements de lampes,
Allumera pour moi de vivantes pâleurs :
Afin de couronner mes cheveux et mes tempes,
Les algues flotteront, plus belles que les fleurs.

Ainsi, laissant flotter mon corps à la dérive,
Je mêlerai mon âme à l’âme de la mer,
Je mêlerai mon souffle à la brise furtive.
Se dissolvant, légère et fluide, ma chair
Ne sera plus qu’un peu d’écume fugitive.
Dans la pourpre du soir j’épouserai la mer.

(Renée Vivien)

Illustration: Roger Suraud

 

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LE BONHEUR (Mihály Csokonai Vitéz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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LE BONHEUR

Sous la tonnelle de jasmin
Cette fraîche soirée d’été
Je suis assis avec Lilla ;
Ma Lilla chantonne avec moi,
Elle plaisante en me baisant,
Tandis que dans ses cheveux bruns
Un zéphyr joue en chuchotant.

Sur le vert gazon je posais
Là une bouteille de vin,
Puis, avec une rose tendre
Je lui faisais serrer les lèvres.
Un peu plus loin, dans le panier,
Les poésies d’Anacréon
En compagnie de fraîches fraises.

Qui vit jamais ensemble autant
De délices et de trésors ?
Qui est plus heureux que Vitéz ?

(Mihály Csokonai Vitéz)

Illustration: Ettore Tito

 

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CHANSON DE MESSIDOR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



CHANSON DE MESSIDOR

Dame ! vois-tu les grands blés d’or
Sous les couchants de Messidor
Saillir longs et droits de la glèbe.
Ils ne sont pas encor si longs
Que les flots de tes cheveux blonds
Où je cache mon front d’éphèbe.

Dame ! écoute la voix du vent
Dont l’aile caresse en rêvant
Une par une chaque tige.
Elle est moins vibrante d’émoi
Que ta chanson qui fait en moi
Courir des frissons de vertige.

Dame ! regarde voltiger
Les abeilles en l’air léger
Et se reposer sur les roses.
Leur miel plein d’arôme est moins doux
Que le baiser pris à genoux
Sur tes lèvres fraîches écloses.

Dame ! en ton geste noble et lent
Cueille un coquelicot sanglant
Pour l’épingler sur ta poitrine.
Il est moins rouge que mon coeur
Quand ton rictus aigre et moqueur
Le met en doute ou le chagrine…

(Gaston Couté)

Illustration

 

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Devant l’Amour (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Devant l’Amour

Un jour qu’elle allait, la pauvrette !
Sans entendre l’oiseau chantant,
Sans voir fleurir la pâquerette
Un gars passait dans le Printemps ;
Et comme elle pouvait encore,
Malgré tout, plaire aux amoureux,
Lui mit un long baiser sonore
Sur les oreilles et les yeux.

Rien qu’un baiser ! Pas de prières !
Non plus d’herbes de la Saint Jean !
Et le gars à l’étreinte claire
Partit plus loin dans le Printemps ;
Mais, là-dessus, la pauvre fille
Disait : « Je suis guérie, je vois
Dans mon cœur un soleil qui brille
Et j’entends en mon cœur des voix… »

(Gaston Couté)

 Illustration: Franz Xaver Winterhalter

 

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VALSE MYSTIQUE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



coeurs-volants

VALSE MYSTIQUE

Le soir, quand paraît la première étoile,
Les cœurs de tous ceux qui sont morts d’amour
Viennent vers la terre et fendent le voile
Qui les cache aux yeux des vivants, le jour.
Alors, dans la nuit brune et fantastique,
Leur sang meurtri pleut et retombe en pleurs
Sur l’herbe, troublant la mélancolique
Chanson de sanglots du vent dans les fleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils accourent tous !… le cœur du poète
Et de son amante aux yeux langoureux,
Le cœur de l’éphèbe à la blonde tête,
Le cœur torturé des vieux amoureux,
Le cœur de la vierge aimante et pudique,
Le cœur de la femme aux baisers trompeurs,
Ils accourent tous !… pris d’un nostalgique
Besoin de revoir le val des douleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils tournent noyés dans des flots d’extase,
Parmi des parfums lourds et capiteux
Tandis que la lune au front de topaze
Etincelle au fond du ciel nébuleux ;
Et leur tourbillon noir et magnétique
Poursuit son chemin, semant des lueurs
D’or en fusion dans la magnifique
Splendeur de l’espace aux vagues pâleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Mais, sitôt que perce un clair rayon d’aube
Et qu’un chant d’oiseau bruit dans le vallon,
Leur essaim léger au loin se dérobe
Et plus rien !… alors, plaintifs, ils s’en vont,
Pour rentrer, passer sous le grand portique
D’azur diaphane enlacé de fleurs
D’opale où le Dieu calme et pacifique
Dénombre, un par un, le troupeau des cœurs.
Et le lendemain, tous les pauvres cœurs
Reviennent danser la valse mystique.

(Gaston Couté)

 

 

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Combien dureront nos amours? (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017


bouteille

— Combien dureront nos amours?
Dit la pucelle au clair de lune.
L’amoureux répond : — Ô ma brune,
Toujours, toujours!

Quand tout sommeille aux alentours,
Élise, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours!

Moi, je dis : — Pour charmer mes jours
Et le souvenir de mes peines,
Bouteilles ; que n’êtes-vous pleines
Toujours, toujours!

Mais le plus chaste des amours,
L’amoureux le plus intrépide,
Comme un flacon s’use et se vide
Toujours, toujours!

(Baudelaire)

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A Poor Young Shepherd (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J’ai peur d’un baiser!

Pourtant j’aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate,
Aux longs traits pâlis.
Oh! que j’aime Kate!

C’est Saint-Valentin!
Je dois et je n’ose
Lui dire au matin…
La terrible chose
Que Saint-Valentin!

Elle m’est promise,
Fort heureusement!
Mais quelle entreprise
Que d’être un amant
Près d’une promise!

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J’ai peur d’un baiser

(Verlaine)

Illustration

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Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

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Les Baisers (Pierre Perret)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



soleil-lune

 

Les Baisers

Y a dans mon dictionnaire usé
La définition du baiser
Ceux qui ont écrit ça me font de la peine
Braves gens je vais vous dire la mienne
Car un baiser c’est du fuego
C’est pas de la bave d’escargot
Et les vieux schnoks de l’académie
Devaient encore être endormis

Y a le baiser le baiser fourbu et flapi
La langue qui traîne jusqu’à terre
Comme un spaghetti ramolli
Le baiser qui fait courir tout Paris
Le baiser saignant et garni
Avec un steack-frites une serviette
Et le service est compris
Y a aussi le baiser tirelire qui est certainement le plus rigolo
Accroupis la langue dehors les narines pincées et les miches dans l’eau

Y a le baiser russe inconnu chez les aristos
La langue repliée en faucille
Et l’autre tendu en marteau
Le baiser compétition argentin
En dansant roulez un patin
Les lèvres soudées le souffle court un chronomètre à la main

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
On dirait un chausson aux pommes
Langue de velours palais d’amour on la surnomme
Je l’aime
Elle m’aime

Y a le baiser le baiser hurleur inédit
Allongés tout nus sous la pluie
Dans un champ d’orties à minuit
Y a aussi le baiser du ruminant
Le baiser du flic menaçant
La langue chargée jusqu’aux dents
D’un kilo de parmesan
Y a aussi le baiser tricot très difficile et très pervers
Avec les langues nouées papilles à l’endroit papilles à l’envers

Y a le marocain la langue roulée en pois chiche
Un chameau carré sous les miches
Et un p’tit nombril boute-en-train
Pis y a le baiser mystique hypocrite
Les lèvres mouillées d’eau bénite
Les deux langues en croix à genoux
Le seul qui n’ait pas de goût

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
Pour l’apprécier il faut comprendre
Qu’il est sublime comme une truffe sous la cendre
Je l’aime
Elle m’aime

Y a le baiser le baiser indien que j’aime bien
On s’embrasse trois fois sur le cul
Et on dit coucou tu m’as eu
Y a le baiser japonais qui me plait
On avale un grand bol de lait
On s’embrasse trois fois sur les seins
Et puis on dit plus rien

Et puis y a le baiser d’Zézette
Le plus salé le plus sucré c’est le plus chouette
A côté de sa bouche en flamme
Le Stromboli n’est qu’un p’tit sorbet de réclame
Je l’aime
Elle m’aime

(Pierre Perret)

 

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