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Posts Tagged ‘baisser’

Ta bouche (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



 

 

Ta bouche me fait baisser les yeux!

(Jules Laforgue)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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LIBERTÉ (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
LIBERTÉ

Ce n’est rien, ta mort, petit yéménite…

Existe-t-il un mot
moins souillé de ravages
de douleur et de sang
que celui de liberté ?

Sans relâche le roulement du tambour
les guerres ne sont plus déclarées
mais poursuivies

Des drapeaux sont hissés
ou baissés
victoire ou oppression
le temps seul sait.

Ah liberté
où es-tu en Afrin, en Palestine,
en Syrie, en Afghanistan, en…

Non, pour toi non plus
pas de paix, petit yéménite
Envoies-tu un selfie sur Face Book
avant que sous peu sans paix ou liberté
tu ne sois condamné à mourir de faim ?

***

FREEDOM

It’s nothing, your death, little Yemenite …

Is there a word
less stained with destruction
suffering and blood
than freedom?

Continuously the drums beat
the wars are no longer declared
but continued
Flags are hoisted
or knocked down
victory or defeat
only time knows

Oh freedom
where are you in Afrin, in Palestine,
in Syria, in Afghanistan, in …

No, neither for you
is peace, little Yemenite
Send a selfie to Face Book
before you have to die of hunger
without freedom, without peace.

***

自 由

小也门人,你的死,无关紧要……

有一个单词
比自由更少
受痛苦与鲜血
破坏的玷污吗?
鼓在持续地敲响
不再宣示战争
战争却继续
旗子升起
或降落
胜利还是失败
只有时间知道
在非洲、在巴勒斯坦、在叙利亚
在阿富汗,在……
哦,自由,你在哪里?
不,还有不适合你的
是和平,小也门人
发送一张自拍照到脸书
因为饥饿你只得死亡
没有自由没有和平。

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction: Français Elisabeth Gerlache Chinois William Zhou
Editions: POINT(P0ésie INTernationale)

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Je n’aimai plus l’étoile (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Je n’aimai plus l’étoile,
et je baissai les yeux ;
mais l’étoile en eux me revint,
comme — croyais-je — une fleur de neige.

Mais la fleur de neige était de nard
— de larme —, d’hermine ; et elle se défit,
et elle ruisselait à l’intérieur de moi.

Comme elle débordait, je me mis à pleurer ;
et sur le monde noir pleurai hermine et nard,
et toute une gloire d’étoiles dégelées.

***

No quise más la estrella,
y le bajé los ojos;
pero la estrella se me vino en ellos,
como —creía yo— una flor de nieve.

Pero la flor de nieve era de nardo,
—de lágrima—, de armiño; y se deshizo,
y me caía, chorreando, dentro.

Rebosaba, y me eché a llorar;
y lloré armiño y nardo al mundo negro,
y una gloria de estrellas desheladas.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gao Xingjian

 

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LE JOUR BAISSE LA TÊTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LE JOUR BAISSE LA TÊTE

Tu me vois désolé, Seigneur,
dans ton jour,
fermé à toute lumière.

Privé de toi, je panique,
la route d’amour perdue,
et il ne m’est ni grâce
ni angoisse de me chanter
ce qui assèche mes désirs.

Je t’ai aimé et fréquenté;
le jour baisse la tête
et je cueille les ombres des cieux:
quelle tristesse mon coeur
de chair!

***

SI CHINA IL GIORNO

Mi trovi deserto, Signore,
nel tue giorno,
serrate ad ogni luce.

Di te prive spauro,
perduta strada d’amore,
e non m’è grazia
nemmeno trepido cantarmi
the fa secche mie voglie.

T’ho amato e battuto;
si china il giorno
e colgo ombre dai cieli:
che tristezza il mio cuore
di carne!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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SAY IT WITH MUSIC (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

SAY IT WITH MUSIC

Les bracelets d’or et les drapeaux
les locomotives les bateaux
et le vent salubre et les nuages
je les abandonne simplement
mon coeur est trop petit
ou trop grand
et ma vie est courte
je ne sais quand viendra ma mort exactement
mais je vieillis
je descends les marches quotidiennes
en laissant une prière s’échapper de mes lèvres
À chaque étage est-ce un ami qui m’attend
est-ce un voleur
est-ce moi
je ne sais plus voir dans le ciel
qu’une seule étoile ou qu’un seul nuage
selon ma tristesse ou ma joie
je ne sais plus baisser la tête
est-elle trop lourde
Dans mes mains je ne sais pas non plus
si je tiens des bulles de savon ou des boulets de canon
je marche
je vieillis
mais mon sang rouge mon cher sang rouge
parcourt mes veines
en chassant devant lui les souvenirs du présent
mais ma soif est trop grande
je m’arrête encore et j’attends
la lumière
Paradis paradis paradis

(Philippe Soupault)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

 

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NI L’UN NI L’AUTRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
NI L’UN NI L’AUTRE

Quoi dire, quoi penser ? Le jour
par son insistance à paraître,
avouons-le, avouons-le,
fatigue ses meilleurs amis.

La nuit par contre, sournoise,
à tous nos instants se mélange,
elle bat sous nos paupières
elle rampe autour des objets :
inquiétante ! inquiétante !

Quant à cette chose sans nom
qui n’est ni le jour ni la nuit,
baissez la voix je vous le conseille
mieux vaut n’en point parler ici !

(Jean Tardieu)

 

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UN POÈTE REGARDE LA LUNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Hiramatsu Reiji
    
UN POÈTE REGARDE LA LUNE
Tchan-Jo-Su

De mon jardin, j’entends chanter une femme,
mais malgré moi je regarde la lune.

Je n’ai jamais pensé à rencontrer la femme, qui chante dans le jardin voisin,
mon regard suit toujours la lune, dans le ciel.

Je crois que la lune me regarde aussi,
car un long rayon d’argent arrive jusqu’à mes yeux.

Les chauves-souris le traversent, de temps en temps,
et me font brusquement baisser les paupières ;

mais lorsque je les relève,
je vois le regard d’argent, toujours dardé sur moi.

La lune se mire dans les yeux des poètes
comme dans les écailles brillantes des dragons, ces poètes de la mer.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Eux les tournesols (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



    
eux les tournesols
quand le soleil disparaît
leurs têtes s’inclinent
retombent ne sont plus
que ce coeur noir
ce jaune éteint

tu te voyais en eux

tête baissée
tu stagnais
prisonnier d’une attente
inerte

regard mort
ou tu fuyais par les rues mornes
aspirant à retrouver la terre
à sentir monter en toi
la lueur qui pourrait
te redresser
te donner le cran
d’engager le combat

sans lumière
tu étais sans force

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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LE RIDEAU (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



 

LE RIDEAU

Fermer les yeux c’est baisser le rideau
Pour aujourd’hui la comédie est terminée
Le public se lève et s’en va
Oui mais derrière le rideau
Ce qui se joue à l’imprévu
C’est Madame la Vie
Là mon cher on est tout seul
Pour s’applaudir
Ou se siffler
Mais quels décors
Et quels miraculeux éclairages
Là se voit et se dit ce qui ne sera jamais vu
Et jamais dit
Mais le public arrive
Brigadier frappe les trois coups
Il faut bien lever le rideau

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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ТU ES VRAIMENT FOFOLLE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Toulouse Lautrec
    
ТU ES VRAIMENT FOFOLLE,
Tu cours
Comme le vent du matin,
Tu finiras par te faire écraser : gare aux voitures !
Pourtant j’ai récuré ma petite table,
Et déjà
Le faible éclat du pain est une lumière plus pure.
Reviens donc, si tu veux bien,
J’achèterai une couverture pour mon lit de fer :
Cela va bien
Avec ma pauvreté qui t’aime,
Et que le Seigneur aime aussi.
Et le Seigneur m’aime aussi.
Il ne vient jamais ici dans toute sa clarté
Car il ne veut pas abîmer
Mes yeux pris d’un tel désir de le voir.
Et ils te regarderont avec tant de douceur.
Quand tu seras revenue !
Je t’embrasserai avec précaution,
Je n’arracherai pas ton manteau,
Mais je te dirai toutes les friponneries
Que j’ai inventées depuis ton départ
Pour que tu ries à ton tour.
Tu rougiras,
Tu baisseras les yeux et nous rirons comme des fous.
Les voisins nous entendront,
Les journaliers graves et taciturnes nous entendront,
Et dans leur sommeil las et brisé, ils esquisseront un sourire.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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