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Posts Tagged ‘balancement’

C’est comme le vent aussi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

C’est comme le vent aussi
dans les grands marronniers, c’est

le balancement muet
et la mémoire du bleu.

Le corps plus léger soudain
flotte seul dans le courant

de l’air. Rien d’autre. Le cri
d’un oiseau blesse le jour.

Le silence est si profond
qu’on écoute l’invisible.

Sans cesse ça te traverse
ça te blesse. Comme un vent
qui n’arrêterait jamais,
qui soufflerait sans souffler,
sans que rien ne le révèle
qu’une absence dans le jour,
dans les feuilles, dans les gestes
et tu te tais, tu écoutes,
et plus tu écoutes moins
tu entends et moins tu sais.

(Jacques Ancet)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Inventaire (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022




    

Inventaire

De quelles soies se sont faits tes doigts,
De quel marbre tes cuisses lisses,
De quelles hauteurs est parvenue à ta démarche
La grâce de chamois avec laquelle tu chemines.

De quelles mûres matures s’est extrait
Le goût acidulé de ton sein,
De quelles Indes le bambou de ta taille,
L’or de tes yeux, d’où est-il venu

A quel balancement de vague vas-tu chercher
La ligne serpentine de tes hanches,
Où naît la fraîcheur de cette fontaine
Qui sort de ta bouche quand tu ris

De quels bois marins s’est détachée
La feuille de corail de tes portes,
Quel parfum t’annonce quand tu viens
M’encercler de désir aux heures mortes.

***

Inventário

De que sedas se fizeram os teus dedos,
De que marfim as tuas coxal lisas
De que alturas chegou ao teu andar
A graça de camurça com que pisas.

De que amoras maduras se espremeu
O gosto acidulado do teu seio,
De que indias o bambu da tua cinta,
O oiro dos teus olhos, donde veio.

A que balanço de onda vais buscar
A linha serpentina dos quadris,
Onde nasce a frescura dessa fonte
Que sai da tua boca quando ris

De que bosques marinhos se soltou
A folha de coral das tuas portas,
Que perfume te anuncia quando yens
Cercar-me de desejo a horas mortas

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Dimanche Soir (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022



Illustration
    
Dimanche Soir

On commence à danser, les filles rient,
les gros souliers vont battant la mesure,
et l’accordéon assis sur la table presse
et distend tour à tour ses soufflets aigres.

C’est l’heure où le soleil se couche,
la lune est ronde, l’air est bleu;
on dirait qu’une poussière d’étoiles
monte des champs avec 1a nuit.

Les cloches du dimanche ont sonné ce matin,
les cloches se sont tues,
mais il y a comme un souvenir qui reste d’elles
dans le balancement des arbres du jardin;
et les gens sur le seuil de leurs maisons regardent,
heureux de voir grandir la lune
à la cime des peupliers.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Le silence est si profond (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2021




C’est comme le vent aussi
dans les grands marronniers, c’est
le balancement muet
et la mémoire du bleu.

Le corps plus léger soudain
flotte seul dans le courant
de l’air. Rien d’autre. Le cri
d’un oiseau blesse le jour.

Le silence est si profond
qu’on écoute l’invisible.

(Jacques Ancet)

Illustration: Vincent Van Gogh

Trouvé chez Lara

 

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Où me conduit-on (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



La démarche des chevaux est si lente
Et la flamme des lanternes si pauvre !
Où me conduit-on, je me le demande,
Ces inconnus, probablement, le savent.

Je m’abandonne à leur sollicitude,
Le froid me gagne, et aussi le sommeil ;
Dans un tournant un cahot m’a jeté
Le rayon d’une étoile en plein front.

De la tête en feu le balancement,
La glace tendre de doigts inconnus,
Et les sombres sapins, leurs silhouettes
De mon regard encore inaperçues.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Félix Hilaire Buhot

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MA MÈRE CUIT DU PAIN (Moshe Szulstein)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Anna Sahlsten
    
MA MÈRE CUIT DU PAIN

Ma mère cuit du pain aujourd’hui – la maison est en joie,
Quel feu d’enfer dans le fourneau – rouge de joie,
Qui s’ouvre comme bouche et rit – et rit de joie,
flamme danse avec ardeur – comble de joie,
Le four s’embrase et le bois craque – éclats de joie,
Les copeaux tels des apprentis – l’aident avec joie,
La mère cajole les pains – les caresse de joie,
Les fait basculer dans ses mains – balancement de joie,
On dirait qu’elle joue au ballon – tout en joie,
Ou les berce tels des enfants – assoupis dans la joie,
Que son visage est lumineux – il rayonne de joie,
Sur le mur son ombre s’étend, de plus en plus vaste – de joie,
L’ombre elle-même est en liesse et danse aussi – de joie,
Lorsque ma mère cuit du pain – la maison est en joie.

(Moshe Szulstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Juillet (Geo Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018


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La patience habite le balancement
d’un épi. Les fontaines, les cailloux,
les bêtes, veulent croire à la joie pour
toujours.
Même on voit respirer le sein d’une
statue, elle embellit secrètement.
La plaine, douce comme une joue,
mûrit dans l’heureuse durée.

(Geo Norge)

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BRISE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
BRISE

Bercée par la brise
dodeline sur les arbres
dans le grand hamac du ciel
la sieste des nues.

Elles rêvent dans les branches
parmi des travaux d’insectes
et les balancements de l’air.

Tout est visible déjà,
personne nе le sait qu’après.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES CARACTÈRES ÉTERNELS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration: Hokusaï
    
LES CARACTÈRES ÉTERNELS
Li-Taï-Pé

Tout en faisant des vers,
je regarde, de ma fenêtre, les balancements des bambous ;

on dirait de l’eau qui s’agite et les feuilles en frôlant leurs épines,
imitent le bruit des cascades.

Je laisse tomber des caractères, sur le papier ;

de loin, on pourrait croire que des fleurs de prunier
tombent à l’envers dans de la neige.

La charmante fraîcheur des oranges mandarines, se fane,
lorsqu’une femme les porte, trop longtemps, dans la gaze de sa manche ;

de même la gelée blanche, s’évanouit au soleil ;

Mais les caractères, que je laisse tomber sur le papier,
ne s’effaceront jamais.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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