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Poésie

Posts Tagged ‘balancement’

MA MÈRE CUIT DU PAIN (Moshe Szulstein)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Anna Sahlsten
    
MA MÈRE CUIT DU PAIN

Ma mère cuit du pain aujourd’hui – la maison est en joie,
Quel feu d’enfer dans le fourneau – rouge de joie,
Qui s’ouvre comme bouche et rit – et rit de joie,
flamme danse avec ardeur – comble de joie,
Le four s’embrase et le bois craque – éclats de joie,
Les copeaux tels des apprentis – l’aident avec joie,
La mère cajole les pains – les caresse de joie,
Les fait basculer dans ses mains – balancement de joie,
On dirait qu’elle joue au ballon – tout en joie,
Ou les berce tels des enfants – assoupis dans la joie,
Que son visage est lumineux – il rayonne de joie,
Sur le mur son ombre s’étend, de plus en plus vaste – de joie,
L’ombre elle-même est en liesse et danse aussi – de joie,
Lorsque ma mère cuit du pain – la maison est en joie.

(Moshe Szulstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Juillet (Geo Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018


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La patience habite le balancement
d’un épi. Les fontaines, les cailloux,
les bêtes, veulent croire à la joie pour
toujours.
Même on voit respirer le sein d’une
statue, elle embellit secrètement.
La plaine, douce comme une joue,
mûrit dans l’heureuse durée.

(Geo Norge)

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BRISE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
BRISE

Bercée par la brise
dodeline sur les arbres
dans le grand hamac du ciel
la sieste des nues.

Elles rêvent dans les branches
parmi des travaux d’insectes
et les balancements de l’air.

Tout est visible déjà,
personne nе le sait qu’après.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES CARACTÈRES ÉTERNELS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration: Hokusaï
    
LES CARACTÈRES ÉTERNELS
Li-Taï-Pé

Tout en faisant des vers,
je regarde, de ma fenêtre, les balancements des bambous ;

on dirait de l’eau qui s’agite et les feuilles en frôlant leurs épines,
imitent le bruit des cascades.

Je laisse tomber des caractères, sur le papier ;

de loin, on pourrait croire que des fleurs de prunier
tombent à l’envers dans de la neige.

La charmante fraîcheur des oranges mandarines, se fane,
lorsqu’une femme les porte, trop longtemps, dans la gaze de sa manche ;

de même la gelée blanche, s’évanouit au soleil ;

Mais les caractères, que je laisse tomber sur le papier,
ne s’effaceront jamais.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Une autre voix (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Une autre voix :

N’écoute plus
ceux qui t’invitent à partager
leurs maisons étroites

tu n’es
toi-même que dans le balancement d’une branche
sur le ciel

désentrave ton corps, dénoue
ce qui te rattache
à la terre

deviens toi-même
dans le vouloir du vent qui te dépossède.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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IRIS (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration
    
IRIS

Mais Dieu, surtout pas.
Ne mettez pas de mots vides dans votre bouche,
Hommes, regardez

Iris, malgré le mur,
Debout
C’est votre bleu.

Votre ligne, imaginons
Une plaie vivement recousue.

Votre broderie, sa joie se gonflant,
Quelques secondes d’amour par miracle successives.

Ici,
Du balancement le velours dressé,
Iris.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Vient le jour où la beauté borde notre chemin (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Vient le jour où la beauté borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le coeur tremblant, plus fort
d’une vérité ainsi effleurée.

Vient le jour où l’on pose la main
sur un visage, et tout devient la clarté
de ce visage. Tout se nourrit
du même amour, d’un même rayon de bleu
et boit au même fleuve. Tout va
et vient dans un unique balancement des choses.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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L’arbre s’élève (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018




    
L’arbre s’élève pour s’élever ;
l’oiseau vole pour voler.
Le soleil et la lune créent
le balancement du jour et de la nuit.

En tout être repose
le souffle qui le nourrit
l’épuise et de nouveau le nourrit.
Sans demander pourquoi
nous respirons la rose.

Trouée de bleu, lumière
empilée sur la lumière ;
au bout de nos doigts s’amoncellent
les plus fragiles éternités.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Né du lent basculement du crépuscule (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration
    
Né du lent basculement du crépuscule
un frisson de vent parcourt la roselière
et crible de rouille le miroir de l’étang
où faiblit la lueur laiteuse des nénuphars
d’un fourré alors s’extirpe un oiseau noir
qui dans l’air engourdi peine à s’élever
et dont le lugubre ululement prélude
à l’imminente vacillation des présences

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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