Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘baleine’

Une question de langue (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



    

Une question de langue

Il regarde le ciel
comme on pose
une question rose
à une baleine jaune
et chaque matin
la baleine
lui répond

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La baleine (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Baleine nocturne
fantasque fontaine dont
les jets d’eau sont la
respiration On danse
autour d’elle ondes
qu’incendie la joie de la
mer Le masque tombé
elle disparaît avec l’heure et
le dernier noctambule

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LES MURS NE CROULENT PAS (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

LES MURS NE CROULENT PAS

Il existe, par exemple, une formule
en chaque coquillage :

la mer pousse, continuelle,
et ne peut rien contre corail,

os, pierre, marbre
taraudés du dedans par cet artisan,

l’hôte de la coque :
huître, palourde, mollusque,

c’est un maître-maçon qui façonne
la merveille de pierre :

oui, cet ermite amorphe, flasque
là-dedans, comme la planète

pressent le fini,
il limite l’orbite

de son être, sa maison,
temple, sanctuaire, lieu saint :

il délivre les portails
à intervalles fixes :

tiraillé par la faim,
il s’ouvre au flux de la marée :

mais l’infini ? non,
de rien-de-trop :

je ressens ma propre limite,
les mâchoires de ma coque claquent

et refusent l’invasion du sans-limite,
le poids de l’océan ; l’infinité de l’eau

ne peut me briser, moi œuf dans ma coquille ;
cercle clos, immortel, complète

plénitude, je sais la force
de la marée, et la bonace

tout autant que la lune ;
le poulpe et son obscurité

sont sans pouvoir contre
sa froide immortalité ;

de même moi à ma façon, je sais
que la baleine

ne peut me digérer :
tiens bon dans ton orbite limitée, statique,

toute petite, et les mâchoires de requin
de ce qui dehors t’entoure

te recracheront :
sois indigeste, dur, sans cœur,

et ainsi vivant en dedans,
engendre-toi, toi-même de toi-même,

et sans toi,
cette perle-de-grand-prix.

***

THE WALLS DO NOT FALL

There is a spell, for instance,
in every sea-shell:

continuous, the seathrust
is powerless against coral,

bone stone marble
hewn from within by that craftsman,

the shell-fish:
oyster, clam, mollusc

is master-mason planning
the stone marvel:

yet that flabby, amorphous hermit
within, like the planet

senses the finite,
it limits its orbit

of being, its house,
temple, fane, shrine:

it unlocks the portals
at stated intervals:

prompted by hunger,
it opens to the tide-flow:

but infinity? no,
of nothing-too-much:

I sense my own limit,
my shell-jaws snap shut

at invasion of the limitless,
ocean-weight; infinite water

can not crack me, egg in egg-shell;
closed in, complete, immortal

full-circle, I know the pull
of the tide, the lull

as well as the moon;
the octopus-darkness

is powerless against
her cold immortality;

so I in my own way know
that the whale

can not digest me:
be firm in your own small, static, limited

orbit and the shark-jaws
of outer circumstances

will spit you forth:
be indigestible, hard, ungiving

so that, living within,
you beget, self-out-of-self,

selfless,
that pearl-of-great-price.

(Hilda Doolittle)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La tendresse des poètes (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Non-assistance à poètes en danger

La tendresse des poètes voyage
en baleine bleue autour du monde :
aidez-nous à sauver cette espèce
en voie de disparition.

(René Depestre)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’émerveiller (Lhasang Tsering)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration
    
S’émerveiller

S’émerveiller – s’émerveiller autour –
S’émerveiller autour des merveilles,
Des merveilles tout autour de moi ;
M’émerveiller simplement en marchant ,
En marchant – en marchant seul
En marchant tout seul –
Seul parmi les collines,
Les vertes collines et les vallées boisées.
Emu par la beauté –
La fascinante beauté –
Les splendeurs et la beauté de la nature ;
Beauté dans chaque aspect de la nature.
Enchanté – enchanté par
Enchanté et fasciné par –
L’immense diversité,
Diversité dans chaque aspect de la nature.
D’un simple brin d’herbe,
L’exquise beauté des fleurs,
Aux forêts d’arbres gigantesques ;
D’une multitude d’insectes minuscules
Et d’une foule d’autres créatures,
Aux troupeaux d’éléphants puissants.
Des oiseaux capables de voler –
Au-dessus des plus hautes montagnes,
Aux baleines géantes capables de nager –
A travers les mers les plus vastes ;
Des insectes et animaux qui vivent –
Dans les déserts les plus chauds et les plus froids ;
Aux créatures qui vivent et prospèrent –
Prospèrent au plus profond de l’océan.
Et puis réfléchir et comprendre –
Que la beauté et la variété –
Les splendeurs de la nature et sa diversité,
N’est pas limitée seulement aux vivants
A l’incroyable beauté et la diversité
De la vie de plantes et des animaux.
Oui, que les merveilles de Mère Nature –
Sa diversité et sa beauté infinies –
Est reflétée dans un unique grain de sable ;
Et que de minuscules cristaux qui étincèlent –
De teintes de toutes les couleurs,
Et des flocons de neige doux et complexes –
A la grandeur des montagnes puissantes,
Et à la vaste étendue des océans ;
Oui vraiment, aux planètes et aux étoiles innombrables,
Oui, à l’univers illimité au-delà.
Et puis je continue –
Continue ma promenade quotidienne,
Me promène dans les vertes collines,
Dans les calmes collines vertes et –
Le long des ruisseaux frais et clairs,
Dans les vallées profondes et boisées –
Je continue de m’émerveiller
De m’émerveiller des merveilles –
des merveilles illimitées de la nature.
De la diversité dans limite des beautés de la nature,
Et
De la fascinante beauté de la diversité de la nature.

***

Wondering

Wondering – wondering about –
Wondering about the wonders –
The wonders all around me ;
Wondering while just wandering.
Wandering – wandering alone –
Wandering ail alone –
Alone among the hills ;
The green hiils and wooded valleys.
Moved by the beauty –
The amazing beauty –
Nature’s splendour and beauty ;
Beauty in every aspect of nature.
Enchanted – enchanted by –
Enchanted and fascinated by –
The immense diversity ;
Diversity in every aspect of nature.
From a single blade of grass ;
The exquisite beauty of flowers ;
To the forests of giant trees ;
From die multitude of tiny insects ;
And die host of other creatures ;
To the herds of mighty elephants.
From the birds that can fly –
Over the highest mountains ;
To giant whales that can swim –
Across the widest sea ;
From insects and animais that dwell –
In the hottest and coldest desserts ;
To creatures that live and thrive –
Thrive at the ocean’s depth !
And then to reflect and to realize –
That the beautv and variety –
Nature’s splendour and diversity ;
Is not limited just to the living ;
To the incredible beauty and diversity –
In plant and animal life.
Yes ; that Mother Natures wonders –
her infinite diversity and beauty –
Is reflected in a single grain of sand ;
And minute crystals that sparkle –
With the hues of every colour ;
And soft, intricate snowflakes –
To the grandeur of the mighty mountains ;
And the vast expanse of the oceans ;
Indeed ; to the planets and numberless stars ;
Yes ; to the limitless universe beyond.
And then as I continue –
Continue with my daily wandering ;
To wander in the green hills ;
The tranquil, green hills and –
Besides cool, clear brooks ;
In the deep, wooded valleys ;
I also continue to wonder –
Wonder at the wonders –
The boundless wonders of nature.
The limitless diversity in natures beauty ;
And –
The amazing beauty in nature’s diversity.

(Lhasang Tsering)

 

Recueil: Wondering
Traduction: Michèle Duclos
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Monsieur Monsieur aux bains de mer (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017



Illustration: René Magritte
    
Monsieur Monsieur aux bains de mer

Un jour près de la mer
Monsieur et Monsieur seuls
parlaient tranquillement
et mangeaient une pomme
en regardant les cieux.

— Voyez donc, dit l’un d’eux,
l’agréable néant!
et quel apaisement
quand l’abîme sans bord
mélange sans effort
les choses et les gens!
Pour qui ressemble à Dieu
les jours particuliers
ne sont pas nécessaires.

La question n’est pas là
Monsieur (répond Monsieur)
nous sommes éphémères,
or la totalité
de la grande Unité
nous étant refusée,
c’est par la quantité
que nous nous en tirons.
Et nous additionnons
et nous thésaurisons!
Donc la diversité
pour nous sur cette terre
est la nécessité.
Regardez ce poisson
qui n’est pas un oiseau
qui n’est pas une pomme
qui n’est pas la baleine
qui n’est pas le bateau…

— Ah, pour moi c’est tout comme,
interrompit Monsieur,
la baleine et la pomme
devant l’éternité

A ces mots le vent souffle
emportant leurs chapeaux
et les deux personnages
dans le ciel bleu et beau
s’effacent aussitôt.

(Jean Tardieu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Après l’amour (Denise Boucher)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Après l’amour

Tu dors heureux d’abandon

dans un pli d’éternité
sur le bleu de nos draps
au fil de nos eaux salées
tu dors dedans ton destin
sur la ligne de l’horizon
où tombent les voiliers
tu reviendras pirate
plein l’oeil de métamorphoses
sur la terre ronde des retours
ma main sur ton coquillage
les yeux à nouveau fermés
tu rediras mon amour
mon amour entends-tu bien
le chant bleu des baleines
épaves humides de la nuit
nous resterons immobiles
attendant une autre marée
où nous serons mouillés
par les vagues nouvelles
parce que la mer est mémoire
et qu’un jour de jeunesse
elle nous avait fait la peau

Tu dors heureux mon amour

(Denise Boucher)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PARADIS NOIR (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

PARADIS NOIR

Dame des planètes mortes,
aie pitié de cette Terre,
qui depuis le commencement des temps
dépend d’un rayon de lumière.

Dame des millénaires
qui se perdent dans l’obscurité du moment,
aie pitié des étoiles animales et végétales
qui s’éteignent dans l’air, l’eau et le sol.

Dame des petits mondes et des petits oublis,
fais que jamais nous ne pleurions l’absence
de la baleine dans les mers, de l’éléphant sur terre
et de l’aigle dans les cieux.

Donne-nous la grâce de ne pas nous réveiller un jour
dans le Paradis Noir.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si peu (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Si peu ai-je dit.
Courts sont les jours.

Courts les jours,
Courtes les nuits,
Courtes les années.

Si peu ai-je dit.
Le temps a manqué.

Mon coeur est las
D’extase,
De désespoir,
D’ardeur,
D’espérance.

La gueule du léviathan
Se refermait sur moi.

Je restais nu sur les rivages
Des îles désertes.

La baleine blanche du monde
M’a emporté avec elle dans l’abîme.

Et à présent
Je ne sais plus ce qui était vrai.

(Czeslaw Milosz)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Non-assistance à poètes en danger (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017


baleine bleue

La tendresse des poètes voyage
en baleine bleue autour du monde:
aidez-nous à sauver cette espèce
en voie de disparition.

(René Depestre)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :