Arbrealettres

Poésie

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Je t’aime (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



 

Illustration: Oleg Zhivetin
    
Je t’aime

Je t’aime pour ta voix pour tes yeux sur la nuit
Pour ces cris que tu cries du fond des oreillers
Et pour ce mouvement de la mer pour ta vie
Qui ressemble à la mer qui monte me noyer

Je t’aime pour ton ventre où je vais te chercher
Quand tu cherches des yeux la nuit qui se balance
À mon creux qui te creuse et d’où ma vie blessée
Coule comme un torrent dans le lit du silence

Je t’aime pour ta vigne où vendangent des fées
Et pour cette clairière où j’éclaire ma route
Que balisent tes cris durs comme deux galets
Que le flot de la nuit roule sur ma déroute

Je t’aime pour le sel qui tache ta vertu
Et qui fait un champ d’ombre où ma bouche repose
Pour ce je ne sais quoi dont ma lèvre têtue
S’entête à recouvrer le sens et puis la cause

Je t’aime pour ta gueule ouverte sur la nuit
Quand la sève montant comme du fond des ères
Bouillonne dans ton ventre et que je te maudis
D’être à la fois ma soeur mon ange et ma Lumière

(Léo Ferré)

 

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Alors plus loin (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
Alors plus loin
En direction de ce silence
Que nulle parole jamais
N’a balisé
J’interroge maintenant la terre
De mes morts

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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En germe (Jeanne Bessière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



En germe : bruit
Pétale chute sur le bois
Pollen de l’œil anémone
En germe : faim
Salle close sur un doute
Marches taillées au pic
Biseaux facettes becs d’oiseaux
Coupe blanche sur le lin
Les marches sont très hautes
Des fruits violets
Bons à flairer
A dévorer vivants
Des langues dures qui flamboient
Agaves meurtrissures
J’ai replié les feuilles sur leur sang
Ouvert aux lampes sans visages
Balisé l’ombre
Taches d’encre
Mon destin se lit à l’envers
Dans les veines rousses du bois.

(Jeanne Bessière)

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