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Posts Tagged ‘balle’

LA SOURCE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020




    
LA SOURCE

Je peux approcher de la source librement
Mes lèvres assoiffées pour boire de son eau.
Est-ce vraiment là tout ce dont j’ai pu rêver ?
La source alors pourrait se cacher, disparaître.
Non, que d’autres arrivent, que les autres viennent !
Je suis prêt à partir pour leur laisser la place.
Que nos sapins, nos sapins verts, majestueux,
Accueillent la jeunesse et ses désirs limpides !

J’ai bu, moi, de l’eau des mares mêlées au sang
De mes frères tués sous des grêles de balles.
Et si mes yeux ne se remplissent plus de larmes
Et si mes lèvres gardent de la boue séchée,
Ce n’est pas que je manque de la soif de vivre,
C’est que j’ai le désir de voir les jeunes boire
L’eau de la source intacte où n’est encor tombé
Que de la nuit, peut-être, une étoile intouchée.

(Mihai Beniuc)

 

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Est -ce notre faute ? (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020



 

Est -ce notre faute ?

Dans la rue, nous avons appris à fabriquer des explosifs
avec trois fois rien
de la poudre
une boîte vide
et des clous
En cours de chimie, nous avons appris
à composer du napalm
Sur nos tables bien mises et remplies
nous avons appris l’égorgement
En tout cela nous avons battu des records
mais loin de la mêlée
Ah jusqu’à quand ?
Et nos enfants, s’y mettront-ils aussi ?

Nous voulons toucher le velouté
du pistil des plantes
Nous voulons apprendre les romances
auprès des oiseaux de l’amour
Puis comme c’est beau d’entendre un moineau
secouer ses ailes mouillées
A quand tout cela ?

Récemment, vous nous avez donné
de gros ballons en bois
Vous en souvient-il ?
Nous les avons polis avec du papier de verre
Et quand nos énormes ballons
se sont réduits à de toutes petites boules
puis à rien
la police a envahi nos places
Est-ce notre faute
pour que vous veniez nous demander maintenant
ces impôts exorbitants
notre sang
et le prix des balles ?

(Aïcha Arnaout)

Illustration

 

 

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TORPILLE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

torpille

TORPILLE

Torpille
Comme une balle
Lancée dans la nuit,
Mon âme fuit.
Et sur elle le marin,
Enveloppé d’un blanc manteau,
Et sur elle le marin,
Projeté dans l’éternité.

(Srecko Kosovel)

 

 

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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Une balle rebondit (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



une balle rebondit
jusqu’à devenir invisible
dans la nuit

(Hosai)

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Unité (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Unité

Cette nuit ma montre halète
près de ma tempe assombrie, comme
le barillet d’un revolver qui tourne
sous la gâchette sans trouver la balle.

La lune blanche, immobile, pleure,
et c’est un oeil qui vise… Et je sens comme
estampe sa marque le grand Mystère en une idée
hostile et ovoïde, en une balle vermeille.

Ah, main qui limite, qui menace
derrière toutes les portes, qui souffle
dans toutes les montres, qui cède et passe !

Sur l’araignée grise de ta structure,
une autre grande Main faite de lumière porte
une balle qui a la forme azur du coeur.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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LA LETTRE (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration: Andrzej Malinowski

    

LA LETTRE

Les lettres — on ne les attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend —
Une lettre. Un lambeau de papier,
Un peu de colle autour.
Et dedans un seul mot. Le bonheur
Et c’est tout —

Le bonheur — on ne l’attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend…
La fin : Ordre aux soldats !
Feu ! Rouge aux yeux.
Trois balles au coeur
Et c’est tout !

Le bonheur ? Non ! Trop vieille,
La beauté dans le vent — partie,
On attend le carré de la cour
Les bouches noires des fusils.

(Le carré d’une lettre
Encre noire et magie)
Pour la mort — jamais vieille
Personne n’est trop vieux !
Le carré d’une lettre…

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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Dans le verger (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



balle

Dans le verger sans fruit
Où les pluies d’automne ont couché l’herbe,
Oubliée sous un arbre,
Une balle d’enfant.

(Carlos Larronde)

 

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Chanson de la gitane (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



Chanson de la gitane

Mets sur ton coeur si tu vas à la guerre
mon portrait de San Feliu de Léon
vienne la balle meurtrière
ensemble nous mourrons.

(Armand Lanoux)


Illustration: Maurice Callewaert

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Ardoise (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



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Ardoise

l’enfance fut verte et douce
inondée de soleil
la mer se fondait au ciel
à seize ans je voulus mourir par amour
on mit mon coeur à l’asile avec les fous
puis je vis passer des soldats
qui arrachèrent l’espoir et le mirent en prison
vers les trente ans on me perça le coeur
la balle ne fit qu’un trou
pour rire on me laissa la vie
je devins pierre au bord des routes
un enfant m’apporta la beauté de son rire
et l’eau claire de ses jours
je devins papillon
les fleurs étaient belles dans l’été
j’ai vécu la moitié de mes jours
lettre gardée dans un tiroir
femme chandelle fourmi rouge
rêve qui interprète le soir
quand j’ai quitté cet illusoire espace
je n’ai gardé que peu de chose
des poèmes, quelques visages
et l’ombre de mon ciel d’enfance

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration

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