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MONSIEUR DE MALBROUGH (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



 

Walter Crane - Lilies

MONSIEUR DE MALBROUGH

Aôh! monsieur de Malbrough,
Mettez vos habits brodés du dimanche
Et sur les boucles de vos cheveux roux
Votre chapeau à plumes blanches.

Miss Kate, miss Maud et Miss Lily
Ont emprisonné pour vous leurs pieds mignons
En des souliers de satin gris, jolis,
Vraiment, comme ceux de Cendrillon.

Elles vous attendent fort occupées
A refaire les noeuds de soie de leurs corsages;
Venez vite : vos quatre pages
Porteront à Picadilly votre épée.

Aôh! bonsoir, et choisissez de ces trois lys
De ces fées de rêve de Walter Crane,
Miss Kate, miss Maud et miss Lily
Pour danser la gigue au ballet de la reine.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Walter Crane

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Mon corps est transparent (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



 

Danny Quirk g31 [1280x768]

Mon corps est transparent
Et je regarde vivre ma vie
Que mon coeur chronomètre
Mais cela est trop effrayant
Je ne puis regarder ainsi tout l’hiver
J’aperçois le point de fuite
Puisque mon corps est transparent
Je vais passer au travers

Mais les musiciens où sont-ils
A quoi peut penser la feuille qui tombe
Elle qui fut si verte
Et habituée à dominer
Elle doit penser que nous allons marcher sur elle
Et son arbre comme il doit avoir de la peine
Que le méchant lui enlève ainsi une à une toutes ses feuilles
Les arbres ont donné bien des filles à l’automne
Tout au long de leur si longue vie
Que de piteux concubinages
Que de chagrin doit s’amasser au fond de leur vieux coeur
Mais on ne s’aperçoit de rien
L’arbre paraît insensible quand le vieux lui prend ses filles
Et les feuilles tombent en tournoyant aimablement
Elles finissent sur une figure de ballet
En vérité
Les feuilles savent mieux tomber que nous

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Danny Quirk

 

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Ces pauvres choses (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Ces pauvres choses qui nous étaient
si proches, cartes et plumiers,
règles, compas, la nuit dispersée,
la confiance ancienne.

Aux quatre coins du monde,
les clameurs, les phares,
écoliers et chevaux, l’incroyable
beauté des rires et des voix.

Tout cela qui s’éloigne comme
un ballet d’éphémères, une feuille
au fil de l’eau flottant.

On ne voit plus devant soi
qu’abîme, une ombre, une autre,
des murs froids, des effondrements.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sais pas danser sur mes Orteils (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Je ne sais pas danser sur mes Orteils —
Nul Homme ne m’a instruite —
Mais maintes fois, en pensée,
Une Jubilation me saisit,

Qui si j’étais Experte en Ballet —
Se traduirait en Cabriole
À faire pâlir une Troupe —
Ou rendre une Étoile, folle,

Et sans avoir de Robe de Tulle —
Ni de Frisottis, sur la Tête,
Ni sautiller pour des Publics — comme un Oiseau —
Une Griffe en l’Air —

Ni lancer mon corps en Boules d’Eider,
Ni rouler sur des roues de neige
Avant d’être hors de vue, dans le son,
Tant la Salle m’acclame —

Ni que l’on sache que je sais l’Art
Dont je parle — à l’aise — Ici —
Ni qu’aucune Affiche ne me vante —
C’est plein comme l’Opéra —

***

I cannot dance opon my Toes —
No Man instructed me —
But oftentimes, among my mind,
A Glee possesseth me,

That had I Ballet Knowledge —
Would put itself abroad
In Pirouette to blanch a Troupe —
Or lay a Prima, mad,

And though I had no Gown of Gauze —
No Ringlet, to my Hair,
Nor hopped for Audiences — like Birds —
One Claw opon the air —

Nor tossed my shape in Eider Balls,
Nor rolled on wheels of snow
Till I was out ofsight, in sound,
The House encore me so —

Nor any know I know the Art
I mention — easy — Here —
Nor any Placard boast me —
It’s full as Opera —

(Emily Dickinson)


Illustration: Edgar Degas

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Chansons (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Chansons

Chanson improvisée
Sur l’archet invisible
Air inconnu ballet
De la vie à composer
Sur la gamme des plaisirs
Note à note éclairée
De soleils artificiels

Chanson inachevée
Avec une plume enlevée
A l’oiseau musicien
Pour jouer cet air ancien
Sur les violes du rêve
Glisse sans trêve
L’archet ensoleillé
Aux rires mouillés.

Une chanson intérieure
Une mélodie toute simple
Et c’est la révélation
Une extase profonde
Voulue et décidée
Comme un rire d’oiseau
Entre deux nuages
Sur les joues d’une aube.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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L’orbite elliptique (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



L’orbite elliptique
est interceptée
par le brûlant ballet des sauterelles
qui du frétillement de leurs pattes
accordent la harpe de l’espace
en y soufflant l’ondulation du sable mouvant
d’innombrables petites parcelles de prisme
et de bleu-miroirs délimitent
leur expansion de sel
à la coupe de la ciguë

(Auguste Bonel)

Illustration

 

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Retouche au programme (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



retouche au programme

quand la mémoire fait relâche
l’oubli règle son ballet de méduses

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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UN PEU DE REPOS (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



UN PEU DE REPOS

Ma foi, nous passerons notre journée au lit.
Le repos du combat d’amour vous amollit,
Et sur la volonté comme sur les paupières
Pose ses doigts câlins plus pesants que des pierres.

A quoi bon nous lever? Il est plus de midi.
Des langueurs vont flottant et font l’air attiédi
Dans la chambre bien close et pleine de silence.
La paresse sous nos courtines se balance,

Ainsi qu’un de ces grands papillons aux vols lourds
Qui traînent dans la nuit leurs ailes de velours.
Rien ne respire autour de nous, rien ne s’agite,
Rien ne viendra troubler la paix de notre gîte.

Oh! n’ouvrons pas les yeux, ne levons pas nos fronts!
Dormons profondément ! Nous nous réveillerons
Plus tard, bien tard, pas même aujourd’hui, pas encore,
Mais demain seulement, quand, pour fêter l’aurore,

Dans le rayon filtrant par le trou du volet
Les atomes dorés danseront leur ballet.

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Librairie (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Librairie

Au bas de la spirale
qui en dissimule l’accès
par les jets d’eau d’une fontaine,
et sous le poids du concret
de vingt étages,
le magasin souterrain
expose ses trésors
comme s’il les défendait
contre des faims empressées.

Au niveau du tumulte
des roues et des pieds,
on ne détecte pas l’occulte
symphonie des lettres
et de couleurs enlacées
dans le silence de livres
ouverts sur des gravures.

Aquarium d’aquarelles,
mosaïques, bronzes,
nus,
arabesques de Klee,
piscine où flottent
systèmes et délires
doux de philosophes,
sens et non-sens
des sciences et des arts
de vivre: pour celui qui sait
plonger dans une page,
le tremplin est avancé.

La vie parvient ici
filtrée en pensée
qui ne blesse pas; dans l’enchantement
tactile-visuel d’idées
révélées dans la trame
du papier et qui affleurent
ailées et dansent
quatre mètres en dessous
du sol et des angoisses
leur ballet d’essences
pour le lecteur délivré.

(Carlos Drummond de Andrade)

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ANÉMONES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



 

ANÉMONES

Anémones,
petites danseuses,
Ici et là sur nos tables,
Vous dansez vos petits ballets.

Petites danseuses aux pieds coupés,
Dans les facettes de nos vases
Vous dansez vos danses dépendantes.

Sur l’air instable de nos chambres
Vous réglez vos lentes cadences,
Poudrées de vos pollens violets.

Hors de l’ombre qui vous oppresse
Vous étirez vos révérences,
Vos langueurs lavandes, vos deuils mauves.

Vous tendez vos tailles esclaves
De nos tables vers nos fenêtres
Buttées contre le brouillard blanc.

Le brouillard givré, mer muette,
Où flotte le soleil cerise
Qui vous meut et ne vous voit pas.

A sa course oblique accordées
Vous couvrez sa chute tragique
De l’hymne de vos vols blessés.

Et, dans sa mourante lumière,
Vous vous écroulez, une à une,
Parmi vos soies épandues.

(André Spire)

Illustration

 

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